GF Beauce-Sud et Chaudière: enfin la certification FSC

Malgré le fait que les deux groupements forestiers ont reçu leur certification dernièrement, les effets positifs se font déjà sentir. «La compagnie Domtar donne un boni pour le bois qui est livré à son usine qui est certifiée

Malgré le fait que les deux groupements forestiers ont reçu leur certification dernièrement, les effets positifs se font déjà sentir. «La compagnie Domtar donne un boni pour le bois qui est livré à son usine qui est certifiée

Photo: Guy Lavoie

7 Déc. 2012
Louis-Antoine Lemire

Les Groupements forestiers (GF) Beauce-Sud et Chaudière ont finalement obtenu leur certification FSC en octobre dernier, dans un processus qui devait, de prime abord, durer six mois, mais qui a finalement pris près d’un an.

Obtenir la certification FSC pour ROBERT JOLY du Groupement Forestier Beauce-Sud et ANDRÉ EMERY du Groupement Forestier Chaudière n’a pas été une mince tâche. Ces derniers ont dû relever quelques défis avant d’obtenir leur homologation. «La correction de certains procédés qui n’étaient pas conformes avec les pratiques a dû être effectuée, surtout en ce qui concerne les traverses de cours d’eau, les drainages, les ponceaux et la protection des habitats fauniques, » a spécifié monsieur Joly.

Les deux groupements forestiers font affaire avec près de 3 000 propriétaires membres, et, messieurs Joly et Emery ont dû tenir de nombreuses rencontres. «Ce n’est pas uniquement une question de paperasse. Nous devions rencontrer ces gens-là, et signer des ententes avec eux, tout en répondant à leurs questions. À la suite du Rendez- vous sur la forêt privée, on doit résilier les conventions d’aménagement avec chacun de nos membres, propriétaires et actionnaires du groupement. Par le fait même, nous effectuons la rencontre pour la certification. Ces rencontres vont nous coûter à elles seules 50 000$.»

De son côté, MARC BEAUDOIN du Regroupement des sociétés d’aménagement du Québec (RESAM), n’était pas peu fier du travail accompli par les deux individus. «Le groupement doit être capable d’avoir le contrôle sur ces opérations, avoir un système de planification et d’opération très intégré, avoir une proximité avec le producteur forestier, et il n’y a pas beaucoup de groupes qui sont en mesure de remplir tout ces critères.» Ce dernier s’est dit très heureux lorsqu’il a reçu la confirmation que les deux regroupements ont obtenu leur certification. Toutefois, il n’a pas été étonné. «C’est comme recevoir notre diplôme universitaire quand nous savons que nous avons passé tous nos cours. Je n’avais aucun doute de la qualité du travail de ces groupements.»

Plusieurs avantages

Selon messieurs Joly et Emery, le fait d’être certifié FSC procure beaucoup d’avantages aux deux groupements forestiers. «Cette reconnaissance prouve que nous sommes des gens qui sont soucieux des normes environnementales. De plus, cela nous ouvre des portes pour l’obtention de contrats avec des entreprises. Ça nous permet aussi d’être plus conscients de ce qui nous entoure. Nous pouvons mieux identifier notre territoire et ça nous rend plus éveillés à l’égard de l’impact économique et social que nous avons dans la région. Finalement, ça démontre notre sérieux face au gouvernement, qui est en train de tout certifier les forêts publiques», ont-ils souligné.

Malgré le fait que les deux hommes ont reçu leur certification dernièrement, les effets positifs se font déjà sentir. «La compagnie Domtar donne un boni pour le bois qui est livré à son usine qui est certifiée. À l’heure actuelle, je suis en pourparlers avec une entreprise qui achète du cèdre, qui, elle aussi, se certifie. Donc, la manufacture a besoin de bois certifié. En faisant ces démarches, nous avons été obligés d’améliorer nos procédés et nos façons de faire, ce qui donne des résultats supérieurs à ce que nous faisions auparavant », a souligné M. Joly. En ce qui a trait aux avantages, pour les propriétaires, le fait de travailler en collaboration avec des gens certifiés fait en sorte que la qualité des travaux est garantie, et qu’ils collaborent avec une entreprise qui prend au sérieux la gestion et l’aménagement des forêts ont rajouté les deux individus.

Du long terme

Se certifier coûte extrêmement cher, environ 40 000$. Les deux hommes soutiennent qu’ils voient leur démarche comme un investissement à long terme. «Malgré le fait que ça ne donne pas quatre-vingt-cinq cents pour un dollar, aujourd’hui, c’est un investissement dans la qualité et dans l’avenir. Dernièrement, nous avons reçu des lettres de différentes usines qui nous disent qu’ils recherchent du bois certifié, et, certaines d’entre elles ont mentionné que si le bois n’était pas certifié, ils n’étaient pas intéressés à le prendre. À terme, les investissements vont garantir les marchés qui rétrécissent, car, de plus en plus la norme est à l’effet de fournir sur les marchés internationaux des bois qui sont certifiés.».

Dans l’immédiat, les deux hommes vont compléter la ronde des signatures d’entente avec les propriétaires. Même s’ils ont obtenu leur certification, ils ne peuvent s’asseoir sur leurs lauriers. «Le principe FSC est de l’amélioration continue. Quand nous obtenons notre certification, cela ne veut pas dire que tout est parfait. Cela veut dire que nous respectons les règles de base et que nous nous engageons à améliorer nos procédés, nos processus», ont expliqué les messieurs, en guise de conclusion.