Bilan 2008-2013 du Forestier en chef

La forêt québécoise est en bonne santé, mais…

Le forestier en chef Gérard Szaraz a déposé son bilan 2008-2013. Son mandat se terminait en décembre dernier. Selon lui «La santé de la forêt du Québec s’est maintenue au cours de la période 2008-2013, mais des défis demeurent cependant à surmonter sur certains territoires et selon des enjeux particuliers»

Le forestier en chef Gérard Szaraz a déposé son bilan 2008-2013. Son mandat se terminait en décembre dernier. Selon lui «La santé de la forêt du Québec s’est maintenue au cours de la période 2008-2013, mais des défis demeurent cependant à surmonter sur certains territoires et selon des enjeux particuliers»

18 Jan. 2016

La forêt publique québécoise est en bon état, selon le Forestier en chef, qui a déposé son Bilan 2008-2013. Le Québec a même progressé sur la voie de l’aménagement durable de son territoire forestier pendant cette période. Néanmoins, des enjeux sont bien présents et ne doivent pas être négligés.

Martine Rioux

«La santé de la forêt du Québec s’est maintenue au cours de la période 2008-2013, mais des défis demeurent cependant à surmonter sur certains territoires et selon des enjeux particuliers», a fait valoir GERARD SZARAZ, le Forestier en chef au moment du dépôt de son rapport.

Selon lui, le bilan positif qu’il présente s’explique par le fait que la récolte de bois a été bien en dessous des possibilités forestières et que les perturbations naturelles (feux, insectes et maladies) ont été plus faibles que la moyenne des dernières années.

D’ailleurs, seulement 55 % des possibilités forestières ont été récoltées entre 2008 et 2013. L’application de diverses mesures de protection du milieu forestier (aires protégées, objectifs de protection et certification) représente également un aspect positif. À titre d’exemple, la proportion d’aires protégées est passée de 4,91% en 2008 à 9,10% en 2013 et le nombre de sites protégés pour les espèces fauniques est passé de 245 en 2008 à 1031 en 2013.

Rappelons que la superficie forestière québécoise compte pour 761 100 km2 et qu’elle est relativement stable dans le temps. Quant à elle, la superficie destinée à la production forestière, actuellement de 277 300 km2, a diminué de 11,4 % depuis les années 1970.

Ce sont les essences du groupe sapin, épinettes, pin gris et mélèzes (SEPM) qui ont connu la plus forte diminution en volume.

Pistes d’amélioration

Par ailleurs, le bilan positif sur l’état de santé de la forêt ne signifie pas que l’industrie forestière se porte bien pour autant. Dans son rapport, M. Szaraz s’attarde longuement sur des pistes d’amélioration possibles. Il a d’ailleurs formulé des recommandations très claires et identifié des enjeux à surveiller plus particulièrement.

Il reconnaît que le secteur forestier a traversé une crise importante entre 2008 et 2011. Puis, à partir de 2012, les exportations et les investissements ont recommencé à croître. Cependant, il note «des défis majeurs à relever pour redonner de la vigueur au secteur forestier du Québec».

Il rappelle entre autres «l’importance de transformer le secteur pour diversifier l’offre et mieux répondre à l’évolution de la disponibilité de la matière ligneuse et de la demande pour les produits ligneux».

Au sujet des produits ligneux, le Forestier en chef s’est d’ailleurs dit «préoccupé par la tendance à récolter en priorité les bois et les peuplements qualifiés de plus intéressants, puisque ceci conduit à un appauvrissement qualitatif du stock ligneux».

Selon lui, les décisions d’aménagement devraient être davantage fondées sur des analyses économiques. De même, les suivis après intervention et la mesure des effets des traitements sylvicoles devraient être réalisés de façon plus rigoureuse.

Finalement, même s’il a noté des gains au niveau de l’aménagement durable, il souligne que «pour poursuivre dans cette voie, l’aménagement durable de la forêt doit aussi inclure un plan de mise en oeuvre qui comprend des indicateurs et des cibles de résultats afin de pouvoir mesurer les progrès du Québec».