La FQCF s’engage en faveur du développement durable

22 Jan. 2013

Au cours des derniers mois, la Fédération québécoise des coopératives forestières et le réseau ont structuré leur engagement envers le développement durable. Cet article vise à résumer les faits saillants du processus qui a été mis en place.

Pourquoi cet engagement

Le développement durable est devenu incontournable dans notre société, notamment à cause de la pression de l’opinion publique plus sensible et des politiques gouvernementales plus exigeantes en la matière. Au-delà de la mode associée au phénomène et du positionnement marketing «vert» de certaines entreprises, le développement durable implique la remise en question d’une vision productiviste et d’un développement économique sur le court terme. Il prône plutôt une autre manière de consommer, de produire et d’aménager en conciliant les objectifs de croissance économique à ceux de préservation de l’environnement et d’efficience sociale. Les coopératives forestières se sentent interpellées par cette nouvelle façon de concevoir le développement.

Le secteur forestier subit beaucoup de pression liée à la contestation de ses pratiques; il faut s’y adapter. D’autre part, le fonctionnement coopératif permet de se positionner avantageusement par rapport aux pôles du développement durable. Les coopératives poursuivent évidemment des objectifs sociaux pour leurs membres et elles articulent leurs activités économiques pour combler le besoin des personnes, ce que préconise le développement durable. En accord avec sa mission et ses valeurs, la FQCF a décidé de s’impliquer formellement en faveur du développement durable. Elle le fait directement pour ses activités et en appui à l’ensemble du réseau. Adapté à la réalité des coopératives forestières, l’accompagnement proposé par la FQCF se calque sur la méthodologie employée pour sa propre démarche. Celle-ci a débuté à l’automne 2011 avec l’accompagnement du Centre québécois de développement durable.

La méthode adoptée comprend une formation d’introduction au développement durable, un diagnostic organisationnel et la conception d’une stratégie pour planifier et mettre en oeuvre les changements requis par l’analyse du diagnostic (politique et plan d’action). Portant sur 21 enjeux relatifs à la gouvernance et à la gestion sociale, économique et environnementale, le diagnostic dresse un portrait exhaustif des pratiques internes. Des éléments tels que la gestion financière, les conditions de travail, les impacts environnementaux et le respect des valeurs coopératives sont passés en revue, notamment via des questionnaires remplis par la direction, les employés et des parties prenantes. L’identification des points forts et des pistes d’amélioration permet d’élaborer ensuite la politique de développement durable, principal outil de communication en la matière. Elle énonce les objectifs stratégiques, qui se déclinent au sein d’un plan d’action dont l’objectif est de concrétiser les engagements pris. À titre d’exemple, au sein de la Fédération, le tri des déchets a été complété par l’installation de la récupération du verre, du plastique et des résidus alimentaires. Une grille d’analyse de projets permettant de les passer sous le spectre du développement durable a également été élaborée. Elle permettra aux gestionnaires de projets d’évaluer leur cohérence par rapport aux objectifs fixés dans la politique.

Persuadée que le développement durable permet de renforcer la performance des entreprises et est parfaitement adapté au modèle coopératif, la FQCF a invité les coopératives à réaliser une démarche semblable. Les coopératives SARGIM et de solidarité de la Rivière-aux-Saumons ont accepté cette invitation. Les démarches ne sont pas terminées, mais l’expérience apparaît déjà comme positive pour DENIS BUJOLD, coordonnateur de SARGIM : « Au tout début, notre perception d’une politique de développement durable se limitait à l’entourage physique de la pépinière. (…) Notre approche se voulait plus environnementale qu’autre chose. La réflexion d’une politique de développement durable est plus large que l’aspect environnemental et beaucoup plus poussée. Les quatre thèmes que nous avions à travailler reflètent bien ce qui gravite autour d’une entreprise. Il a fallu faire une introspection assez profonde de notre coopérative. Il en a découlé une meilleure compréhension de ce que les parties prenantes voyaient quand ils font affaire avec nous. (…)Nous avons aussi aimé la flexibilité d’une politique de développement durable; nous sommes les maîtres de notre destin. Nous avons fait les choix que nous pensions possibles de faire et ceux qui nous importaient le plus. (…) » Le développement durable suppose des défis organisationnels majeurs et l’adoption d’un mode de pensée transversal, ce qui n’est pas forcément évident dans le contexte actuel d’incertitude et de crise du secteur.

Pour GUY MARTIN, DG de la Coopérative de solidarité forestière de la Rivière aux Saumons, le développement durable ne représente pas une contrainte supplémentaire mais une réelle opportunité de développement économique et de performance globale : La «démarche en développement durable va nécessairement nous permettre d’améliorer notre gestion. Je vois le Plan d’action un peu comme un outil de gestion qui va nous permettre d’améliorer nos pratiques, mais aussi notre gestion des coûts. Au-delà de ça, la démarche peut devenir un élément de mobilisation des ressources humaines.» À l’externe, ça prendra plus de temps, mais la démarche servira à améliorer l’image de marque de l’entreprise, ce qui devrait favoriser le maintien ou l’augmentation de relations d’affaires significatives et du volume d’affaires. Je vois cette démarche très positivement, mais il faut garder à l’esprit que les fruits prennent du temps à apparaître (…) » Ces deux premières expériences permettent à la Fédération d’offrir l’accompagnement en développement durable comme service régulier à ses membres. Progressivement, la FQCF souhaite que tout le réseau se dote d’une vision commune du développement durable et que celui-ci enrichisse ses stratégies de développement.