Forêt privée: vers une autre bonne année de récolte

«En 2017, nous avons dépassé les 6,2 millions de mètres cubes. Les chiffres que j’ai actuellement, datant du 31 août, montrent qu’on devrait dépasser encore les 6 millions de mètres cubes. Je suis relativement confiant d’atteindre un niveau semblable à l’année dernière», admet le directeur général de la FPFQ, Marc-André Côté

«En 2017, nous avons dépassé les 6,2 millions de mètres cubes. Les chiffres que j’ai actuellement, datant du 31 août, montrent qu’on devrait dépasser encore les 6 millions de mètres cubes. Je suis relativement confiant d’atteindre un niveau semblable à l’année dernière», admet le directeur général de la FPFQ, Marc-André Côté

Photo: Guy Lavoie

9 Nov. 2018

La récolte de bois dans les forêts privées pour l’année 2018 est en train de dépasser les six millions de mètres cubes pour une deuxième année. La mise en marché va bien puisque plusieurs facteurs sont en place.

Marie-Claude Boileau

Les dernières années ont été bonnes, indique la Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ). «En 2017, nous avons dépassé les 6,2 millions de mètres cubes. Les chiffres que j’ai actuellement, datant du 31 août, montrent qu’on devrait dépasser encore les 6 millions de mètres cubes. Je suis relativement confiant d’atteindre un niveau semblable à l’année dernière», admet le directeur général de la FPFQ, MARC-ANDRÉ CÔTÉ.

Celui-ci ajoute qu’il y aura des variations entre les régions. Certaines produisent plus que d’autres. La demande est particulièrement forte pour les billes de sapin-épinette destinées au sciage. Pour les autres produits, les ventes sont stables ou en déclin. Le sciage représente 75% des ventes pour les producteurs de billes.

Comment le marché se comportera-t-il d’ici la fin de l’année ? Actuellement, il y a des ajustements d’inventaire sur le marché du bois d’œuvre qui provoquent une diminution des prix et une légère baisse de la demande. Ceci dit, le directeur général de la FPFQ juge que les prévisions sont bonnes pour l’an prochain. Quant à la variation dans les régions, plusieurs facteurs peuvent entrer en ligne de compte, selon M. Côté. Par exemple, le nombre de contrats avec les usines, la disponibilité des entrepreneurs forestiers ou des transporteurs. «S’il en manque, ça ralentit toute la production. Ce sont des facteurs qui peuvent avoir un impact dans une région donnée. Tout comme la forêt publique, il y a parfois des usines qui arrêtent dans certains produits, ça peut donc affecter la production en forêt privée », fait-il savoir.

La demande est le principal élément qui influence la production et la récolte de bois. Marc-André Côté ajoute que quatre conditions vont jouer sur la production. En premier lieu, les propriétaires de lots boisés doivent vouloir récolter du bois. S’ils ne sont pas intéressés, ils n’en produiront pas. La deuxième condition est qu’il doit y avoir une opportunité d’affaires. «Il faut que tu aies un marché pour tes bois et que le marché soit jugé suffisamment intéressant par le propriétaire», commente-t-il. Ensuite, il y a toute la question règlementaire, c’est-à-dire ce que la règlementation en vigueur permet aux propriétaires d’aller récolter sur leur propriété, et ce, de façon rentable. Enfin, le quatrième facteur est la présence de soutien technique, tant pour l’aménagement forestier que pour la commercialisation des bois. «Si tu as les quatre conditions présentes, ça roule à plein régime. C’est comme une roue. S’il y a un élément qui fait défaut, c’est là où il faut aller travailler pour voir comment on peut corriger ça», fait savoir le directeur général de la FPFQ.

Présentement, l’organisme surveille la règlementation qui est plus à risque. Il existe aussi des éléments extérieurs qui peuvent influer. La FPFQ regarde constamment ce que font les États-Unis. Elle poursuit ses demandes pour qu’on exempte de taxes et de quotas le bois de la forêt privée dans le prochain accord sur le bois d’œuvre résineux. Selon M. Côté, ça serait alors beaucoup plus intéressant pour les producteurs. «Mais on est encore loin de la coupe aux lèvres», avoue-t-il.

L’épidémie de la tordeuse des bourgeons de l’épinette (TBE) continue à faire des ravages. Sa présence a augmenté en forêt privée, passant de 17 à 23% de zones affectées. Le mot d’ordre aux producteurs est de récolter les arbres avant qu’ils n’aient plus de valeur de transformation. «Puisque le marché est bon, tout va bien. Si le marché venait à se contracter, on pourrait manquer de débouchés pour le bois de la TBE», avertit M. Côté. Il faut préciser que ce bois a une durée de vie limitée et n’est alors plus intéressant pour la transformation.