Congrès FQCF

Le Mérite coopératif 2019 décerné à Eugène Gagné

Benoit Houle Bellerive, président de la FQCF, Eugène Gagné, lauréat du Mérite coopératif 2019 ainsi que Matthieu Boisvert, directeur des comptes à la Caisse d’économie solidaire Desjardins.

Benoit Houle Bellerive, président de la FQCF, Eugène Gagné, lauréat du Mérite coopératif 2019 ainsi que Matthieu Boisvert, directeur des comptes à la Caisse d’économie solidaire Desjardins.

Courtoisie

15 Mai. 2019

Pour la première fois de son histoire, le prix du Mérite coopératif a été attribué à une personne en fonction au sein de la Fédération québécoise des coopératives forestières (FQCF). Le comité a décidé d’honorer dès maintenant la contribution d’EUGÈNE GAGNÉ en lui décernant le Mérite coopératif. Puisqu’il prendra sa retraite bientôt, l’organisation tenait à souligner dès maintenant son dévouement et sa participation au développement de la filière de la biomasse forestière résiduelle.

Marie-Claude Boileau

Le récipiendaire a avoué avoir été étonné d’apprendre que sa candidature avait été retenue pour le Mérite coopératif. Ayant fait partie du comité de sélection par le passé, il savait que les employés étaient normalement exclus.

PARCOURS

Le lauréat a obtenu son diplôme de la Faculté de foresterie de l’Université Laval en 1982. Son premier emploi permanent consiste à récupérer du bois affecté par la tordeuse des bourgeons de l’épinette pour le Syndicat des producteurs de bois de l’Estrie. Dès 1983, il devient directeur général d’Aménagement forestier et agricole des Sommets, un groupement forestier de l’Estrie. Il intègre le monde coopératif en 1999 au sein de SOCODEVI où il dirigera un projet d’aménagement des ressources naturelles au Guatemala. De retour au Québec en 2001, il gouvernera le Regroupement des sociétés d’aménagement forestier du Québec (RESAM) durant quatre ans. Il joint ensuite le Groupe Transforêt pour superviser les opérations des filiales et diriger l’équipe de service d’approvisionnement. En 2006, il arrive au sein de la FQCF. Il coordonne d’abord les activités de recherche et de développement des procédés de récolte en zone de contrainte. «La crise qui frappe alors et l’intérêt des coopératives pour ces volumes de bois coûtent cher. Un défi de taille l’attend : celui du développement de la filière de biomasse forestière. Avec ce mandat, ses grands pieds ont laissé des traces profondes au sein de la FQCF qui l’honore aujourd’hui», explique BENOIT HOULE BELLERIVE, président de la Fédération.

Plusieurs raisons ont poussé l’organisation à lui décerner le Mérite coopératif. M. Gagné a été précurseur dans sa vision du potentiel de développement de la biomasse forestière pour des raisons économiques, sociales et environnementales. Il sera un ardent défenseur de président de la Fédération. Plusieurs raisons ont poussé l’organisation à lui décerner le Mérite coopératif. M. Gagné a été précurseur dans sa vision du potentiel de développement de la biomasse forestière pour des raisons économiques, sociales et environnementales. Il sera un ardent défenseur de cette filière, et ce, sur différentes tribunes. «Sa persévérance, sa détermination et son talent pour communiquer les vertus de cette filière notamment au cours d’un reportage à la télévision de Radio-Canada. L’impact de ses écrits notamment dans les pages du journal Le Monde Forestier qui forcent un ministre québécois à titrer sa réaction en réponse à Eugène Gagné», raconte le président de la FQCF.

Le lauréat a su également bâtir un réseau de partenaires diversifiés et engagés pour soutenir la filière. Grâce à lui, la FQCF possède maintenant une forte expertise dans le domaine en plus de pouvoir compter sur des consultants pour travailler avec le Service Forêt-Énergie.

Convaincu de sa pertinence, Eugène Gagné a travaillé fort pour en faire la promotion notamment en maintenant l’intérêt des coopératives pour la biomasse forestière résiduelle. Il a aussi conservé sa capacité d’indignation face à l’inertie politique pour véritablement entreprendre la transition énergétique.

D’autre part, M. Houle Bellerive mentionne que M. Gagné était souvent sollicité pour sa sagesse, son calme et sa vision stratégique afin de conseiller la fédération sur une multitude de dossiers. Il ajoute que les membres de l’équipe de la Fédération s’ennuieront de son humour et de ses anecdotes sur son enfance à la ferme lorsqu’il partira à la retraite.

MÉRITE PARTAGÉ

Le récipiendaire du Mérite coopératif avoue que la FQCF a fait figure de leader dans le dossier de l’approvisionnement de la biomasse forestière résiduelle. «Cette reconnaissance et ce rayonnement ont pu être obtenus grâce à la coopération de l’ensemble d’acteurs et producteurs. Ce mérite doit être partagé entre les coopératives et leurs leaders qui ont cru à ce développement et qui ont pris les risques en s’y investissant», dit-il. Il a cité l’implication des coopératives de Matapédia, Petit-Paris, Girardville, Petite-Nation, Saint-Dominique, Haut-Saint-Maurice et Coopérative de gestion forestière des Appalaches (CGFA).

Il a tenu aussi à souligner la contribution de nombreux partenaires notamment le Conseil québécois de la coopération et de la mutualité qui a offert du soutien pendant plusieurs années. Il a également tenu à remercier la Direction de l’entrepreneuriat du ministère de l’Économie et de l’Innovation, le ministère des Affaires municipales, l’Agence d’efficacité énergétique, Fondaction, la Caisse de dépôt et placement, Nature Québec, Desjardins, le Regroupement national des conseils régionaux en environnement, le Bureau de la promotion des bois, la Fédération québécoise des municipalités, l’Union des municipalités du Québec, Ressources naturelles Canada, FPInnovations, le Service canadien des forêts, l’Université Laval, l’Université du Québec à Chicoutimi et le Conseil de recherche industrielle du Québec (CRIQ). Enfin, il a tenu à partager le mérite avec son équipe et les ingénieurs mécaniques en bâtiment qui ont permis d’acquérir des connaissances précieuses pour la FQCF.

DÉVELOPPEMENT DURABLE

Inspiré par le thème du congrès portant sur les objectifs de développement durable des Nations unies, un sujet qui l’interpelle beaucoup, M. Gagné a rappelé que l’implication des coopératives forestières dans la biomasse forestière résiduelle rencontrait plusieurs de ces objectifs. «Les coopératives forestières peuvent être fières de leur démarche dans le développement de cette filière puisque dès le début il y a eu une grande préoccupation sur la durabilité de la récolte, la protection de la biodiversité et sur la productivité des écosystèmes forestiers », indique-t-il en ajoutant que ça correspondait à l’objectif 15. Mais celui concernant la lutte aux changements climatiques le touche particulièrement. «Au moment où l’on répète qu’il y a urgence d’agir pour réduire nos émissions, où l’on nous informe que la température moyenne au Canada sur le reste de la planète et où même la pétrolière Shell demande à l’association pétrolière canadienne d’appuyer la taxation sur le carbone, il me semble que nous, les forestiers, nous, les coopératives forestières qui travaillerons quotidiennement avec une ressource qui est omniprésente, à l’immense potentiel de réduction des gaz à effet de serre (GES), nous devons faire quelque chose de plus et tout mettre en œuvre pour favoriser et faciliter son utilisation», lance-t-il.

Il s’est dit heureux de travailler avec l’association des coopératives forestières de la Gaspésie qui regroupe huit coopératives. Ensemble, ils travaillent à un projet d’utilisation de la biomasse afin de réduire de 150 000 tonnes de GES à l’usine de Ciment McKinnis. Il a aussi cité le projet de production de 100 000 tonnes de granules d’énergie verte et propre des coops du Lac-Saint-Jean et le projet de CGFA qui collabore avec Nature Québec pour identifier des producteurs d’énergie fossile et réaliser une conversion.

En conclusion, il a lancé un appel à la mobilisation. «J’invite les coops qui ne se sont pas encore impliquées dans des projets d’utilisation de biomasse forestière résiduelle à le faire et à s’impliquer dans notre projet visant à élargir notre réseau d’approvisionnement actuel pour en faire un véritable réseau couvrant l’ensemble du territoire québécois. J’invite nos partenaires à appuyer les actions en ce sens de nos coopératives et à convaincre leur entourage à penser à ce qu’on peut faire pour les changements climatiques, ici pour l’utilisation du bois et/ ou de la biomasse, une option qu’il faut regarder sérieusement. Nous sommes condamnés à réussir. À réussir rapidement. Et c’est ensemble, en coopérant, que l’on pourra faire tellement plus», lance-t-il.