Pépinière Sargim et Coopérative Serres et Pépinières Girardville

Le travail en pépinière

La température est un des éléments avec lequel les pépinières doivent constamment composer. «Au printemps lorsque les plants ont commencé à pousser, il faut vérifier si l’on prévoit de la gelée parce qu’il faut alors les rentrer la nuit pour les arroser», décrit Denis Bujold.

La température est un des éléments avec lequel les pépinières doivent constamment composer. «Au printemps lorsque les plants ont commencé à pousser, il faut vérifier si l’on prévoit de la gelée parce qu’il faut alors les rentrer la nuit pour les arroser», décrit Denis Bujold.

photo: Guy Lavoie

29 Jan. 2015

L’année 2014 a somme toute été bonne dans les pépinières. Le Monde Forestier a parlé à DENIS BUJOLD de Sargim et à NANCY TANGUAY de la Coopérative Serres et Pépinières Girardville pour en savoir plus sur leur travail.

Marie-Claude Boileau

Après avoir connu une diminution dans ses contrats en 2012, le taux tend à grimper pour Sargim. «Il y a deux ans, nous avons baissé à 67% de notre capacité, soit notre pourcentage le plus bas des dernières années. L’an passé, nous avons monté à 70% et actuellement, nous sommes à 73%», informe Denis Bujold, directeur général de la pépinière basée à New Richmond, et qui détient aussi la Pépinière Baie-des-Chaleurs à Paspébiac.

Cette augmentation est due à l’arrivée de la tordeuse des épinettes. «Cet insecte a fait de méchants dégâts surtout sur la Côte-Nord et dans le Bas-Saint-Laurent. Présentement, elle est dans le nord de la Gaspésie. Ça nous indique qu’on devrait augmenter le reboisement», fait-il savoir. Le passage de l’ouragan Arthur en juillet 2014 dans la Baie-des-Chaleurs haussera également le taux de production d’ici deux ans.

Du côté de la Coopérative Serres et Pépinières Girardville, la directrice générale Nancy Tanguay dresse un bilan positif. «Nous avons ensemencé un peu plus de mètres carrés qu’en 2013. Nous avons aussi connu une bonne saison de livraison parce que nous avons eu un bon hiver. C’est la neige qui isole les plants et qui va les protéger», indique-t-elle.

Précisons que Sargim, la Pépinière Baie-des-Chaleurs et la Coopérative Serres et Pépinières Girardville font partie des 13 pépinières privées au Québec. La majorité de ces entreprises privées spécialisées dans la production de plants forestiers ont été mises sur pied au début des années 1980, lors de la mise en place du programme intensif de reboisement.

Depuis mars 2002, ces entreprises sont regroupées à l’intérieur de l’Office des producteurs de plants forestiers du Québec (OPPFQ). Le ministère des Forêts est tenu de négocier les prix pour le paiement des plants forestiers produits par les producteurs membres de l’OPPFQ, dans le cadre du Plan conjoint des producteurs de plants forestiers du Québec.

Le ministère des Forêts est le principal client de ces pépinières. Un contrat a une durée de deux ans. M. Bujold explique que les semences sont données par le ministère. «Ils nous fournissent les récipients et nous, nous achetons les intrants, c’est-à-dire la vermiculite et les engrais. Les plants passent un peu plus de deux saisons avec nous, puis ils sont redonnés à l’an 3 aux reboiseurs», détaille-t-il.

Le travail des pépiniéristes commence un mois avant le début du printemps. «On met les plants sous des tunnels, c’est-à-dire des toiles de plastique. À l’automne, lorsque les premières gelées arrivent, on met les plants à l’intérieur que l’on doit surveiller afin qu’ils ne prennent pas froid. Nous travaillons avec des cédules de fertilisation, d’engrais, etc. Mais si jamais nous sommes pris avec un mois de mauvais temps, nous devons tout réajuster», mentionne-t-il.

Composer avec Dame Nature

La température est un des éléments avec lequel ils doivent constamment composer. «À certaines occasions, il y a des gens qui travaillent la fin de semaine au cas où il ferait trop chaud. Ils doivent alors faire des ouvertures dans les tunnels. Si c’est plus chaud que l’on veut, il faut arroser pour abaisser la température. Il y a les vents aussi. Quand Arthur a frappé, il a fallu enlever le plastique d’un tunnel parce qu’il était en train d’arracher.

Au printemps lorsque les plants ont commencé à pousser, il faut vérifier si l’on prévoit de la gelée parce qu’il faut alors les rentrer la nuit pour les arroser», décrit Denis Bujold. Outre les caprices de Dame Nature, les pépinières doivent respecter un certain nombre de normes. En tout, elles en ont 25 à respecter. «Qu’il fasse beau ou non, chaud ou froid, il faut continuer à les respecter. Il s’agit de normes de hauteur, de diamètre ou si le plant est droit ou courbé. C’est assez pointu. Notre défi est de travailler avec la nature tout en respectant les normes», indique le directeur général de Sargim.

Main-d’oeuvre

Un autre défi pour les pépinières est la main-d’œuvre. La saison est courte pour les tra-vailleurs, soit 18 semaines par année. À Sargim, on compte sur 25 employés alors qu’à Baie-des-Chaleurs, ils sont 30. «La moyenne d’âge, entre 45 et 50 ans, est élevée. On a un noyau qui revient. On engage toujours entre 5 et 10 employés durant 4 à 5 semaines au printemps», note M. Bujold.

Pour Girardville, 60 personnes travaillent à la coopérative durant la saison forte. Ici, ce sont les étudiants qui entrent en scène. «Les universitaires finissent à la mi-avril, les cégépiens en mai et les élèves du secondaire en juin ce qui est idéal pour nous. Et on arrête lorsque l’école recommence. C’est parfait pour les deux», lance Mme Tanguay. Notons qu’il n’existe pas de formation propre au travail en serres. Ce sont les pépinières qui forment leur main-d’œuvre. Les domaines agricoles et forestiers n’étant pas séduisants pour les jeunes, le recrutement est difficile.