Résultat d'une collaboration FPInnovations et Deloupe

Le composite : un matériau d’avenir pour le transport du bois?

Grâce à ces poteaux et ces traverses faits de composite au lieu d’acier comme habituellement utilisé, la masse à vide de ces nouvelles semi remorques serait jusqu’à 40% plus légère. Une économie de poids qui pourrait permettre aux transporteurs de charger jusqu’à 450 kg (1000 lb) supplémentaires pour chaque voyage.

Grâce à ces poteaux et ces traverses faits de composite au lieu d’acier comme habituellement utilisé, la masse à vide de ces nouvelles semi remorques serait jusqu’à 40% plus légère. Une économie de poids qui pourrait permettre aux transporteurs de charger jusqu’à 450 kg (1000 lb) supplémentaires pour chaque voyage.

Photo: Guy Lavoie

29 Nov. 2012
Mélanie Grenier

Depuis plusieurs années, l’organisme FPInnovations, en collaboration avec Deloupe, un fabricant de remorques beauceron, travaillent au développement de semiremorques ultralégères qui pourraient bien créer une petite révolution dans l’industrie. Grâce à ses poteaux et ses traverses faits de composite au lieu d’acier comme habituellement utilisé, la masse à vide de ces nouvelles semiremorques serait jusqu’à 40% plus légère. Une économie de poids qui pourrait permettre aux transporteurs de charger jusqu’à 450 kg (1000 lb) supplémentaires pour chaque voyage. Toute une aubaine !

«Dans l’industrie, tout ce qui permet de réduire le poids, permet de transporter plus de matériel et donc d’optimiser la rentabilité», explique FRÉDÉRIC BOUTIN, ingénieur-chercheur chez FPInnovations pour justifier toute l’énergie investie dans le développement de ce produit. «La difficulté était de faire quelque chose d’assez solide et en morceaux détachables », explique PIERRE LEVASSEUR, directeur des ventes chez Deloupe. Il semble que ce soit défi relevé au niveau de la solidité puisqu’après six mois d’opération sur des routes forestières, le prototype est demeuré intact. Il est même évalué que les poteaux de matériau composite soient jusqu’à 1,25 fois plus résistants que ceux en acier.

Le boulon plutôt que la soudure

Un autre avantage à cette semiremorque est la possibilité de fixer les morceaux entre eux à l’aide de boulons plutôt que de devoir les souder. Sans compter que le matériau, qui est une forme de plastique, élimine les problèmes causés par la corrosion. Les transporteurs y verront certainement un avantage puisque si un bris survient, il sera facile de remplacer une pièce. «Au niveau de l’entretien, ça va réduire les problèmes de beaucoup», croit M. Levasseur. Ce sera aussi un avantage pour le fabricant puisque moins de main-d’oeuvre spécialisée sera nécessaire. Ce facteur pourrait bien permettre de réduire le prix de revente du nouveau produit.

Un investissement rentable?

Pour le moment, les revenus supplémentaires et les économies de carburant reliés à l’utilisation des nouvelles semiremorques sont évalués entre 5 000 à 6 000 $ par année par camion. Comme le coût d’achat est supérieur à celui de la version en acier, il est prévu que les frais d’acquisition soient amortis en deux ou trois ans. Mais M. Levasseur n’a pas dit son dernier mot. «Notre objectif est que le client puisse amortir son achat en un an. Même deux ans, c’est trop long pour un propriétaire artisan», estime le directeur des ventes.

Déjà un succès?

En septembre dernier, au Demo international 2012 de St- Raymond-de-Portneuf, la semi-remorque en démonstration a fait sensation. «Le kiosque a suscité énormément d’intérêt. C’est un nouveau produit, un peu hors norme, alors nous avons eu toutes sortes de réactions», se rappelle M. Boutin. «La réponse est extraordinaire jusqu’ici», confirme M. Levasseur.

À vendre dans un an

Mais il faudra attendre au moins jusqu’à la fin de 2013 pour qu’elle soit mise en vente. «Le produit est mûr pour le marché», croit M. Boutin. Mais les concepteurs tiennent à demeurer prudents. Voilà pourquoi des tests hors route seront effectués encore toute l’année. «On a déjà fait des tests hors route, mais même en essayant, personne n’a réussi à les briser. Là, on va les faire tester par des travailleurs qui ne font pas attention », explique M. Levasseur. À suivre…