Congrès OIFQ

Les ingénieurs forestiers posent un regard neuf sur la forêt feuillue

Une partie de l’équipe d’ingénieurs forestiers du Ministère des Ressources Naturelles du Québec qui ont œuvrés sur le Guide sylvicole lors de son lancement officiel , au Congrès de l’OIFQ.

Une partie de l’équipe d’ingénieurs forestiers du Ministère des Ressources Naturelles du Québec qui ont œuvrés sur le Guide sylvicole lors de son lancement officiel , au Congrès de l’OIFQ.

Photo: courtoisie OIFQ

8 Nov. 2013
François-Hugues Bernier

L’Ordre des ingénieurs forestiers du Québec (OIFQ) a tenu son congrès annuel les 10, 11 et 12 septembre dernier, à l’Hôtel Château Cartier de Gatineau, dans la belle région de l’Outaouais. Ce lieu constituait une vitrine exceptionnelle pour le 92e congrès de l’OIFQ, qui avait pour thème : «Revisiter ses perceptions : un regard neuf sur la forêt feuillue». Par cette thématique, l’OIFQ désirait faire connaître la forêt feuillue de 2013; ce qui s’y passe, son potentiel, sa gestion, son aménagement, ses enjeux, son économie et ses défis.

Durant la première journée du Congrès, les participants ont eu l’opportunité de faire deux visites terrain ; la première, dans la région de Fort-Coulonge, dans le Pontiac, pour apprécier des travaux d’aménagement du chêne rouge et du pin blanc, deux essences très importantes pour la région de l’Outaouais.

La deuxième visite avait pour objectif de faire connaître l’histoire forestière de la région de l’Outaouais. En compagnie de deux historiens passionnés, les participants ont pu découvrir 200 ans d’histoire de la région. Après les visites, tous les congressistes étaient conviés au BBQ d’ouverture, sous le grand chapiteau, dans la cour de l’Hôtel Château Cartier. Le 11 septembre au matin, après les mots d’ouverture et de bienvenue d’usage de la part du président de l’Ordre, M. DENIS VILLENEUVE, ing.f., du président du Comité organisateur du Congrès, M. GILLES COUTURIER, ing.f., et de la présidente de la Conférence régionale des Élus de l’Outaouais, Mme PAULETTE LALANDE; la série de conférences a alors débuté et s’est poursuivie jusqu’au jeudi 12 septembre, en après-midi. En tout, c’est une vingtaine de conférenciers, du Québec et des États-Unis, qui ont abordé une multitude de sujets portant sur la forêt feuillue. Toutes ces conférences ont permis de mesurer l’ampleur du défi que constitue l’aménagement durable de la forêt feuillue québécoise pour les ingénieurs forestiers qui y oeuvrent.

En effet, cet écosystème à la fois complexe et unique constitue un réservoir de ressources permettant un important développement économique, tout en constituant un milieu naturel à conserver. Pour vous y familiariser, vous pouvez retrouver toutes les présentations des conférenciers à partir du site Internet de l’OIFQ.

L’OIFQ avait également invité des conférenciers qui ont abordé le « savoir-être » de l’ingénieur forestier, notamment madame NICOLE CHARRON, de l’Institut canadien pour la résolution de conflits et madame DIANE GIRARD, une consultante en éthique professionnelle. Madame Charron nous a permis de bien mettre la table sur la notion de perception. Appuyée d’une vidéo produite par l’ingénieur forestier VINCENT BARRETTE, montrant une situation de conflit entre un forestier et une écologiste qui apprend que la forêt fera l’objet d’une coupe partielle, madame Charron a été en mesure de nous expliquer quoi faire quand nos perceptions cachent notre compréhension de la réalité ou notre capacité d’une vision commune, comment déceler la résistance et travailler avec elle quand nos perceptions diffèrent de celles de nos interlocuteurs, et enfin, qui des parties en présence, doit s’ajuster et comment. Cette conférence a été pour plusieurs le coup de coeur du congrès, et ce, à plusieurs égards. Madame Charron venait de donner une couleur et une saveur à ce congrès qui se sont reflétées d’ailleurs sur toute la suite de l’événement. C’était une belle préparation pour entendre le point de vue du grand chef de la communauté algonquine de Kitigan Zibi, monsieur GILBERT WHITEDUCK, ainsi que celui du président de Lauzon Industries, monsieur DAVID LAUZON. Madame Girard, pour sa part, a présenté une conférence portant sur un sujet brûlant d’actualité et qui concerne tous les professionnels, à savoir : Comment s’assurer d’une pratique professionnelle empreinte d’éthique. Cette consultante en éthique professionnelle ne faisait pas partie du cercle des forestiers.

On ne peut passer sous silence le fait que le congrès de l’OIFQ était également le lieu qu’a choisi le ministère des Ressources naturelles du Québec pour lancer les Tomes 1 et 2 du Guide sylvicole du Québec, un ouvrage colossal qui s’inscrit dans le contexte de mise en oeuvre du nouveau régime forestier québécois. Ce Guide deviendra, d’ailleurs, un outil de référence pour tous les ingénieurs forestiers du Québec. Enfin, l’OIFQ a profité de la soirée du 11 septembre, dans le cadre du Banquet du président, pour remettre ses distinctions annuelles.

La « Médaille de l’Ordre » a été remise à madame FRANCINE DORION, ing.f., qui, par ses qualités personnelles et ses différentes réalisations, aura marqué de façon significative l’avancement et le rayonnement de la profession, et ce, tout au long de sa carrière. C’est l’ingénieur forestier et professeur à la Faculté de foresterie, de géographie et de géomatique de l’Université Laval, monsieur LUC LEBEL, qui s’est vu décerner le titre d’« Ingénieur forestier de l’année », afin de souligner sa contribution exceptionnelle au développement et à la promotion de la profession d’ingénieur forestier et d’avoir accompli un acte méritoire remarquable dans les sphères d’activité de la profession au cours des 24 derniers mois.

Enfin, c’est monsieur PIERRE-MAURICE GAGNON, le président de la Fédération des producteurs forestiers du Québec, qui s’est vu décerner la « Distinction Henri-Gustave- Joly-de-Lotbinière ». Cette distinction est remise à une personne extérieure à la profession dont les actions auront fait progresser la cause forestière et contribué à l’avancement et au rayonnement de la profession. Dans le cadre d’un déjeunerconférence offert par la Commission régionale sur les ressources naturelles et le territoire de l’Outaouais (CRRNTO), le jeudi 12 septembre, les ingénieurs forestiers présents ont eu l’opportunité de visionner les courts métrages documentaires de 5 jeunes cinéastes de la région de l’Outaouais qui ont participé au concours Course destination forêt 2013, sous le thème : « La forêt, TA matière première ». Quatre d’entre eux étaient d’ailleurs présents au déjeuner pour présenter leur oeuvre, au grand plaisir des congressistes. En plus d’avoir la chance de visionner les vidéos, les ingénieurs forestiers ont pu voter pour leur film préféré. Ces résultats seront compilés et le jeune cinéaste qui aura reçu le plus de votes, remportera le « Prix Coup de coeur des ingénieurs forestiers », associé d’une bourse de 500 $, offerte par l’OIFQ. On comprend que ce prix s’ajoutera à tous les autres prix offerts dans le cadre du concours, notamment le grand prix du jury. Les noms des grands gagnants seront dévoilés lors du Gala de remise de prix, à la Maison de la Culture de Gatineau, le 26 novembre 2013.