Filière biomasse forestière en Abitibi

Biomasse: l’exemple français

Une délégation regroupant 12 acteurs de divers domaines socio-économiques est tout juste de retour d’une mission organisée par la Société d’aide au développement des collectivités (SADC) d’Abitibi-Ouest et le Comité de la Filière biomasse.

Une délégation regroupant 12 acteurs de divers domaines socio-économiques est tout juste de retour d’une mission organisée par la Société d’aide au développement des collectivités (SADC) d’Abitibi-Ouest et le Comité de la Filière biomasse.

Photo: courtoisie

30 Avr. 2013
Karine Provost

Une délégation regroupant 12 acteurs de divers domaines socio-économiques est tout juste de retour d’une mission organisée par la Société d’aide au développement des collectivités (SADC) d’Abitibi-Ouest et le Comité de la Filière biomasse.

THÉRÈSE GRENIER, directrice générale de la SADC d’Abitibi-Ouest, a pris part à ce voyage et en est revenue très enthousiasmée. «À la suite de cette mission, nous estimons avoir pris une avance de trois années en terme de développement de la Filière biomasse. Nous avons pu observer comment s’étaient organisées la prise en charge et les relations d’affaires du milieu ainsi que le type de technologies utilisées dans les projets à caractère énergétique.»

Des années de préparation

Loin d’être improvisée, l’organisation de cette mission a été soigneusement réfléchie et ciblée. En 2010, un comité multisectoriel avait été mis sur pied afin de trouver des utilisations aux différents types de résidus forestiers. Rapidement, le comité a cerné l’importance d’avoir une vision globale des enjeux énergétiques et de développer la filière biomasse forestière au sens large en visant deux objectifs : la réduction des gaz à effet de serre et l’utilisation de la biomasse forestière à des fins de production énergétiques. Pour y arriver, les intervenants avaient besoin de dresser le portrait énergétique de l’Abitibi- Ouest. Mme Grenier: «Afin de connaître précisément notre profil de consommation, nous avons réalisé le portrait énergétique de notre région selon les secteurs d’activités : institutionnel, commercial, industriel, résidentiel, agricole et municipal. Par la suite, nous avons évalué le potentiel de production d’énergie à la base de différentes ressources renouvelables qui permettraient de substituer les énergies fossiles. Grâce aux résultats de l’étude, nous avons été en mesure de prioriser les filières énergétiques les plus prometteuses. La biomasse est très intéressante puisqu’elle est présente en grande quantité sur notre territoire.»

Mais comment donc amorcer le virage vert et dire «bye bye» au pétrole d’ici 2030? En s’inspirant de modèles existants. «La commune du Mené présentait un endroit idéal puisque l’environnement est semblable à notre région et qu’elle s’est dotée d’objectifs similaires en termes de l’utilisation d’énergies vertes», mentionne Mme Grenier. Fait intéressant: La communauté dse communes du Mené ne poursuit rien de moins qu’un objectif d’utilisation de 100% d’énergies renouvelables d’ici 2020.

Les faits saillants de la mission

Entre le 16 et le 23 mars dernier, les participants se sont rendus dans les communautés de commune du Mené et de Nantes. Mme Grenier: «L’objectif principal de notre visite au Mené était de comprendre comment s’étaient organisées la dynamique et la structure de fonctionnement entre les différents intervenants régionaux. Pour nous, l’adhérence régionale au développement de la Filière biomasse représente un défi important que nous devons relever pour assurer l’atteinte de nos objectifs.»

La délégation a pu se familiariser avec un modèle intéressant qui tend à favoriser le développement de l’entrepreneuriat, le club CIGALE (Clubs d’Investisseurs pour une Gestion Alternative et Locale de l’Épargne). Cette structure permet l’accès à un capital de risque au service des micro-entrepreneurs à l’échelle locale. Mme Grenier explique : «Les membres investissent des petits montants et participent au capital des PME en création ou en développement. Plusieurs investisseurs se sont révélés être des jeunes de la place qui veulent prendre part activement au développement économique de leur milieu.»

La délégation a également eu la chance de voir des projets existants de production d’énergies vertes tels que la chaufferie d’un centre communautaire à la biomasse forestière, des panneaux solaires installés sur les toits de ferme et le procédé de biométhanisation. Par la suite, les délégués ont participé au Salon Bois Énergie de Nantes afin d’y observer les plus récentes innovations technologiques en termes d’énergies vertes et ont eu droit à plusieurs visites guidées d’entreprises organisées par l’Union de la Coopérative Forestière Française.

Et qu’en est-il de la forêt?

Annoncé en grande pompe en 2009, le plan d’action gouvernemental de valorisation de la biomasse forestière n’a peut-être pas encore été à la hauteur des espérances de toutes les régions forestières du Québec. Pourtant, la directrice générale est claire sur l’objectif et la viabilité des énergies vertes à partir de biomasse forestière pour l’Abitibi-Ouest. «Plusieurs projets de récupération en forêt de biomasse forestière sont en cours présentement dans notre région. De plus, nous avons observé de nouveaux équipements moins énergivores au Salon qui pourraient s’avérer intéressants dans la réalisation de plusieurs autres types de projets», laisse entendre Mme Grenier. Mentionnons également que plusieurs intervenants forestiers siègent sur le comité de la Filière biomasse et qu’un représentant de la Coopérative forestière du Nord-Ouest (CFNO) et de l’entreprise Foresterie Kekeko étaient de la mission en France.