Forêt privée: appel d’offres pour vendre du bois en Estrie

En temps normal, ce sont les industries qui affichent les prix, puis elles espèrent avoir du bois pour leurs usines. La nouvelle façon de faire du Syndicat leur donne l’assurance d’avoir une garantie d’approvisionnement ce qui n’existe pas présentement en Estrie pour le résineux contrairement au bois de pâte.

En temps normal, ce sont les industries qui affichent les prix, puis elles espèrent avoir du bois pour leurs usines. La nouvelle façon de faire du Syndicat leur donne l’assurance d’avoir une garantie d’approvisionnement ce qui n’existe pas présentement en Estrie pour le résineux contrairement au bois de pâte.

Photo: archives LMF

19 Jan. 2016

Qui a dit que la forêt privée n’était pas capable de s’adapter aux nouvelles réalités du marché? En Estrie, le Syndicat des producteurs de bois du Sud du Québec s’est lancé dans les enchères permettant d’une part aux propriétaires de lots boisés privés de vendre du bois et d’autre part d’offrir de nouvelles opportunités aux industriels.

Marie-Claude Boileau

L’idée est née il y a un an. «En fait, on a demandé à des propriétaires de s’engager à faire un volume de bois de façon volontaire et de le mettre aux enchères. Le projet était de mettre en place une offre de volume garantie», explique MARTIN LARRIVÉE, directeur général du Syndicat des producteurs de bois du Sud du Québec (SPBSQ).

En temps normal, ce sont les industries qui affichent les prix, puis elles espèrent avoir du bois pour leurs usines. La nouvelle façon de faire du Syndicat leur donne l’assurance d’avoir une garantie d’approvisionnement ce qui n’existe pas présentement en Estrie pour le résineux contrairement au bois de pâte.

Le SPBSQ a parlé du projet aux producteurs de la région pour sonder leur intérêt. Tous ceux qui désiraient produire un volume ont été rencontrés afin de signer un contrat qui incluait la quantité à fournir. Ceux-ci doivent être en mesure de livrer la dite quantité pour une période de trois mois, soit janvier, février et mars 2016.

L’organisation a travaillé avec les groupements forestiers de la région, mais aussi avec d’autres producteurs. Une quinzaine de propriétaires et d’entrepreneurs ont accepté d’y prendre part. En tout, l’organisme détenait un million de pmp de même que 415 cordes de bois court de 8 ou 10 pieds.

L’appel d’offres s’est tenu du 7 au 18 décembre. Les industries pouvaient miser sur le bois long (12 et 16 pieds), le bois court (8 ou 10 pieds) ou les deux. On retrouvait du sciage résineux, soit du sapin et de l’épinette. Les soumissionnaires pouvaient également choisir pour un prix bord de route et aller chercher le produit ou un prix usine. Dans ce cas-ci, c’est le syndicat avec son association de transporteurs qui s’occupera du transport vers l’usine.

Précisons que pour l’appel d’offres, le SPBSQ a élargi son bassin d’acheteurs réguliers et avait invité de gros industriels avoisinants. Une fois le processus clos, le Syndicat a analysé chacune des soumissions afin de déterminer laquelle était la plus avantageuse pour le producteur. Les réponses ont été acheminées le 22 décembre dernier.

L’organisation s’était toutefois fixé des objectifs planchers pour les prix. «Si jamais on juge que le prix n’est pas intéressant pour nos producteurs pour une enchère, on ne vendra pas le bois. On offre une garantie de volumes. On pense que ça a une valeur sur le marché», mentionne-t-il.

PIERRE BELLAVANCE, directeur général du Groupement forestier coopératif de Saint-François, trouvait l’idée très positive. «Il fallait faire quelque chose. Ça fait deux ans que le prix stagne ou augmente à peine. Lorsqu’on regarde le prix du bois transformé et auquel il se négocie sur les marchés en plus de la chute du dollar canadien qui favorise l’exportation, on trouve qu’on n’a pas notre part. On souhaite que le projet ait un effet positif», dit-il.

Le directeur général précise qu’ils sont quand même choyés. «On est dans une région où il y a beaucoup d’usines de transformation. On n’a jamais eu de problème à vendre le bois, c’est plus une question de prix», note-t-il. M. Larrivée était heureux des résultats. Le Syndicat souhaite aller de l’avant avec un appel d’offres et en tenir une fois par an. La période de l’année pourrait varier.