Forum franco-québécois sur la forêt et le bois: expérience inspirante

Amélie St-Laurent en compagnie de jeunes chefs de file français et québécois qui ont participé au Forum franco-québécois bois & forêt ainsi que le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Laurent Lessard.

Amélie St-Laurent en compagnie de jeunes chefs de file français et québécois qui ont participé au Forum franco-québécois bois & forêt ainsi que le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Laurent Lessard.

Photo: courtoisie

14 Déc. 2015

La 3e édition du Forum franco-québécois bois & forêt a réuni de nouveau les acteurs internationaux de six pays francophones du 2 au 4 novembre dernier à Paris. Une occasion de discuter du bois, de la forêt et du climat, et ce, juste avant la tenue de la conférence des Nations unies sur les changements climatiques (CdP – COP 21). Les participants québécois sont de retour et enchantés; satisfaits de leur expérience.

Marie-Claude Boileau

Biomasse

AMÉLIE ST-LAURENT, chargée de projet Forêts/biomasse chez Nature Québec et coordonnatrice de Vision Biomasse Québec, a participé au Forum franco-québécois bois & forêt pour la première fois dans le cadre du programme Engagement citoyen des Offices jeunesse internationaux du Québec. «J’ai été agréablement surprise par la qualité des intervenants. Il y avait des gens de tout horizon, ouverts à la discussion, qui travaillent à des applications concrètes de solutions pour le bois/forêt », commente-t-elle.

En plus des trois jours à Paris, celle-ci a pris part à une visite en compagnie de représentants du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs et de la Fédération québécoise des municipalités de Bordeaux et d’un centre de recherche. Mme St-Laurent raconte que la première journée s’est déroulée sous forme de discussions entourant les solutions bois-forêt à travers la francophonie.

La deuxième journée portait sur la forêt en solution climat. Mme St- Laurent a participé à un atelier portant sur les forêts urbaines comme outil de lutte aux changements climatiques. Elle a présenté le projet Milieu de vie en santé sur l’adaptation aux changements climatiques et la santé urbaine sur le territoire de la Ville de Québec dans lequel Nature Québec est un leader au Québec. «Nous avons parlé de l’importance de la trame verte, des îlots de fraîcheur, des arbres en milieu urbain pour garantir la santé et la qualité de vie et aussi de toute la question de la lutte contre la pollution atmosphérique, contre les chaleurs extrêmes, etc. C’était une première pour le Forum de toucher cette question-là», dit-elle.

La coordonnatrice de Vision Biomasse a aussi pris part à l’atelier sur l’optimisation de la biomasse et qui a été très couru, rapportet- elle. Après des présentations de la filière au Québec et en France, Mme St-Laurent a présenté le travail effectué par son organisme qui regroupe des acteurs des milieux gouvernemental, coopératif, social, rural et environnemental. Elle a reçu des félicitations concernant leurs engagements envers l’environnement et les communautés et, plus spécifiquement, l’utilisation de biomasse forestière résiduelle uniquement, ainsi que l’intégration de la notion de dette carbone (analyse du cycle de vie).

Un représentant de France Nature Environnement, un organisme environnemental français important, qui les observait a salué leurs efforts de monter une filière exemplaire. «Ce sont des choses qu’ils ont trouvé inspirantes et qu’ils devraient répéter. On s’est parlé par la suite d’une possible collaboration», souligne-t-elle. L’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie (ADEME) qui s’occupe de l’énergie en France les a aussi félicités. D’après Mme St-Laurent, ils amorcent cette réflexion notamment sur la réelle contribution de la filière biomasse du chauffage pour la lutte aux changements climatiques et lui ont dit vouloir rester en contact aussi. «On travaille toujours fort, on essaie de faire les choses dans les règles de l’art, c’est toujours intéressant de se faire confirmer qu’on fait bien les choses à l’international. Les gens nous voient comme un exemple», raconte-t-elle avec fierté.

Amélie St-Laurent, de retour au Québec, est confiante et fière de ce que Vision Biomasse Québec fait et que leur travail soit basé sur quelque chose de réaliste ayant une portée intéressante pour le Québec.

Le bois, la construction et le climat

STÉPHAN LANGEVIN, associé principal pour STGM Architectes à Québec, a également trouvé très inspirante sa présence au Forum franco-québécois bois & forêt. Il a participé à tous les ateliers en plus d’en donner un.

Le concepteur a constaté que les façons de faire entre la France et le Québec sont différentes sur certains points, mais similaires sur d’autres. «Le bois est utilisé en moins grande quantité là-bas. Par contre, j’ai l’impression qu’ils développent beaucoup plus les différentes technologies liées au bois, ce qui se traduit dans la construction en bois par des assemblages plus recherchés. C’est peut-être dû à la nature de leur industrie, c’est-à-dire qu’ils ont une très grande population, avec une ressource moins grande qu’ici, donc ils arrivent à des solutions différentes de chez nous», explique-t-il. Il est revenu stimulé et découragé à la fois parce que les transferts de technologie et de produits sont souvent longs.

Une des choses très intéressantes à son point de vue, c’est un mur passif en bois qui contribue à chauffer le bâtiment, un peu à la manière radiante. «C’est juste le mur qui chauffe le bâtiment; l’air passe au travers. C’est une double paroi en bois et en verre. Ça offre des performances franchement hallucinantes, en plus c’est super beau! Mais je ne vois pas l’heure où l’on risque d’appliquer ça ici. D’un côté, il y aurait des tests à faire parce que le climat n’est pas le même. Mais quand même, j’aimerais bien en voir; il va falloir patienter», rêve-t-il.

Le Forum a été l’occasion de présenter le bois comme une meilleure façon de l’utiliser pour séquestrer le carbone, c’est-à-dire la construction en bois. «Ça confirme ce qu’on sait déjà et ça renforce cette affirmation», confirme M. Langevin. Selon lui, il y a une volonté assez ferme de construire en bois. Il y a aussi des raisons environnementales et pas seulement pour aider l’industrie. «Il y a moins d’impact sur l’environnement lorsque tu construis en bois qu’en acier et béton. Dans certaines circonstances, tu n’as pas le choix parce que ça ne s’applique pas à toutes les constructions. Mais à partir du moment où tu peux construire en bois, d’un point de vue environnemental, tu devrais le faire», conclut le concepteur qui a participé à la construction du bâtiment du laboratoire Forintek, aujourd’hui FPInnovations.

LAURENT LESSARD, ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, a profité du Forum pour vanter le régime forestier québécois et promouvoir la Charte du bois auprès des décideurs et des principaux partenaires du secteur forestier français.

La thématique de l’événement a permis des échanges sur des enjeux importants. «Nos forêts et l’utilisation du bois dans la construction jouent un rôle important dans la lutte contre les changements climatiques. Les meilleures pratiques franco-québécoises dans la filière forêt-bois-écoconstruction favoriseront la modernisation des cadres législatifs et réglementaires dans nos territoires et serviront d’exemples à l’échelle internationale, notamment dans les pays de la Francophonie. Nous partageons tous le même objectif, celui de voir nos industries forestières innover, se démarquer et contribuer à notre développement économique en tenant compte de cet enjeu crucial qu’est la lutte aux changements climatiques. Ensemble, nous avons l’obligation de relever ce défi de taille mondiale», a conclu le ministre Lessard.