Qui sont les propriétaires de lots québécois (2e de 2)?

Le propriétaire forestier québécois souhaite aménager son lot boisé avec intelligence

Selon une étude sociologique réalisée en 2012, à partir des données d’un vaste sondage téléphonique, la majorité des propriétaires forestiers du Québec ont exprimé leur volonté d’aménager leurs lots boisés dans le respect des règles de la sylviculture.

Selon une étude sociologique réalisée en 2012, à partir des données d’un vaste sondage téléphonique, la majorité des propriétaires forestiers du Québec ont exprimé leur volonté d’aménager leurs lots boisés dans le respect des règles de la sylviculture.

Photo: Guy Lavoie

5 Juil. 2013
Claude Morin

Selon une étude sociologique réalisée en 2012, à partir des données d’un vaste sondage téléphonique, la majorité des propriétaires forestiers du Québec ont exprimé leur volonté d’aménager leurs lots boisés dans le respect des règles de la sylviculture.

« À cet égard, la comparaison des enquêtes de 1973, 1985 et 2012 montre que les propriétaires sont très actifs dans la gestion de leurs boisés puisque plus de 80 % d’entre eux y récoltent du bois et plus du tiers y réalise d’autres travaux d’aménagement forestier », observent les co-auteurs MARCANDRÉ CÔTÉ, directeur général de la Fédération des producteurs forestiers du Québec, DIANE GILBERT, directrice des Enquêtes et recensements du Groupe AGÉCO et SOLANGE NADEAU, sociologue forestière à Ressources naturelles Canada.

Évolution des motivations sur quatre décennies

La comparaison des trois enquêtes, réalisées sur une période de quarante ans, montre des motivations semblables d’une époque à l’autre, avec une croissance fort significative des notions de plaisir à posséder un lot boisé et des activités récréatives que l’on y associe. Cette dernière motivation fait un bond spectaculaire de 9 % en 1973 à 84 % en 2012. (Voir Tableau : Évolution des motivations en 40 ans). « Ainsi, l’investissement, le plaisir et la récréation liés au boisé, la possibilité de générer un revenu d’appoint sont trois sources de motivation importantes pour les propriétaires forestiers, notent les auteurs.

Toutefois, le poids associé à chacune de ces motivations a évolué dans le temps. L’évolution des moeurs de la société québécoise au cours des quarante dernières années peut expliquer la hausse marquée des motivations liées au plaisir de détenir un boisé. » Au Québec, 59 % des propriétaires de lots boisés détiennent un plan d’aménagement forestier comparativement à 4 % aux États- Unis, 13 % au Nouveau-Brunswick et 13 % à l’Île-du-Prince-Édouard. Les auteurs de l’étude notent que la popularité des plans d’aménagement auprès des propriétaires québécois est de loin supérieure à ce qui est observé dans les autres juridictions. « La popularité des plans d’aménagement au Québec est vraisemblablement liée au fait qu’ils sont une exigence pour participer aux programmes gouvernementaux liés à la forêt privée », remarquent- ils.

Au Québec, au cours des cinq dernières années, une moyenne provinciale de 39 % des propriétaires forestiers a bénéficié d’une aide financière gouvernementale ou d’une agence régionale de mise en valeur des forêts privées pour réaliser des travaux d’aménagement forestier. Les proportions varient selon les régions : 68 % au Bas- Saint-Laurent, 43 % en Mauricie, 41 % au Saguenay et 46 % en Estrie.

Les programmes à frais partagés

« (…) les programmes de soutien financier à frais partagés demeurent un puissant outil pour influencer la nature des projets chez les propriétaires forestiers, constatent les auteurs de l’enquête. Les programmes disponibles atteignent d’ailleurs leur cible avec des taux de participation élevés. Ces programmes permettent d’effectuer un transfert de connaissance auprès des propriétaires forestiers pour que leurs interventions dans leurs boisés se fassent selon les règles de l’art sylvicole.

La présence d’un ingénieur forestier aux phases de planification, de réalisation ou de vérification permet ainsi d’améliorer la qualité des travaux réalisés selon les plus récentes connaissances forestières », mentionnent les chercheurs parmi les conclusions de leur étude. Certaines raisons sont alléguées par les propriétaires de lots boisés pour ne pas utiliser les programmes de soutien financier à l’aménagement forestier au Québec. La préférence de faire les choses à sa façon et d’être seul à décider arrive au premier rang des justifications (63 %). Les autres arguments invoqués : la méconnaissance de l’existence de ces programmes (27 %), l’aspect compliqué des programmes (20 %) et l’épuisement des budgets (8 %).

Fréquence des visites et durée de possession

La compilation des données du sondage téléphonique révèle d’autres éléments intéressants. Ainsi, les propriétaires forestiers québécois se rendent régulièrement sur leurs lots boisés au cours d’une année. La grande majorité d’entre eux y effectuent des visites plusieurs fois (93 %), contre une seule fois (4,3 %) et moins d’une fois (2,3 %) par année.

Les propriétaires forestiers québécois détiennent leurs lots, en moyenne, plus longtemps que ceux des provinces voisines du Nouveau-Brunswick et de l’Îledu- Prince-Édouard. Plus de la moitié des propriétaires sondés au Québec détiennent leurs lots durant une période de plus de vingt (20) ans. Si on prend en compte la période de 11 à 20 ans, les trois quarts des détenteurs de lots québécois les conservent au moins pendant une décennie. « (…) les trois enquêtes ayant analysé l’impact de la dimension des boisés sur les motivations des propriétaires ont noté des différences quant à l’importance relative des motivations en fonction de la taille des boisés; les motivations économiques gagnant en importance avec la dimension des boisés ».

Enfin, les propriétaires forestiers semblent dénicher les informations qui les intéressent auprès de plusieurs sources distinctes. « Selon les données du sondage, l’information forestière acquise par les propriétaires de lots boisés provient des journaux et des revues (70 % des répondants), de la formation d’un jour (69 %), de leurs conseillers forestiers (67%), de leurs proches (47 %) et d’Internet (43 %). De plus, 86 % des détenteurs d’un plan d’aménagement forestier le jugent utile pour planifier leurs travaux ». Les résultats de cette vaste enquête s’intitulent : Caractérisation des profils, des motivations et des comportements des propriétaires forestiers québécois par territoire d’agence régionale de mise en valeur des forêts privées. L’étude en question a été réalisée pour le compte des Agences régionales de mise en valeur des forêts privées et du ministère des Ressources naturelles du Québec par la Fédération des producteurs forestiers du Québec, le groupe AGÉCO et Ressources naturelles Canada, en novembre 2012.