Les Serres Belle-de-jour optent pour la biomasse forestière

« En utilisant la biomasse forestière bien présente dans notre région, on contribue à créer des emplois, à diminuer les gaz à effet de serre et en plus, on valorise les cendres de la combustion qui seront utilisées comme engrais sur des terres agricoles et pourront même servir dans mes recettes de terreau », dit avec enthousiasme, Mario Beaumont, directeur général de la Coopérative de travailleurs Les Serres Belle-dejour de Saint-Nazaire dans la MRC du Lac-Saint-Jean-Est.

« En utilisant la biomasse forestière bien présente dans notre région, on contribue à créer des emplois, à diminuer les gaz à effet de serre et en plus, on valorise les cendres de la combustion qui seront utilisées comme engrais sur des terres agricoles et pourront même servir dans mes recettes de terreau », dit avec enthousiasme, Mario Beaumont, directeur général de la Coopérative de travailleurs Les Serres Belle-dejour de Saint-Nazaire dans la MRC du Lac-Saint-Jean-Est.

Photo: courtoisie

14 Nov. 2013
Claude Morin

« En utilisant la biomasse forestière bien présente dans notre région, on contribue à créer des emplois, à diminuer les gaz à effet de serre et en plus, on valorise les cendres de la combustion qui seront utilisées comme engrais sur des terres agricoles et pourront même servir dans mes recettes de terreau », dit avec enthousiasme, Mario Beaumont, directeur général de la Coopérative de travailleurs Les Serres Belle-dejour de Saint-Nazaire dans la MRC du Lac-Saint-Jean-Est.

Économie et efficacité

« Les Serres Belle-de-jour ont l’avantage d’être situées à proximité de leurs sources d’approvisionnement en biomasse forestière; elles sont directement dans le jardin, constate JEAN GOBEIL, coordonnateur du projet de chauffage à la biomasse. Il y a une économie d’abord par rapport à l’achat du combustible qui était surtout constitué de mazout lourd; après cela, on améliore la qualité de la distribution et du contrôle du climat de serre. En ayant un meilleur équilibre dans la distribution de la chaleur, le producteur évite de surchauffer, à certains moments. Le chauffage sera plus régulier, donc plus uniforme dans les serres », explique-t-il. La production de poinsettias ou de concombres nécessite le maintien de la température à 21 degrés Celsius la nuit, à l’intérieur des serres. « En terme de superficie, les 57 serres forment une surface de près de deux hectares. Il ne faut pas oublier que Saint-Nazaire est une municipalité voisine d’Alma, une région un peu plus froide que le sud du Québec. La nouvelle chaudière à la biomasse équivaut en puissance aux trois chaudières au mazout qui demeureront fonctionnelles pour suppléer, si nécessaire », précise Jean Gobeil. « Pour nous, la chaudière installée aux Serres-Belle-dejour représente la plus grosse que nous ayons livrée jusqu’à présent, au Québec, avec ses 3 500 kilowatts de puissance. Cela devient un bel exemple du savoir-faire qui s’est développé ces dernières années dans le chauffage à la bio- masse forestière », retient DENIS BELLEAU de la firme Beloteq de Saint-Nicolas, fournisseur de la chaudière. « La beauté des systèmes qu’on installe aujourd’hui, c’est bien loin des poêles à bois traditionnels ou des fournaises à bois de nos grands-pères. Nous sommes à l’époque des appareils sophistiqués et contrôlés par ordinateur. Leur performance est continuellement vérifiée : le taux d’oxygène rejeté dans l’air est analysé pour s’assurer que la chaudière demeure en deçà des normes environnementales pour produire une énergie verte et propre », fait valoir Denis Belleau.

Expertise et proximité de l’approvisionnement

« Nous avons signé une entente de 4 mille 600 tonnes par année, ce qui correspond à leurs besoins. Nous serons en mesure de leur fournir les copeaux de biomasse, selon leurs spécifications », dit ALAIN PARADIS, directeur général de la Coopérative forestière Petit-Paris de Saint-Ludger-de-Milot. « Avec la chaufferie va l’alimentation, c’est-à-dire tout le traitement de la biomasse dont l’entreposage de la biomasse récoltée. On la met en copeaux dans notre centre de conditionnement où on la fait sécher. À partir de cet endroit, on approvisionne notre propre chaufferie et nous sommes en mesure de fournir d’autres clients comme Les Serres Belle-de-jour », explique Alain Paradis. La filiale Énergie-Milot de la Coopérative forestière Petit-Paris a pris la responsabilité des dossiers énergétiques dont la chaudière à la biomasse de la coop et trois commerces. « Un rayon de 60 kilomètres pour s’approvisionner en biomasse forestière est considéré comme la distance optimale. Les parcours de 60 à 100 kilomètres demeurent rentables par rapport à l’énergie fossile, mais 60 kilomètres et moins composent la meilleure équation », soutient le coordonnateur du projet de chauffage des Serres Belle-de-jour, Jean Gobeil. « Comme les plantes transpirent, il faut contrôler le taux d’humidité par l’apport de chaleur pour assécher l’air afin d’éviter la propagation de maladies. Ce genre de production de fleurs annuelles et de légumes nécessite donc, même en juin, juillet et août un peu de chaleur et également lors des nuits fraîches. Il s’agit du cinquième projet que l’on réalise auprès des producteurs en serres depuis 2010, selon ce modèle qui tient compte de la réserve d’accumulation d’eau et de sa distribution dans les serres », souligne-t-il.

Soutien gouvernemental

Les Serres Belle-de-jour de Saint-Nazaire ont bénéficié d’une aide financière de l’ordre d’un million de dollars sur ce projet évalué à 1,8 million $, en provenance du Programme de réduction de la consommation de mazout lourd, à la fin du mois de décembre 2012. « Je suis un peu inquiet face à l’avenir. Le Bureau d’efficacité énergétique n’a pas été en mesure de soutenir la réalisation de nouveaux projets en 2013. C’est malheureux parce que les sommes investies par le gouvernement dans la filière du chauffage à la biomasse forestière sont particulièrement créatrices d’emplois et favorisent l’usage d’une énergie verte », fait remarquer Jean Gobeil. « La seule chose que l’on doit dire à nos élus et à notre gouvernement, c’est que, sans les subventions du Bureau de l’efficacité énergétique, il devient à peu près impossible d’intéresser quelqu’un à s’investir sans aide gouvernementale dans de tels projets de conversion », ajoute Alain Paradis, de la Coopérative forestière Petit-Paris. Le directeur général de la Coopérative de travailleurs des Serres Belle-de-jour, MARIO BEAUMONT le confirme : « Pour réaliser un projet de cette ampleur, c’est certain qu’une aide gouvernementale est nécessaire parce que dans le marché des fleurs, il n’est pas possible de refiler la facture aux consommateurs. D’autant plus que je considère que le projet qu’on vient de réaliser ici à Saint-Nazaire peut avoir une valeur d’exemple pour plusieurs autres dans les diverses régions du Québec », mentionnet- il. Les Serres Belle-de-jour représentent le plus grand complexe de serres de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean et embauchent 55 personnes pour oeuvrer à la production de fleurs annuelles (130 mille jardinières), de vivaces et de légumes, principalement une importante production de concombres anglais et libanais. Fondée en 1994, l’entreprise est constituée d’une coopérative de travailleurs de sept membres et dessert principalement des marchés de grande surface de Québec, Drummondville et ville Saguenay.