La Coopérative forestière Petite-Nation se lance dans la biomasse forestière

Actuellement terminée, le bâtiment d’entreposage mesure 62 par 118 pieds et il a une hauteur de 30 pieds. Le projet a été financé par un prêt du SFE de la FQCF.

Actuellement terminée, le bâtiment d’entreposage mesure 62 par 118 pieds et il a une hauteur de 30 pieds. Le projet a été financé par un prêt du SFE de la FQCF.

photo: courtoisie

9 Fév. 2016

La Coopérative forestière Petite-Nation se lance dans la biomasse forestière. Intéressé par ce marché, son président BENOIT SÉGUIN a dû faire preuve de persévérance avant que les étoiles s’alignent. La construction d’un entrepôt, qui vient de se terminer, lui permettra maintenant d’aller de l’avant et de développer cette filière.

Marie-Claude Boileau

Benoit Séguin s’intéresse à la biomasse forestière depuis 2008. Il a suivi différents colloques donnés entre autres par le QWEB afin d’en apprendre plus. L’idée de départ était que la coopérative forestière fasse sa part pour l’environnement en contribuant à réduire les gaz à effet de serre (GES) en plus de favoriser l’économie régionale.

Appuyée par la Fédération québécoise des coopératives forestières (FQCF), la Coopérative forestière Petite-Nation a réalisé une étude pour évaluer le potentiel dans leur région en 2009. Devant un résultat positif, M. Séguin est allé rencontrer des entreprises qui pourraient être intéressées à convertir leur chauffage à la biomasse forestière. Sur les trois rencontrés, deux se sont convertis, mais sans que la coopérative ne soit impliquée.

Misant beaucoup sur l’Hôpital Rivière-Rouge, la coop Petite-Nation a toutefois terminé en deuxième place lors de l’appel d’offres pour l’approvisionnement. L’établissement hospitalier s’est converti à la biomasse en 2012.

Revirement

Au cours de la dernière année, M. Séguin a approché la compagnie qui avait remporté l’appel d’offres afin de voir si elle avait besoin de biomasse. Les discussions ont plutôt abouti en l’acquisition de l’entreprise. C’est donc la Coopérative Petite-Nation qui fournit l’hôpital de Rivière-Rouge. «Nous sommes propriétaires du contrat de l’hôpital, mais au taux que lui avait soumissionné », fait-il savoir. Depuis le 1er juillet, elle approvisionne l’institution. Elle achète par contre des copeaux d’une autre compagnie. C’est que leur centre de conditionnement, basé à Rivière-Rouge, était toujours en construction lorsque Le Monde forestier a discuté avec M. Séguin au début décembre. Celui-ci devait être prêt en août, mais il a eu du retard.

Actuellement terminée, le bâtiment d’entreposage mesure 62 par 118 pieds et il a une hauteur de 30 pieds. Le projet a été financé par un prêt du SFE de la FQCF. Pour mener à bien le projet, Benoit Séguin, par le biais de sa propre entreprise, a acheté des équipements nécessaires à la mise en copeaux. Il explique que les coûts pour la construction de l’entrepôt et la machinerie auraient été trop élevés pour être assumés entièrement par la coopérative.

La Coopérative forestière Petite-Nation possède beaucoup de volume de bois répartis dans la région. «On pourrait en mettre en copeaux dès demain matin, mais on attendait que l’entrepôt soit prêt pour pouvoir en mettre dedans afin d’approvisionner nos clients», indique le président.

La coop détient une garantie d’approvisionnement de 20 000 tonnes qui recouvrent quatre unités de gestion, et ce, jusqu’en 2018. «Cette année, nous avons récolté 800 tonnes que nous sommes allés chercher sur les terres publiques. L’an passé, nous avons amassé 1500 tonnes de biomasses, qui est prête à être déchiquetée. À cause de l’hiver et du retard dans la construction de l’entrepôt, nous ne pourrons pas aller la chercher avant le printemps prochain», indique-t-il.

Outre l’hôpital, la Coopérative forestière Petite-Nation fournit présentement de la biomasse aux Serres Zironwski qui en achètent pour 2000 tonnes. «Nous n’avons pas de contrat qui nous lie à eux en ce moment, mais si tout va bien, nous pourrions les approvisionner à 100% dès l’an prochain», dit-il.

La Coopérative est à la recherche de clients pour sa biomasse. «Avec la FQCF, nous avons un projet pour étudier le potentiel dans les Laurentides. Nous avons également un oeil sur la région jusqu’à Montréal», précise-t-il. M. Séguin espère approvisionner de la biomasse des Serres Lefort qui agrandiront leur superficie même si elle est située un peu loin. Le pénitencier La Macaza aurait un bon potentiel de conversion, mais puisqu’il s’agit d’un établissement fédéral, les démarches sont plus longues.

Ce projet de la coopérative Petite-Nation permettra de créer de nouveaux emplois étant donné qu’il s’agit d’un domaine qu’elle ne touchait pas auparavant. Selon le président, d’un à trois emplois seront créés à court terme. «Après cinq ans, on espère que leur nombre passera à 10. C’est l’avenir qui nous le dira. Ça dépendra de la réponse de l’industrie. Si le gouvernement met en place des politiques pour favoriser la biomasse, nous serons en bonne position pour embarquer. S’il n’y a pas d’incitatif et que le pétrole n’est pas cher, investir dans une bouilloire devient alors dispendieux», note-t-il.