Forêt publique: valeur des traitements sylvicoles 2016-2017

La valeur du reboisement revue à la baisse

Les méthodes de travail changent constamment également. Ainsi, il faut de plus en plus de main-d’oeuvre par exemple pour décharger les camions remplis de PFD qui contiennent moins de plans qu’avant et ils nécessitent plus de manutention.

Les méthodes de travail changent constamment également. Ainsi, il faut de plus en plus de main-d’oeuvre par exemple pour décharger les camions remplis de PFD qui contiennent moins de plans qu’avant et ils nécessitent plus de manutention.

Photo: Guy Lavoie

12 Mai. 2016

Comme vous le savez certainement, le Bureau de mise en marché des bois (BMMB) a fait connaître ses taux 2016-2017 pour la valeur des traitements sylvicoles. Chaque année, vous êtes nombreux à attendre ces outils de mesure si importants. Et qu’en est-il des taux de cette année? Votre journal Le Monde Forestier a demandé à BENOIT HOULE BELLERIVE, directeur des opérations à la Coopérative forestière du Bas St-Maurice de nous livrer ses impressions.

Mélanie Grenier

Tout d’abord, d’un point de vue général, Benoit Houle Bellerive note une certaine stagnation par rapport aux taux des dernières années. C’est donc une grille de taux qui, somme toute, offre peu de surprises. Pour la coopérative de la région de la Mauricie, il y a par contre une valeur qui inquiète et qui déçoit beaucoup : au niveau des travaux de reboisement, les taux ont baissé partout. «L’an dernier, nous avons cru que les activités de reboisement étaient enfin reconnues à leur juste valeur puisque le taux avait augmenté de 4-5 %. Malheureusement, le BMMB a cette année mentionné qu’il y avait plutôt eu surestimation et a donc rajusté le taux à la baisse», explique M. Houle Bellerive.

Dans la prochaine année, son organisation, qui reboise beaucoup, fera 100 % de ses activités de reboisement avec du plan de fortes dimensions (PFD). Et le taux de la valeur pour le PFD est cette année encore plus bas qu’en 2013! C’est donc un véritable défi pour lui et sa coopérative d’arriver à rentabiliser ces opérations. C’est que dans sa région, comme dans bien d’autres du sud du Québec, il y a au moins deux facteurs qui lui rendent la tâche difficile.

D’abord, il y a beaucoup de forêts mélangées et la grande richesse des milieux rend nécessaire l’utilisation de PFD. Aussi, il y a peu de grands chantiers, mais plusieurs petits chantiers, ce qui rend les opérations plus complexes et nécessairement plus coûteuses. «Il faut constamment déménager», observe M. Houle Bellerive, expliquant que pour planter 70 000 arbres, il doit le faire sur 8 ou 9 chantiers différents.

Les méthodes de travail changent constamment également. Ainsi, il faut de plus en plus de main-d’oeuvre par exemple pour décharger les camions remplis de PFD qui contiennent moins de plans qu’avant et ils nécessitent plus de manutention. «Le taux n’est pas adapté à notre réalité», conclut M.Houle Bellerive. Ce dernier ne perd cependant pas espoir puisqu’il s’attend cependant à des changements majeurs pour l’an prochain. Il faut dire que le BMMB a procédé à une enquête pour arriver à mieux cerner les frais d’exploitation. Les résultats n’étaient pas connus avant d’émettre les taux de cette année, mais devraient être prêts pour ceux de l’an prochain.