La forêt boréale et l’UQAC : une relation fusionnelle

Photo : courtoisie UQAC

6 Déc. 2012
Collaboration spéciale – UQAC

Mieux connaître et mieux gérer la ressource renouvelable qu’est la forêt boréale, voilà le leitmotiv d’une douzaine de chercheurs de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) dont les travaux portent sur les ressources ligneuses de cette forêt, les lacs qui la constituent ou les animaux qui l’habitent.

Ces chercheurs sont regroupés dans deux organismes de recherche étroitement liés : 1) le Consortium de recherche sur la forêt boréale commerciale, organisme de transfert en lien direct avec les intervenants forestiers et leurs problématiques et 2) le Centre de recherche sur la Boréalie dont la programmation scientifique est plus large.

Il y a maintenant plus de 30 ans que l’UQAC, en tant qu’université en milieu nordique, a compris qu’elle avait un rôle majeur à jouer dans la valorisation de la forêt boréale, ressource importante dans la région du Saguenay-Lac- Saint-Jean. Des professeurs, des professionnels et des techniciens, ainsi que des étudiants de tous les cycles d’étude sont impliqués dans divers projets de recherche de nature fondamentale et appliquée. Par le biais de ses programmes de maîtrise en ressources renouvelables, de doctorat en sciences de l’environnement et de doctorat en biologie, l’UQAC participe à la formation d’une relève de qualité dans divers domaines de recherche sur la forêt boréale.

Actuellement, la plupart des projets touchant la composante ligneuse de cette forêt sont effectués par les chercheurs du laboratoire d’écologie végétale et animale qui travaillent, entre autres, sur la dynamique et la croissance des peuplements de la forêt boréale en relation avec les perturbations naturelles (feux et insectes) et anthropiques, l’effet réel des traitements sylvicoles, tant en terme de croissance que de qualité du bois, les habitats fauniques, la densification de territoires forestiers ouverts et le reboisement avec des plants de très petite dimension. Ce dernier projet, issu d’un besoin exprimé par un acteur terrain qui a su convaincre les chercheurs de sa pertinence, est un bel exemple de l’évolution d’un projet du stade de l’idée au stade opérationnel avec transfert de connaissances réussi. En effet, les travaux de recherche à petite échelle, en pépinière sur des semis d’épinette noire et de pin gris, ont ouvert la porte à la production de plants de très petite dimension aptes au reboisement des territoires nordiques, là où la végétation de compétition est peu abondante. Pour le ministère des Ressources naturelles du Saguenay-Lac-Saint-Jean, cette nouvelle manière de faire se traduit par des économies substantielles en frais de transport des plants (dans les sept chiffres annuellement), en plus d’une économie potentielle en coûts de production.

Autres secteurs

Dans d’autres secteurs de recherche, des études sur la relation entre les coupes forestières et les populations de poissons dans les lacs sont menées par l’équipe du laboratoire des sciences aquatiques dont deux chercheurs sont titulaires de chaires de recherche : la Chaire du MRNF sur les espèces aquatiques exploitées et la Chaire du Canada en écologie aquatique boréale. Quant à l’équipe du laboratoire d’analyse et de séparation des essences végétales (LASEVE), elle travaille sur la chimie et les bioactivités des produits naturels contenus dans les ressources de la forêt boréale (bouleau, mélèze, sapin baumier, thé du Labrador, etc.).

C’est d’ailleurs d’un extrait concentré issu du thé du Labrador, développé au LASEVE, qu’est né un produit cosméceutique commercialisé en 2012 par Lise Watier Cosmétiques. Finalement, les chercheurs du secteur écoconseil ont des préoccupations multidisciplinaires. Ils étudient le cycle du carbone dans les écosystèmes boréaux en relation, entre autres, avec les changements climatiques, le cycle de vie des produits du bois et l’écologie industrielle des sous-produits forestiers. Ils se penchent aussi sur les phénomènes sociaux liés à l’utilisation de la forêt au travers des controverses socio-environnementales. Trois programmes courts de deuxième cycle sont offerts pour mieux comprendre les enjeux environnementaux sous l’angle éco-conseil, dont un programme unique sur la gestion durable du carbone forestier. Le dynamisme de la recherche forestière à l’UQAC est clairement démontré par ce bref survol de divers projets de recherche dont la finalité est toujours d’assurer la pérennité de cette ressource précieuse qu’est la forêt boréale.