PLANIFICATION DES TRAVAUX SYLVICOLES NON COMMERCIAUX

Front commun des associations

Les trois associations ont sensibilisé les élus, dont le ministre Luc Blanchette, à leur problématique en leur présentant leurs propositions. Elles sont sûres d’arriver à une entente qui comblera toutes les parties.

Les trois associations ont sensibilisé les élus, dont le ministre Luc Blanchette, à leur problématique en leur présentant leurs propositions. Elles sont sûres d’arriver à une entente qui comblera toutes les parties.

Photo: archives LMF

21 Sep. 2017

Le statu quo n’est plus possible pour la planification des travaux sylvicoles non commerciaux. À l’approche du renouvellement du plan quinquennal, l’Association des entrepreneurs en travaux sylvicoles du Québec (AETSQ), la Fédération québécoise des coopératives forestières (FQCF) et le Regroupement des sociétés d’aménagement forestier du Québec (RESAM) font front commun et ont soumis des propositions afin d’améliorer la situation autant pour la main-d’oeuvre que pour les entreprises oeuvrant en travaux sylvicoles en forêt publique.

Marie-Claude Boileau

Lorsque le nouveau régime forestier est entré en vigueur en 2013, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) a repris la planification forestière, dont la gestion des travaux sylvicoles non commerciaux. Auparavant, elle était la responsabilité de l’industrie qui devait planifier les travaux à réaliser pour avoir droit à leur garantie d’approvisionnement.

Avec l’arrivée du nouveau régime forestier, de nouveaux mécanismes ont été mis en place. Le Comité de l’octroi des contrats de travaux sylvicoles en forêt publique a été créé. Les trois associations en font partie avec le MFFP. Ensemble, ils ont élaboré des mécanismes où entre autres certaines parties des travaux étaient données de gré à gré à des entreprises avec une entente de réalisation. L’autre partie était offerte en appel d’offres.

Ce plan quinquennal vient à échéance le 31 mars 2018. Les trois associations tout comme le ministère ont dressé un bilan du plan. Ils se rencontreront prochainement pour en discuter. En premier lieu, les trois associations souhaitent connaître la vision du MFFP.

Bien que l’analyse ne soit pas terminée, les organisations sont très préoccupées par la main-d’oeuvre. « En fait, on est dans un moment charnière. On a plusieurs symptômes malgré toutes les précautions qui ont été prises durant la première période quinquennale. Ça ne va pas très bien. On a réussi, mais ça a pris des efforts importants de la part des entreprises et il y a des travailleurs qui ont commencé à nous quitter. On a du mal à les remplacer. C’est critique dans plusieurs entreprises. Alors si on accentue l’insécurité dans le prochain plan quinquennal, si on ne garde pas les protections qu’on avait dans le premier, nous allons perdre de la main-d’oeuvre. Nous sommes vraiment inquiets », indique MARTIN BÉLAND, président de la FQCF.

Elles posent donc deux questions au MFFP : « Quel type d’industrie sylvicole souhaite-t-il pour le Québec et ses régions? » et « Quels sont les objectifs qui sont liés au libre marché des travaux sylvicoles? »

« Pour pouvoir continuer à travailler, il est important de savoir quel genre d’industrie le ministère veut avoir dans le futur. Les décisions ne seront pas les mêmes si le ministre veut des entreprises qui gèrent de l’activité dans les régions ou s’ils veulent une, deux ou trois grandes entreprises dans la province qui distribuent des bras un peu partout. Il faut aussi déterminer la portion des travaux en appel d’offres et à quoi ça va servir. Est-ce qu’on veut obtenir le prix le plus bas? Est-ce qu’on doit trouver une valeur moyenne de ce que ça coûte de réaliser des travaux? Encore là, selon les réponses, la ligne directrice nous enlignera sur ce qu’il y a à faire dans le nouveau plan quinquennal », souligne RÉNALD BERNIER, président de RESAM.

QUATRE PROPOSITIONS

Les trois associations ont élaboré quatre propositions qu’elles recommandent d’appliquer dans l’ordre et d’une manière conditionnelle. D’abord, elles jugent que la planification est défaillante. « On croit qu’on a perdu la synergie qu’on avait avant. Il serait très important de mettre en place un réel processus de planification collaborative pour que les planificateurs du ministère puissent utiliser à bon escient l’expertise des entreprises qui font les travaux sylvicoles », estime M. Bernier.

Le second point concerne la répartition du budget sylvicole en entente de réalisation de travaux sylvicoles (ERTS) et en appel d’offres publiques (AOP). À l’origine, ils étaient répartis à 75 % en ERTS et 25% en AOP. Toutefois, les calculs pour les ERTS étaient basés sur des historiques de trois ans. Par conséquent, les budgets n’ont jamais été respectés.

Troisièmement, les associations veulent qu’on mette en place des conditions pour transposer les résultats des appels d’offres dans la grille de taux pour des travaux qui ne sont pas faits en appel d’offres. De plus, elles désirent avoir des règles claires et une prévisibilité d’au moins une année pour pouvoir planifier les travaux.

Enfin, le MFFP doit changer les règles pour permettre la consolidation des entreprises notamment en facilitant les transactions garanties des ERTS. Il existe plusieurs petites entreprises qui aimeraient céder cette tâche, mais qui ne peuvent pas le faire en ce moment. Selon PASCAL AUDET, président de l’AETSQ, les entreprises doivent pouvoir évoluer dans un environnement économique plus de souple pour manoeuvrer. « Elles doivent être capable de réagir à toutes sortes de problèmes comme la température ou les feux de forêt. C’est l’ensemble des quatre propositions qui vont permettre aux entreprises de se développer à long terme, c’est-à- dire par un budget stable de même qu’une planification plus adaptée à leurs besoins. On souhaite aussi qu’elles soient consultées quant à la planification », soutient-il.

Les trois associations ont sensibilisé les élus, dont le ministre LUC BLANCHETTE, à leur problématique en leur présentant leurs propositions. Elles sont sûres d’arriver à une entente qui comblera toutes les parties. « S’ils veulent préserver ce segment de la foresterie, qui prépare toute la forêt de l’avenir, il faut qu’ils prennent des précautions. Le facteur critique est la maind’oeuvre. Elle doit avoir de la stabilité. Autrement, on risque de perdre trop de main-d’oeuvre et ne plus pouvoir remplir nos obligations », prévient M. Béland.