Association des producteurs de copeaux de bois du Québec

Marc Gilbert, nouveau pdg

«Notre rôle est de défendre l’intérêt de nos membres au niveau de la promotion et la vente de leurs sous produits» - Marc Gilbert

«Notre rôle est de défendre l’intérêt de nos membres au niveau de la promotion et la vente de leurs sous produits» - Marc Gilbert

Photo: Guy Lavoie

14 Jan. 2014
Louis-Antoine Lemire

Marc Gilbert est le nouveau président-directeur général de l’Association des producteurs de copeaux de bois du Québec (APCQ), Le Monde forestier s’est entretenu avec lui pour discuter de ce nouveau défi qui se présente dans sa carrière.

L’homme de 65 ans a travaillé pendant plus d’une décennie dans les services gouvernementaux. Il a, entre autres, été à l’emploi du député YVES BÉRUBÉ. Par la suite, il a travaillé pendant 30 ans dans le monde de l’industrie forestière à Sacré-Coeur. De 1981 à 1997, il a été le directeur général d’une usine de sciage de bois d’oeuvre résineux. De 1999 à 2004, il a agi en tant que directeur général de Sacopan, qui se spécialisait dans la fabrication de panneaux de portes moulés décoratifs. Selon lui, cette manufacture était unique au Canada. «Nous sommes devenus une référence mondiale dans la fabrication de panneaux», assure MARC GILBERT.

Un an plus tard, il est devenu président de Bersaco, une usine de fabrication de composantes de palettes de bois feuillus. Durant ces années, il occupait aussi le poste de président et chef de la direction de Boisaco inc. Il a également siégé sur différents conseils d’administration ou comités aviseurs, dont celui du CIFQ de 2006 à 2011 et de l’APCQ de 1986 à 1997. Sans oublier son implication à titre de représentant du secteur forestier à la Table des partenaires du Plan Nord du gouvernement du Québec de 2009 à 2011. «Après avoir gravité dans le domaine du feuillu, du résineux et du panneau, j’ai pu connaître les deux côtés de la médaille en étant au fait des contraintes gouvernementales et de l’industrie», a-t-il souligné. Ce dernier croit que le fait d’avoir touché à différents domaines lui a permis de bien saisir la dynamique qui anime chaque entité.

Défi

Celui qui était prêt à de prendre sa retraite a décidé d’accepter ce nouveau défi, car il avait la conviction qu’il pouvait encore aider l’industrie. Il mentionne qu’il a des idées à défendre et les membres du conseil d’administration sont à l’aise avec sa vision. «L’association prend une nouvelle orientation qui laisse présager de bonnes choses», a remarqué M. Gilbert. Son rôle sera de représenter les scieries indépendantes qui produisent des copeaux. Ces gens-là ont des préoccupations qui sont différentes des scieries intégrées. Ils ne sont pas toujours à l’aise d’exprimer certaines nuances à l’intérieur du Conseil de l’industrie forestière, a expliqué M. Gilbert.

Il affirme que les scieries indépendantes veulent être représentées par un autre regroupement lorsqu’arrive le temps de parler de la vente des sous-produits. «Notre rôle est de défendre l’intérêt de nos membres au niveau de la promotion et la vente de leurs sous produits», a-til expliqué. Selon lui, une bonne partie de leurs membres sont affaiblis et ont plié bagage, tandis que d’autres ont subi des pertes énormes. «La crise forestière a été néfaste pour plusieurs. Certains de nos membres ont dû prendre des arrangements avec les créanciers », de dire M. Gilbert. Il mentionne qu’auparavant, les copeaux pouvaient être vendus 150 $ la tonne. À ce prix, certains individus pouvaient faire de l’argent, dit-il. «L’industrie se battait pour avoir des approvisionnements. Elle était prête à ramasser tous les petits arbres et le bois mort qu’elle transformait en copeaux», a souligné M. Gilbert. Aujourd’hui, il y a environ 4 milliards de pieds bois de sciés et il n’y a pas un industrie qui manque de copeaux, a fait valoir M. Gilbert. Selon lui, l’industrie du sciage marche au deux tiers de sa capacité. «L’objectif est de trouver une manière de relancer nos opérations», pense-t-il.

Changement

Pour faire bouger les choses, il croit que la politique «bon bois pour la bonne usine pour le bon usage» doit être mise en place à la grandeur du Québec. Selon lui, cette mesure pourrait sortir du marché un paquet de copeaux que les entreprises vendent à perte. De cette façon, les usines du sud consommeraient le bois de la forêt privée et le bois américain.

Également, cette mesure ferait en sorte que l’opérateur de machine n’aurait plus besoin de s’attarder sur les petits arbres, analyse M. Gilbert. «Nous laisserions tous les bois qui ont une valeur négative sur le marché.» Il croit que tout le monde y gagnerait si les opérations se faisaient intelligemment. Il souhaite qu’une nouvelle approche collective soit implantée. De plus, il désire prouver au gouvernement que l’industrie n’abuserait pas du système en ne ramassant que la crème de la crème dans la forêt. «Ce serait contre la nature des industries qui veulent faire de l’argent que de laisser 1 m3 sur le terrain avec lequel ils pourraient faire des profits», certifie-t-il. En conclusion, il souligne qu’il veut trouver des débouchés pour les copeaux de bois. Également, il aimerait que les coupes qui sont problématiques soient remplacées par des coupes adaptées au milieu.