Prix RESAM 2012

Jean-Guy Rioux honoré

Monsieur Rioux, (au centre) accompagné à sa gauche de monsieur Pierre Sirois, président de la FOGC du bas-St-Laurent et de Rénald Bernier, président de RESAM lors de la remise du prix RESAM.

Monsieur Rioux, (au centre) accompagné à sa gauche de monsieur Pierre Sirois, président de la FOGC du bas-St-Laurent et de Rénald Bernier, président de RESAM lors de la remise du prix RESAM.

Photo: Guy Lavoie

24 Sep. 2012
Marie-Claude Boileau

Jean-Guy Rioux s’est toujours intéressé à la forêt à cause de ses frères aînés qui ont oeuvré dans le domaine. Sensible aux conditions dans lesquelles ils travaillaient, il s’est impliqué dans le mouvement des groupements forestiers afin d’améliorer leur situation. Ayant été à la tête de RESAM durant 10 ans et toujours impliqué dans son groupement forestier, le prix RESAM lui a été attribué au congrès de l’organisation.

Le récipiendaire du prix RESAM est très heureux de cette marque de reconnaissance. «Pour moi, c’est très symbolique. J’ai été dix ans à la tête de RESAM, j’ai roulé des centaines de milliers de kilomètres. C’est vraiment apprécié», dit-il en entrevue. Enseignant de carrière et à la retraite depuis 1996, JEAN-GUY RIOUX a été l’un des premiers à s’occuper de l’aménagement forestier. En fait, il a toujours été attiré par la forêt. Dernier d’une famille de 11 enfants, ses frères aînés ont gagné leur vie à travailler dans le bois «de peine et de misère», raconte-t-il.

Située à Lac-au-Saumon dans la région de La Matapédia, la Société d’exploitation des ressources de la Vallée (SERV) voit le jour en 1974. M. Rioux s’y intéresse et décide d’y collaborer. Il est d’abord élu sur le conseil d’administration en 1977, avant de prendre la présidence l’année suivante. Il en sera le président jusqu’en 1982, puis de 1997 à 2005. Depuis 2011, il siège au comité exécutif. «Je suis très intéressé par la qualité de l’emploi. J’ai travaillé beaucoup pour l’amélioration des conditions des travailleurs forestiers. Je n’ai pas eu beaucoup de succès, mais j’y ai mis beaucoup d’efforts», soutient-il.

Opérations dignité

M. Rioux a pris part indirectement à la création des groupements forestiers, puisqu’il a participé aux Opérations Dignité. Dans les années 1960, le Bureau de l’aménagement de l’Est-du-Québec (BAEQ) entreprend une enquête sur la dévitalisation de la région et recommande au gouvernement de fermer près de 80 villages. Une dizaine d’entre eux disparaissent en Gaspésie. «Lorsqu’ils sont arrivés à Sainte-Paule, la population s’est mobilisée, raconte M. Rioux. Grâce au curé, CHARLES BANVILLE, qui était très vaillant et le député libéral fédéral de Matapédia-Matane, PIERRE DE BANÉ, 3 000 personnes se rassemblent pour s’opposer à la fermeture du village. Ça a permis d’arrêter cette vague», indique-t-il.

Le Fonds de recherche de l’Université Laval (FRUL) propose alors aux résidants de mettre en place un programme d’aménagement forestier. Celuici a été testé à titre expérimental pendant deux à trois ans, puis les groupements forestiers ont vu le jour : d’abord à Restigouche, puis à la SERV. «Les gens du FRUL ont convaincu le gouvernement d’investir dans les groupements forestiers, ce qu’il a fait. Les regroupements ont pu survivre grâce à ce programme qui existe toujours et qui a été étendu à la grandeur du Québec», souligne-t-il. M. Rioux a contribué à la création de RESAM dans les années 1980. «Dans la région, nous avions lancé un organisme, la Société intégrée des ressources de l’Est du- Québec. On s’est aperçu que se regrouper permettait d’avoir plus de pouvoir. On a poussé pour avoir une fédération provinciale qui s’est appelée RESAM», fait-il savoir. Il en a été le président de 1996 à 2006. L’ancien professeur reste informé sur plusieurs dossiers liés au monde forestier comme le nouveau régime forestier. «Ç’a créé beaucoup d’espoir et l’on espère que ça va se concrétiser », mentionne-t-il. Celui-ci a milité pour que les groupements forestiers soient reconnus au sein du gouvernement. «Nous avons eu une complice incroyable en la personne de Nathalie Normandeau et de Claude Béchard avant elle. Aujourd’hui, les groupements forestiers ont été reconnus pour ce qu’ils sont : des entreprises collectives présentes partout au Québec. Appartenant à des propriétaires forestiers, elles ne fonctionnent pas pour s’enrichir, car les profits sont réinvestis dans le milieu. C’est une belle formule. À l’heure actuelle, il y a 75% du budget d’aménagement qui nous est attribué automatiquement parce que nous avons une reconnaissance légale», explique-t-il.

Vie familiale

Âgé de 71 ans, Jean-Guy Rioux a maintenant plus de temps à consacrer à sa ferme qui compte une quinzaine de chevaux. Appuyé par sa femme, il cultive de la nourriture pour les chevaux. Il s’occupe également de son lot boisé et de celui de son fils où l’on retrouve des épinettes, du bouleau, du tremble et des cèdres. M. Rioux est père de quatre enfants. Il y en a un qui est pilote d’hélicoptère en Alberta, le deuxième travaille en Allemagne pour BMW comme informaticien. Il y a aussi une fille qui est directrice d’une polyvalente à Gatineau tandis que la cadette travaille dans la région. Elle est propriétaire d’une pâtisserie fine et d’un sushi-bar.

Récompense pleinement méritée

Pour DANIEL BÉLANGER, président du conseil d’administration de la SERV, la remise du prix RESAM à Jean-Guy Rioux est pleinement méritée. «Il a grandement contribué aux groupements forestiers, à la SERV et à RESAM. Il a toujours eu à coeur leur développement », indique-t-il. Même son de cloche du côté d’ÉRIC L’ITALIEN, directeur général de la SERV. «C’est un choix tout désigné.» M. Bélanger trouve que M. Rioux possède une belle qualité, celle d’être un rassembleur. Selon lui, il est capable de composer avec les idées de tout le monde et sait comment rallier les gens autour d’un projet. «C’est un modérateur d’humeur égale qui compose avec l’opinion de tous quand bien même on n’est pas d’accord avec lui. Il va accepter toutes les idées, et ce, sans monter aux barricades.» Lorsqu’il est arrivé en poste comme directeur général de RESAM, MARC BEAUDOIN a eu la chance de travailler avec le lauréat. Il en garde un bon souvenir. «Jean-Guy Rioux impose le respect. C’est une personne très humaine, très accessible, qui crée des liens facilement avec tout le monde», fait-il savoir. Il ajoute qu’il est quelqu’un de très attaché à ses idées et qui ne se laisse pas aisément décourager. «Sur le plan personnel, je n’ai jamais vu quelqu’un rouler autant de kilométrage, comme ça, en auto. C’est impossible! », lance-t-il. Selon M. Beaudoin, les membres de RESAM sont reconnaissants du travail effectué par Jean-Guy Rioux. «D’une part, il a permis à RESAM de passer de petite association à un organisme reconnu sur le plan provincial. Il avait une présence très forte partout en province. Il a grandement contribué à faire reconnaître RESAM et les groupements forestiers», conclut-il.