Groupements forestiers: retour sur le rendez-vous hivernal

RESAM a tenu une rencontre de travail avec ses membres, les 12 et 13 mars dernier, au Château Bonne Entente à Québec. Au programme: la récolte de bois en forêt privée. En tout, une soixantaine de personnes et d’invités y ont participé.

RESAM a tenu une rencontre de travail avec ses membres, les 12 et 13 mars dernier, au Château Bonne Entente à Québec. Au programme: la récolte de bois en forêt privée. En tout, une soixantaine de personnes et d’invités y ont participé.

Photo: archives LMF

6 Mai. 2015

Le Regroupement des sociétés d’aménagement forestier du Québec (RESAM) a tenu une rencontre de travail avec ses membres, les 12 et 13 mars dernier, au Château Bonne Entente à Québec. Au programme: la récolte de bois en forêt privée. En tout, une soixantaine de personnes et d’invités y ont participé.

Marie-Claude Boileau

Interpellé par le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, RESAM a bâti le programme de sa rencontre sur les moyens pour récolter du bois en forêt privée. «On s’est assis et on a regardé différents thèmes par lesquels on pourrait récolter davantage de bois, que ce soit la règlementation municipale, les équipements, les employés, les liens avec l’industrie, etc. On a fait le tour. On s’aperçoit qu’il y a une ouverture. Les marchés vont reprendre sur une période relativement longue, de cinq à sept ans. C’est le temps d’en profiter. Ça se joue en ce moment», affirme MARC BEAUDOIN, directeur général de RESAM.

La récolte de bois amène plusieurs défis touchant à l’environnement et pose des questions sur l’efficacité des groupements, le partage de l’équipement et la main-d’œuvre. Par exemple, comment faire pour combler les départs à la retraite? Ou comment améliorer la formation des travailleurs? Il faut aussi travailler selon les profils des propriétaires. «Il ne s’agit plus d’agriculteurs comme par le passé, mais de monsieur et madame Tout-le-Monde. «Les groupements se questionnent sur le «comment faire» pour les informer et les éduquer sur les bien-faits de la récolte de bois en plus d’offrir de nouveaux services», illustre M. Beaudoin.

Il mentionne que les groupements forestiers ont l’avantage de regrouper plusieurs propriétaires et que ceux-ci sont engagés dans l’aménagement forestier. «Il est certain que si on est pour sortir davantage de bois en forêt privée, nos membres auront un rôle important à jouer pour y arriver», fait valoir le directeur général de RESAM.

Les groupements forestiers ont également abordé les enjeux règlementaires valident dans certaines municipalités, ceux avec l’État et le concept de résidualité. L’approvisionnement des usines s’effectue présentement en forêt publique, soit environ 85%. En forêt privée, surtout avec la crise forestière, la livraison a diminué. «On livre de 4,1 à 4,5 millions de mètres cubes sur une possibilité forestière de 16 mil- lions. Il y a donc de la place encore pour livrer du bois», indique Marc Beaudoin. Celui-ci fait remarquer que la récolte de bois permettrait d’aller chercher des revenus, mais aussi de participer au développement des régions. «Parce que la création de richesse en région passe par la transformation de matière première comme le bois», rappelle-t-il.  Avec les baisses de possibilité forestière en forêt publique et la reprise dans la construction aux États-Unis, l’industrie manquera de bois pour répondre à la demande. «Et ça, on ne peut pas se le permettre. La meilleure des solutions est de passer par la forêt privée», avance M. Beaudoin.

Sous-ministre Brizard

RESAM avait invité le sous-ministre associé, RONALD BRIZARD, à partager sa vision des groupements forestiers et de la production du bois.

NICOLAS MEAGHER, directeur général d’Aménagement forestier coopératif des Appalaches, a trouvé ses propos intéressants. D’une part, il reconnaissait le modèle d’affaires des groupements forestiers. D’autre part, le sous-ministre admettait qu’ils s’enlignaient vers la récolte de bois. M. Brizard a confirmé la reconduction d’une enveloppe budgétaire de base sans fermer la porte pour des ajouts. «Il était ouvert à avoir un programme pour répondre à des besoins en bois pour les industriels et le ministère. On est capable de livrer de 1,5 à 2 millions de mètres cubes supplémentaires avec une aide gouvernementale pour être apte à faire de l’aménagement plus adapté», mentionne M. Meagher.

Celui-ci aurait aimé que le sous-ministre fasse des annonces plus déterminantes. «La saison a commencé depuis le 1er avril. On a des besoins réels et criants. On doit savoir où planifier», soutient-il. Le sous-ministre a également énuméré quatre points plus généraux par rapport à l’environnement forestier, soit de réduire le fardeau, adopter une grille de taux unique, obtenir une masse critique des groupements forestiers et travailler sur l’efficacité pour mieux servir les besoins tant des propriétaires que des industriels de leur communauté.

M. Meagher note aussi que M. Brizard souhaiterait la fusion de groupements forestiers, ce que certains seront en train d’évaluer.

CIFQ

Des représentants de l’industrie forestière ont aussi été conviés pour partager leur point de vue. YVES LACHAPELLE, directeur Foresterie et Approvisionnements au Conseil de l’industrie forestière du Québec (CIFQ), a trouvé l’exercice nécessaire et il a apprécié.

Lors de la dernière crise forestière, l’industrie québécoise a été celle qui a perdu le plus de parts de marché, rappelle-t-il, signe d’une faible compétitivité. Avec la reprise du marché du bois d’œuvre aux États-Unis, certaines compagnies ont commencé à réinvestir, mais ailleurs qu’au Québec. «C’est une question de rentabilité, quoiqu’un élément important est la question du transport. Le gros de l’approvisionnement se fait actuellement en forêt publique. La distance est de loin supérieure à ce qu’on retrouve en forêt privée. C’est là que la forêt privée nous apparaît un potentiel extrêmement important pour redynamiser notre secteur. Il ne faut pas se faire d’illusion. Le dollar est à 80 sous. Lorsque le dollar reviendra à parité, les chantiers vont baisser et c’est le Québec qui va manger le gros coup», fait remarquer M. Lachapelle.

Il ajoute que l’industrie forestière a versé beaucoup d’argent aux agences depuis leur création pour la production du bois. «Maintenant, il faut être capable de le transformer», dit-il. Le CIFQ travaille avec RESAM et la Fédération des producteurs de bois du Québec pour trouver des façons de mobiliser les propriétaires, de les intéresser et leur permettre d’aller chercher le meilleur revenu net.