Groupe Forestra coopérative forestière: deux des plus vieilles coopératives forestières s’unissent

Site de production de plants du Groupe Forestra.

Site de production de plants du Groupe Forestra.

Photo: courtoisie

18 Juin. 2015

Deux des plus vieilles coopératives forestières ont officialisé leur union le 1er janvier dernier. Les Coopératives forestières Sainte-Rose et Laterrière ont fusionné pour devenir le Groupe Forestra coopérative forestière.

Marie-Claude Boileau

LOUIS PELLETIER, directeur général de la nouvelle coopérative, raconte que le rapprochement entre Sainte-Rose et Laterrière a débuté en 2008. L’objectif était de développer conjointement des projets liés à la biomasse forestière. Lorsqu’Abitibi-Consol se place sous la loi de la faillite en 2009, les deux coopératives sont grandement touchées puisque l’usine de Saint-Fulgence est leur principal client à toutes deux. En conséquence, leurs opérations forestières diminuent.

Pour faire face à cette adversité économique, elles se sont davantage rapprochées. «Les deux oeuvraient dans les mêmes champs d’action notamment en récolte, en aménagement, en reboisement et dans la biomasse. Face à cette situation économique difficile, on s’est entraidé en consolidant nos liens durant cette période de 2009-2010», fait-il savoir.

Abitibi-Consol est ensuite devenu Produits forestiers Résolu. Pour obtenir les premiers contrats de récolte, les deux coopératives forestières ont décidé de mettre sur pied une filiale, Groupe Forestra, où chacune serait actionnaire de l’entreprise à 50/50. Cette compagnie a graduellement pris de l’importance au fil des années suivantes.

D’abord axée sur la récolte, elle a élargi son champ d’action vers la biomasse forestière. En 2012, l’hôpital de Jonquière publie un appel d’offres pour de l’approvisionnement en biomasse. Forestra soumissionne et remporte le contrat. La nouvelle entreprise est gérée par un conseil d’administration composé de trois personnes de la coopérative Sainte-Rose et de trois de Laterrière. Dès le départ, on s’assure d’avoir une gestion épurée. «Les effets de synergie opérationnelle ont débuté dès 2011 au niveau administratif et des opérations afin de diminuer nos coûts et être plus compétitifs, note M. Pelletier. Il existait une complémentarité dans les équipes de travail. Cette complémentarité a aidé aux deux entités à ne pas se piler sur les pieds et à danser ensemble.»

Permis de récolte

L’année 2013 marque un tournant. D’une part, les deux conseils d’administration décident de tranférer leur historique dans Forestra pour répondre aux exigences de Rexforêt. D’autre part, la situation économique est à nouveau difficile. L’usine de Saint-Fulgence, leur principal client, ferme pour une période indéterminée en mai 2013. Une annonce qui déstabilise les coopératives. Tout n’est pas catastrophique puisque les opérations forestières se déroulent normalement avec une récolte de 150 000 m3 tandis que les travaux sylvicoles se poursuivent. «Lorsqu’on a vu que l’usine de Saint-Fulgence était en mode analyse sérieuse sur sa viabilité, on a entrepris des représentations politiques avec le milieu étant donné qu’on avait la responsabilité de faire l’approvisionnement de l’usine en totalité», raconte le directeur général.

La garantie d’approvisionnement de l’usine totalisait environ 315 000 m3. Forestra demande alors au ministre des Forêts, de la faune et des parcs LAURENT LESSARD, d’assurer une continuité d’affaires par l’obtention de 125 000 m3 de bois afin que l’entreprise puisse opérer. «Le ministre nous a entendus. Le 30 mai 2014, il nous a octroyé un permis de récolte pour approvisionner une usine (PRAU) sur une durée d’un an. Grâce à M. Lessard et à notre député SERGE SIMARD, nous avons pu sauvegarder notre structure opérationnelle. Ça nous a permis de garder nos clients, d’en développer de nouveaux notamment dans les régions de Québec, Charlevoix et la Haute-Côte-Nord», fait savoir M. Pelletier.

À l’automne 2014, l’équipe retravaille un projet pour prolonger le permis jusqu’à la fin de la période quinquennale, soit en 2018. Elle a reçu l’accord de MM. Lessard et Simard en décembre dernier.

Fusion

Les événements de l’automne ont amené les deux coopératives à réfléchir sérieusement à une fusion de leurs entités. Au printemps 2014, elles retiennent les services de la Fédération québécoise des coopératives forestières pour réaliser un diagnostic et émettre des recommandations. Après la présentation d’un projet de fusion auprès des conseils d’administration, il a été présenté aux membres lors d’une assemblée générale extraordinaire au cours de laquelle il a été adopté.

La fusion est en vigueur officiellement depuis le 1er janvier 2015. Connu des clients, on a décidé de conserver le nom Groupe Forestra et d’y ajouter coopérative forestière pour l’appellation. L’organisation compte 175 travailleurs dont plus de 100 sont membres. Pépinière Laterrière est maintenant une filiale. Le siège social est basé au 4910, boulevard Talbot à Laterrière alors que la place d’affaires à Sainte-Rose est maintenue.

Prochains défis

Selon Louis Pelletier, cette union a permis de faire face à un marché difficile et de prendre leur place. Il souligne que leurs clients sont satisfaits de leurs services. Il entend maintenant développer la biomasse forestière. «Nous détenons 130 000 tonnes métriques vertes de biomasse résiduelle en forêt publique que nous travaillons à mettre en valeur et dont on devrait voir le résultat au cours de l’année», indique-t-il. Il ajoute que l’achat du site de PFR Laterrière en 2010 permettra de bonifi er cette offre. Le terrain de 20 hectares possède un espace pour de l’entreposage intérieur et extérieur asphalté de même qu’une balance à camions certifiée. Outre le PRAU qui a permis de consolider le travail des 175 employés, l’entreprise récolte près de 300 000 m3 de bois tandis qu’on plantera 10 millions d’arbres à la pépinière.

D’autre part, le groupe participe activement aux enchères. «Nous en avons obtenu quatre qui totalisent plus de 125 000 m3 de bois qui ont tous trouvé preneur. On veut demeurer actif sur ce marché pour consolider nos emplois», mentionne M. Pelletier. En tout, Groupe Forestra coopérative forestière possède un chiffre d’affaires entre 15 et 20 M$.