Luc Boudreau

Le plus beau métier du monde

«Je suis quelqu’un de minutieux et j’aime le niveau de défi qu’imposent les différentes réglementations. Les plants sont comme des enfants. S’ils sont bien traités, ils vont bien croître. Après trois ans, les arbres sont remis au ministère et doivent être d’une qualité exemplaire et avoir en moyenne 35 cm de hauteur» - Luc Boudreau

«Je suis quelqu’un de minutieux et j’aime le niveau de défi qu’imposent les différentes réglementations. Les plants sont comme des enfants. S’ils sont bien traités, ils vont bien croître. Après trois ans, les arbres sont remis au ministère et doivent être d’une qualité exemplaire et avoir en moyenne 35 cm de hauteur» - Luc Boudreau

Photo: courtoisie

28 Sep. 2017

Depuis qu’il a terminé son cours en Technique forestière en 1984 et après avoir parcouru une grande partie de la Gaspésie et vécu différentes expériences de travail, LUC BOUDREAU est plus que jamais en symbiose avec son travail à la pépinière de la Baie-des-Chaleurs.

Stéphane Bourque

Même dans ses souvenirs les plus lointains, Luc Boudreau a toujours aimé la nature. «Jeune, j’allais souvent en forêt les fins de semaine et on couchait dans un camp. J’ai toujours aimé me retrouver en forêt, dans les grands espaces. Les couleurs de l’automne dans une érablière, c’est tellement beau. »

Pour M. Boudreau, le choix d’étudier en Technique forestière s’est fait tout naturellement. Après deux années au Cégep de Gaspé et une au Cégep de Sainte-Foy, c’est en 1984 qu’il obtient son diplôme. Trente-trois ans plus tard et après avoir couvert une grande partie de la Gaspésie grâce à son travail, il est plus que jamais dans son élément à la pépinière de la Baie-des-Chaleurs à Paspébiac.

UNE CARRIÈRE VARIÉE

Tout au long de sa carrière, M. Boudreau aura eu l’opportunité de travailler dans la fonction publique, pour le privé et dans le monde coopératif. «Malgré les différents changements d’emplois qui sont survenus dans ma carrière, malgré les différentes restructurations, je n’ai jamais été amer. J’ai toujours voulu continuer à évoluer dans ce domaine », de mentionner M. Boudreau qui a aussi travaillé en nettoyage industriel (camion vacuum), dans une épicerie et dans une boutique les fois où son emploi dans le domaine forestier fut aboli.

M. Boudreau a commencé dans la fonction publique en travaillant durant six ans pour Énergie Ressource comme technicien forestier à Gaspé suivi de six ans pour Rexfor (maintenant Rexforêt) entre Nouvelle et Chandler toujours comme technicien forestier. Il a ensuite passé 10 ans au privé pour le groupement forestier de New Richmond. Il travailla aussi sept ans pour le moulin de sciage Temrex à Nouvelle et depuis trois ans, il agit comme assistant directeur des opérations à la Pépinière Baie-des-Chaleurs.

Au fil des ans, cela lui aura permis d’effectuer plusieurs tâches reliées au domaine forestier : de la prise d’inventaires au suivi de la qualité ainsi qu’à des projets de reboisement un peu partout en Gaspésie, plus précisément sur la côte nord de Matane à Gaspé, toute la Baie-des-Chaleurs jusqu’à Amqui, et aussi à Murdochville.

LE TRAVAIL À LA PÉPINIÈRE

La pépinière est responsable de la production de plants forestiers pour le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs et doit lui livrer des plants forestiers en santé tout en respectant plusieurs normes gouvernementales. «Je suis quelqu’un de minutieux et j’aime le niveau de défi qu’imposent les différentes réglementations. Les plants sont comme des enfants. S’ils sont bien traités, ils vont bien croître. Après trois ans, les arbres sont remis au ministère et doivent être d’une qualité exemplaire et avoir en moyenne 35 cm de hauteur », de m’expliquer M. Boudreau.

La pépinière de la Baie-des-Chaleurs produit plus de deux millions de plants annuellement. La diversification du travail est un aspect du travail qu’affectionne M. Boudreau comme il l’explique si bien : «Je peux en 2 ou 3 jours faire un inventaire pour mesurer la hauteur des plants des cultures, contrôler l’humidité de la tourbe pour les racines des arbres, récolter des échantillons de tiges pour vérifier la présence des bourgeons au microscope, faire la saisie des données d’inventaire à l’ordinateur et conduire le tracteur avec un pulvérisateur de 2000 litres de fertilisant pour fertiliser les stocks d’arbres. J’ai ainsi la possibilité de travailler autant à l’extérieur dans les cultures qu’à l’intérieur dans les tunnels ou au bureau. »

Au printemps, M. Boudreau dirige une équipe de 6 à 8 personnes. L’équipe est responsable de faire la mise en terre des semences pendant 5 à 6 semaines. L’analyse des données d’inventaires et des problèmes dans les cultures dans le but de maintenir et d’améliorer les plants est une autre tâche à effectuer dans une pépinière et cette étape se fait en consultant l’équipe technique. «Le travail d’équipe me plait aussi et j’ai la chance de travailler avec des collègues d’expérience qui aiment ce qu’ils font, et ça, c’est motivant », d’ajouter M. Boudreau.

Le sentiment d’appartenance dans un mouvement coopératif est un autre point positif relevé par M.Boudreau : «Je peux donner mes opinions à propos des décisions du C.A. lors des assemblées ou même faire partie du C.A. et ainsi participer activement aux décisions de la direction de l’entreprise. »

ET L’HIVER ?

Les emplois dans le domaine forestier sont souvent des emplois saisonniers. C’est une réalité à laquelle M. Boudreau a fait face avec philosophie tout au long de sa carrière. «Il n’y a pas que le travail, il y a aussi la vie en famille. Cela me permettait de prendre en charge la maisonnée et de donner un léger répit à mon épouse qui travaillait à temps complet. J’ai ainsi eu la chance d’avoir un contact privilégié avec mes deux enfants », dit-il avant d’ajouter : «En fait, cela m’a permis de garder un esprit ouvert sur la société en général qui évolue et qui change très vite, en plus de maintenir une opinion positive de cette belle jeunesse tellement intéressante et déterminée — ces jeunes qui seront nos dirigeants de demain. »