Matériaux Blanchet : 60 ans en affaires

De gauche à droite, Nathalie Gallant, Patrick LeBlanc et Emmanuel Forget.

De gauche à droite, Nathalie Gallant, Patrick LeBlanc et Emmanuel Forget.

Photo: Guy Lavoie

29 Nov. 2018

C’est en 1958 que JOS-H. BLANCHET fonde l’entreprise Matériaux Blanchet. Les opérations débutent à la scierie de Saint-Pamphile plus précisément en avril de cette même année. En 2018 l’entreprise est bien vivante et elle continue sa modernisation. Matériaux Blanchet dispose de trois places d’affaires. Une première scierie à Saint-Pamphile en Chaudière-Appalaches, une seconde à Amos en Abitibi et son siège social à L’Ancienne-Lorette d’où opère le bureau des ventes et d’administration.

Guy Lavoie

Le fondateur de l’entreprise possédait une bonne connaissance de l’industrie du bois avant de se lancer dans l’aventure. Il œuvrait depuis une vingtaine d’années comme entrepreneur dans le bois destiné aux pâtes et papiers. Dès 1969 les installations qui dataient de 11 ans sont modernisées et on réorganise l’usine de sciage. Quelques années plus tard, en 1972, la compagnie acquiert une nouvelle usine à Amos. Celle-ci sera relocalisée et reconstruite quatre ans plus tard en périphérie de la ville.

En 1977, le fondateur passe le flambeau à un nouveau groupe : NOËL ANCTIL, ANDRÉ GAUTHIER, DENIS BLANCHET, ROSAIRE DUBÉ et ANDRÉ BLANCHET. Il s’agit d’un groupe de cadres supérieurs de l’entreprise qui souhaitent donner un nouvel essor à l’organisation. Comme le précise un document de l’entreprise : « un groupe de fiers et vaillants entrepreneurs qui ont su garder Matériaux Blanchet au sommet de l’excellence. » Ils ont aussi su se répartir efficacement les tâches.

Les années s’écoulent et Noël Anctil se retire tandis qu’André Blanchet rend l’âme. Au fil du temps Rosaire Dubé a pris en charge l’usine d’Amos, Denis Blanchet celle de Saint-Pamphile et André Gauthier la gestion du bureau de Québec pour les ventes et la comptabilité. Ces trois derniers investisseurs sont à la barre de l’entreprise jusqu’en 2015, année marquante pour l’entreprise, car elle passe aux mains de la famille Carrier.

Une famille originaire de la Beauce qui est depuis plusieurs années installée à Jackman dans le Maine. Encore une fois, des forestiers d’expérience qui travaillent dans le domaine de l’exploitation forestière et du sciage depuis plus de 50 ans. La compagnie; E.J. Carrier appartient aujourd’hui aux trois descendants du fondateur dont un des frères, Jean Carrier, est le président de Matériaux Blanchet.

LES OPÉRATIONS

L’actuel vice-président, opérations, PATRICK LEBLANC explique que l’usine de Saint- Pamphile « a toujours eu un panier de produits plus diversifiés. On fait du gros bois et des produits de valeur ajoutée. À Amos, le diamètre du bois en Abitibi est plus petit, mais nous offre une densité supérieure de la fibre nous permettant ainsi de produire des grades MSR à raison de 50 % du panier de produits. Deux marchés différents mais qui se complètent bien. »

Plus récemment les possibilités d’approvisionnement ont un peu changé. EMMANUEL FORGET, directeur des ventes et du marketing, précise que le bois a tendance à rapetisser à Saint-Pamphile. Selon messieurs Forget et LeBlanc, cette usine située près de la frontière américaine s’approvisionne dans une large proportion chez nos voisins du sud ; tandis que l’autre partie provient de l’est du Canada.

Pour monsieur LeBlanc : « présentement le défi est l’approvisionnement de matière première de Saint-Pamphile car il y a plus de rareté. Il y a plusieurs années, on signait des ententes annuelles. Présentement, le prix des billots est élevé et c’est difficile de s’entendre à long terme. Toutes les entreprises frontalières sont aux prises avec cette situation. »

INVESTISSEMENTS ET AVENIR

Monsieur Forget décrit Matériaux Blanchet comme une entreprise « qui a toujours été concentrée sur le sciage. On n’a jamais été vers les produits de 2e ou 3e transformation. On a de bons clients qui le font. Nous nous concentrons sur les opérations de sciage, séchage et rabotage. On vend un produit fini qui provient de la première transformation».

Ceci étant, stabilité ne signifie pas que Matériaux Blanchet n’a pas investi dans ses installations. « Il y eut d’importantes modernisations en 1981 et en 1995 à Saint-Pamphile et à Amos au début des années 2000. Matériaux Blanchet reste au goût du jour. Crise du bois d’œuvre oblige, il y a eu moins de modernisations dans les dernières années, mais là on recommence », souligne M. LeBlanc. « On est en train d’investir plus de 25 millions à Amos. Ça va être une usine de rabotage très moderne, la plus moderne dans l’est du Canada. On va continuer à opérer l’usine existante pendant qu’on bâtit la nouvelle. Il va même y avoir une transition de quatre mois pendant lesquels les deux usines vont opérer simultanément. La nouvelle usine va être trois fois plus grosse que l’ancienne. » Plutôt que deux lignes de rabotage, la nouvelle usine en contiendra une seule, avec deux quarts de travail et « avec des vitesses supérieures, un meilleur fini et un système de classification optimisé. Nous serons donc très optimisés et très automatisés ».

Avec ces investissements et cette modernisation, le nombre d’employés va diminuer. Présentement, il s’agit d’un mal pour un bien permettant à l’entreprise de saisir cette opportunité. La rareté de la main-d’œuvre et les nombreux départs à la retraite qui vont survenir dans les prochaines années, il fallait s’automatiser ».

MAIN-D’ŒUVRE

Le manque criant de main-d’œuvre au Québec affecte l’entreprise. NATHALIE GALLANT est la directrice des ressources humaines. Matériaux Blanchet, comme bien d’autres, se tourne activement vers le recrutement international pour embaucher des travailleurs: les Philippines et le Maroc.

Pourquoi ces pays? Une organisation épaule Mme Gallant dans ce travail de recrutement. «Chaque gouvernement a ses propres règles. Tout comme nous en tant que pays hôte. La compagnie de recrutement avec qui nous faisons affaire doit avoir une certaine facilité avec les régions d’où pourraient provenir les travailleurs. En ce moment, c’est plus facile avec le Maroc à cause de la langue, des lois et de l’immigration. »

On cherche des emplois spécialisés : mécaniciens et électriciens. Environ 4 personnes pour Amos et 2 à Saint-Pamphile à court terme. Pas d’urgence pour l’instant, mais les gestionnaires se préparent pour l’avenir. Ils prévoient que l’embauche sera encore plus difficile dans trois à cinq ans. Mme Gallant : « Présentement à Saint-Pamphile il y a autour de 180 employés ; Amos 195 et au siège social de Québec nous sommes 25. Donc un total d’environ 400 personnes travaillent pour Matériaux Blanchet. C’est stable, on a toujours eu une administration responsable et même durant les années plus difficiles on a su garder nos employés.» À noter que l’entreprise est dans le top 20 des scieries canadiennes quant au volume, et ce, depuis plusieurs années.