Jessica Dadvidson: avoir le feu sacré des forêts en soi !

C’est en visitant sa mère qui y avait déménagé que Jessica a découvert la Gaspésie. Et le coup de foudre a opéré. Elle est tombée en amour avec le coin! Pour la jeune femme, pas question d’être prise dans les embouteillages matin et soir. «Le seul trafic que j’espérais connaître était de croiser des chevreuils », déclare-t-elle. Et c’est maintenant sa réalité.

C’est en visitant sa mère qui y avait déménagé que Jessica a découvert la Gaspésie. Et le coup de foudre a opéré. Elle est tombée en amour avec le coin! Pour la jeune femme, pas question d’être prise dans les embouteillages matin et soir. «Le seul trafic que j’espérais connaître était de croiser des chevreuils », déclare-t-elle. Et c’est maintenant sa réalité.

Photo: Guy Lavoie

2 Nov. 2018

Native de Sainte-Agathe-des-Monts dans les Laurentides, JESSICA DAVIDSON est opératrice de machinerie lourde forestière pour le Groupement forestier coopératif de la Baie-des-Chaleurs. Même si peu de femmes exercent ce métier, elles y font tranquillement leur place. Conversation avec une jeune femme pleine d’énergie qui n’a pas peur d’être féminine en plein cœur du bois.

Jenevière Brassard

C’EST LE MÉTIER QUI L’A CHOISIE

C’est en visitant sa mère qui y avait déménagé que Jessica a découvert la Gaspésie. Et le coup de foudre a opéré. Elle est tombée en amour avec le coin! Pour la jeune femme, pas question d’être prise dans les embouteillages matin et soir. «Le seul trafic que j’espérais connaître était de croiser des chevreuils », déclare-t-elle. Et c’est maintenant sa réalité.

Visant la physiothérapie comme premier choix de carrière, Jessica s’est finalement orientée vers la technique forestière pour ensuite poursuivre au DEP en abattage et façonnage des bois. C’est au mois d’août dernier qu’elle a commencé son stage au Groupement forestier coopératif de la Baie-des-Chaleurs.

PRENDRE LA MACHINERIE PAR LES COMMANDES

Avec sa Timber Pro 723 série D, la première série D au Canada et la fierté du Groupement, Jessica fait un travail très mental. « Sur le terrain, je dois visualiser les arbres et exécuter des mouvements répétitifs. Ma concentration est constamment sollicitée puisqu’il y a toujours du mouvement », précise-t-elle.

La passion de Jessica pour la forêt s’est développée grâce à la maintenance qu’elle accomplit tous les jours sur la machinerie. Celle-ci est d’ailleurs très physique, l’opératrice a même découvert des muscles qu’elle n’avait jamais travaillés. Selon Jessica, comme elle est plus douce sur la machinerie, elle bûche moins, mais brise moins la machine. Ce n’est pas un radiateur plein de poussière, des conduits hydrauliques, de la soudure ou de la mécanique qui lui font peur. Se mettre les mains dans l’huile, réparer les scies, chercher la cause d’un bruit suspect, découvrir le pourquoi et trouver la solution au problème, c’est ce que Jessica adore.

Organisée, minutieuse et attentive aux détails, elle possède les compétences recherchées pour ce type d’emploi. Et elle complète très bien l’équipe. La jeune femme s’occupe même du camion-service où elle livre une machine clés en main, toute prête à être manœuvrée par un de ses collègues. «Je crois vraiment qu’une bonne machine part d’une bonne maintenance», affirme Jessica.

PAS SIMPLE DE FAIRE SA PLACE

On l’aura deviné, il n’y avait pas beaucoup de filles avec elle lors de sa formation professionnelle. En effet, elles n’étaient que deux. Une réalité que Jessica n’a pas trouvée facile tous les jours. «D’un côté, je devais faire face à un professeur qui ne cachait pas son incompréhension à voir des filles dans un «programme de gars» et de l’autre à un enseignant qui, au contraire, m’encourageait à poursuivre dans cette branche et à défoncer les portes.»

À la fin du DEP, elle doutait tout de même de trouver sa place parmi des collègues majoritairement masculins. Mais la vie fait bien les choses. Jessica a trouvé une équipe du tonnerre au Groupement forestier coopératif de la Baie-des-Chaleurs et y a été merveilleusement bien accueillie par ses collègues. «Je les adore et ne les changerais pour rien au monde», confie-t-elle. Aucun doute qu’elle ait su charmer ses compagnons de travail par sa personnalité, mais aussi par ses compétences. Elle a trouvé sa place.

IL N’Y A PAS QUE LE TRAVAIL

Comme son travail d’opératrice est très mental, le besoin de décrocher lorsque sa semaine de 7 jours en continu est terminée est vital. Pas besoin d’aller bien loin pour se ressourcer puisque cette fille très active et sportive adore le bois, la forêt et les voyages, et ce, même en congé. Et la pêche, elle en mange. Littéralement. Le maquereau, le doré, la perche et la plie font partie de son retour aux sources.

Mais au-delà des forêts, des lacs et des grands espaces, Jessica a une autre passion : le rallye automobile. Elle y est d’ailleurs impliquée en tant que contrôleur officiel pour Rallye Canada.

À QUAND SON PROPRE LOT BOISÉ ?

Ce n’est pas encore fait, mais détenir son lot boisé fait définitivement partie de ses projets. «Je ne serai pas la femme qui attend que le temps passe en se berçant sur son balcon?», dit-elle en riant. Non, elle bûchera du bois sur sa terre avec une toque sur la tête, à respirer l’air pur et profiter de la vie.