Certification FSC conjointe

Le Bas-Saint-Laurent a une formule gagnante

Une chargeuse à l’oeuvre sur un lot privé dans le Bas-Saint-Laurent.

Une chargeuse à l’oeuvre sur un lot privé dans le Bas-Saint-Laurent.

Photo: Guy Lavoie

22 Fév. 2012
Mélanie Grenier

Depuis environ un an, quatre groupements forestiers de la région du Bas-Saint-Laurent partagent la même certification FSC. En effet, la Société d’exploitation des ressources (SER) de la Neigette à Trinité-des-Monts, le Groupement forestier de Kamouraska à Saint-Alexandre, le Groupement forestier de Témiscouata à Auclair et la SER de La Vallée à Lac-au-Saumon ont décidé de mettre en commun leurs ressources pour l’obtention de la précieuse certification. La formule est si bonne que déjà, deux autres groupements ont fait connaître leur intérêt et pourraient bien se joindre au groupe sous peu.

Au départ, deux raisons ont motivé les quatre groupements à unir leurs efforts : l’économie de coûts et la mise en commun de l’expertise. «L’échantillonnage devient moindre, ça diminue le coût de l’audit puis il faut rendre un seul rapport au lieu de quatre», détaille DANIEL BÉLANGER, ingénieur forestier au sein de la SER de la Neigette. «Nous économisons environ 1000$ par année en plus de 30% des coûts d’audit d’enregistrement, renouvelable aux cinq ans. Dans le contexte où l’on est, c’est quand même de l’argent», ajoute MARTIN BÉLANGER, ingénieur forestier au sein du Groupement forestier de Témiscouata.

La force du partage d’expertise

Qui plus est, la mise en commun des expériences de chacun est un atout non négligeable. «Nous sommes proches et toujours ouverts à collaborer. Quand vient le temps de régler un RAC [NDLR : Requête d’action corrective], on peut s’entraider. C’est une expertise qu’on partage et c’est bien intéressant», explique Daniel Bélanger. Martin Bélanger abonde dans le même sens : «On collabore, on s’entend sur certaines règles de vérification, ce qui permet d’éviter des méthodes lourdes et douteuses. Avoir des partenaires, c’est un privilège.»

Gages de relation durable

Mais ne s’improvise pas partenaire qui veut. Pour éviter les conflits ou les frustrations, les groupements du Bas-Saint-Laurent ont tenu à faire les choses à leur façon. Ainsi, contrairement à un autre modèle de certification conjointe qui existe dans les Cantons-de-l’Est par exemple, chacun des groupements avait déjà été certifié au préalable. «Dans notre cas, nous étions les premiers au Québec à être certifiés en 2002. Ça valait la peine que chacun fasse son vécu. Avant de s’engager, on connaissait les forces et faiblesses de chacun. Aussi, chacun demeure responsable de ses activités», explique le représentant du Groupement forestier de Témiscouata. «Collectivement, nous avons tous résolu nos RAC. Au moment d’avoir la certification commune, nous avions une seule RAC majeure et elles ont depuis toutes été fermées», annonce le représentant de la SER de la Neigette.

Petit groupe deviendra grand?

Au final, la SER de la Métis à St-Gabriel et le Groupement forestier et agricole Taché à Saint- Cyprien ont tous deux témoigné leur intérêt à intégrer la certification conjointe. «Nous étudions la possibilité d’inclure deux nouveaux partenaires», confirme Daniel Bélanger. Voilà un modèle qui mérite peut-être d’être reproduit. Smartwood également favorable Du côté de Smartwood Canada, organisme sans but lucratif qui fait les audits pour les groupements, on abonde dans le même sens. «C’est très positif. Ça amène une harmonisation des pratiques pour les groupements et une harmonisation des vérifications pour nous», avance ALEX BOURSIER, directeur régional au sein de Smartwood. Ce dernier avance même que les possibilités de modèles sont nombreuses quant aux certifications conjointes. «Ça pourrait même être un consultant qui prend la certification et qui pourrait servir de conseiller et de guide par la suite», offre-t-il en guise d’exemple. Pour ce dernier, la certification de groupe n’a que du positif. «Nous, on fait moins de sous, mais on est bien contents que les groupements collaborent entre eux», conclut-il.