Programme ESSOR et Fonds Biomasse Énergie I

Investissement de 40 M$

Léopold Beaulieu, président-directeur général Fondaction CSN et Jacques Daoust, ministre de l’Économie, de l’Innovation et des Exportations.

Léopold Beaulieu, président-directeur général Fondaction CSN et Jacques Daoust, ministre de l’Économie, de l’Innovation et des Exportations.

Photo: Pierre-André Leboeuf

10 Juin. 2015

Grâce à un investissement totalisant un peu plus de 40 M$ du gouvernement du Québec, de nouveaux projets en biomasse forestière résiduelle pourront voir le jour par le biais du Fonds Biomasse Énergie I alors que le programme ESSOR donnera un coup de pouce pour l’acquisition ou le renouvellement d’équipements forestiers.

Marie-Claude Boileau et Guy Lavoie

S’élevant à 20,2 M$, la capitalisation du Fonds Biomasse Énergie I provient du gouvernement provincial par l’entremise d’Investissement Québec et Fondaction CSN qui ont tous deux versé la somme de 10 millions de dollars tandis que la Fédération québécoise des coopératives forestières (FQCF) a fourni 200 000$.

Géré par Fondaction CSN, ce fonds vise à offrir du financement sous forme de prêts de même que de l’accompagnement pour réaliser des projets de chauffe à la biomasse forestière résiduelle. L’objectif est de convertir des installations de chauffage utilisant des combustibles fossiles en installations utilisant cette source d’énergie renouvelable.

Pour ce qui est du programme ESSOR, l’enveloppe a été bonifiée pour atteindre 20 M$ sur trois ans. Le but est d’élargir et d’augmenter l’aide aux entreprises et coopératives forestières déjà actives afin qu’elles aient accès à du financement pour renouveler leurs équipements. Cette somme provient du ministère de l’Économie, de l’Innovation et des Exportations ainsi que du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs. «À l’heure où l’industrie forestière mondiale est en changement, le développement du secteur forestier québécois doit être axé sur l’innovation, la créativité et la commercialisation des produits à forte valeur ajoutée. La mise en place du Fonds Biomasse Énergie I et la bonifi cation du programme ESSOR ouvrent la voie à des partenariats prometteurs et à des investissements structurants qui réussiront à dynamiser notre secteur forestier et à le rendre encore plus compétitif», indique JACQUES DAOUST, ministre de l’Économie l’Économie, de l’Innovation et des Exportations.

Le ministre des Forêts, de la faune et des parcs, LAURENT LESSARD, abonde dans le même sens. «En facilitant l’achat d’équipements pour les entreprises et les coopératives forestières, notre gouvernement offre aux entrepreneurs et aux travailleurs forestiers les outils nécessaires pour augmenter leur compétitivité», souligne-t-il.

Filière verte

Fondaction CSN se réjouit que cette concertation entre les partenaires aide au démarrage d’une filière énergétique verte. «Elle s’inscrit dans le sens des engagements de Fondaction de plusieurs manières : contribuer à réduire les émissions des GES ainsi que la dépendance du Québec aux énergies fossiles, stimuler l’emploi à l’échelle locale et contribuer à la diversifi cation économique de l’industrie forestière. Nous sommes enthousiastes face à la mise en place de ce projet stimulant et porteur d’avenir pour le Québec», lance LÉOPOLD BEAULIEU, président directeur général de Fondaction CSN.

Regroupant 34 coopératives forestières, la FQCF travaille depuis plus de trois ans sur le potentiel économique de la biomasse forestière pour le chauffage des bâtiments. Un plan directeur du développement de la filière de la biomasse forestière a été produit. Parmi les mesures inscrites, un soutien financier pour les projets de conversion était un des éléments importants qui se voit aujourd’hui concrétisé. «Une étape importante visant une implication structurée des coopératives forestières dans la mise en place de la filière de la production de chaleur à partir de la biomasse résiduelle est maintenant franchie», confirme ALAIN PARADIS, président de la FQCF.

Selon l’organisation, son développement doit reposer sur une chaîne d’approvisionnement stable, bien organisée, capable de produire un combustible de qualité en tout temps à tous les propriétaires de chaufferies à la biomasse. Pour ce faire, la FQCF explique qu’il est nécessaire de mettre en place régionalement des centres de transformation et de conditionnement de la biomasse forestière (CTCB). Il en existe présentement quatre alors que trois autres projets devraient voir le jour au cours des prochains mois. «Pour une opération optimale de ces centres, il faut une masse critique de projets et un volume annuel de consommation conséquent. C’est pourquoi l’avènement du Fonds Biomasse Énergie I est si important pour nous, car il nous permet de financer et de réaliser rapidement plusieurs projets en offrant à des clients intéressés des projets clés en main où la coopérative prend en charge les investissements et les opérations de la chaufferie et vend des kilowatts-heures», fait savoir LOUIS PELLETIER, président de la filiale FQCF, Service Forêt-Énergie.

M. Paradis mentionne qu’il ne manque que la réactivation du programme biomasse du Bureau de l’efficacité et de l’innovation énergétiques pour que des projets structurants puissent se concrétiser. Questionné à ce sujet, le ministre Daoust a expliqué que ce programme n’est pas appelé à disparaître : «Les fonds disponibles se sont rapidement vidés. Nous travaillons à mieux le baliser. Non, ce programme n’est pas mort.» Il n’a cependant pas parlé de date de relance. Ce programme ne relève pas de son ministère.