Ministre Marie-Eve Proulx : un secteur forestier à mettre en valeur

18 Déc. 2020

«Le secteur forestier a grandement évolué ces dernières années et il gagnerait beaucoup à faire savoir les nouvelles utilisations du bois qui sont faites grâce aux technologies. Cela contribuerait à attirer davantage de jeunes. Quoi qu’il en soit, moi et mon gouvernement seront là pour accompagner l’ensemble de cette industrie qui a une importance primordiale non seulement pour la Chaudière-Appalaches, mais aussi pour tout le Québec».

Dany Rousseau

C’est en ces termes que s’est exprimée la ministre déléguée au développement économique régional, MARIE-EVE PROULX, lors d’un entretien avec le journal Monde forestier. Une occasion en or de discuter de sa vision du secteur forestier dans la région dont elle est la ministre responsable, la Chaudière-Appalaches.

D’entrée de jeu, la ministre indique avoir une certaine connaissance de la réalité des producteurs forestiers, elle qui est «la fille d’un père qui a une terre et qui produit son bois de chauffage depuis plus de 50 ans». Dans le cadre de ses fonctions, elle est aussi appelée à visiter régulièrement des entreprises forestières et se dit impressionnée par ce qu’elle voit.

«Il y a des très belles entreprises dans Chaudière-Appalaches. Je pense, entre autres, à Matériaux Blanchet, Maibec et Bardobec. Ce sont des entreprises hautement technologiques. Quand on les visite, on voit à quel point les méthodes sont évoluées». De ce constat, ressort la nécessité de mettre cette nouvelle réalité de l’avant afin de changer l’image un peu vieillote qui reste malheureusement accolée au secteur forestier.

La ministre indique que son gouvernement est là pour aider les entreprises à prendre le virage technologique et cite en exemple le montant de 25 M$ annoncé lors de la dernière mise à jour budgétaire afin de bonifier le Programme Innovation Bois. Rappelons que ce programme permet de soutenir des projets innovants tout en favorisant la diversification de l’approvisionnement des usines en encourageant la transformation des bois de qualité inférieure.

Celle qui est également ministre responsable des régions du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie- Îles-de-la-Madeleine évoque aussi les sommes importantes disponibles auprès du ministère de l’Économique et de l’Innovation afin de favoriser la relance de l’économie à la suite de la pandémie de COVID-19. «La recherche et le développement, de même que l’automatisation des procédés, ce sont les voies d’avenir».

Main-d’oeuvre

La députée de Côte-du-Sud se dit bien sûr très au fait du problème de pénurie de main-d’oeuvre du secteur forestier qui est d’autant plus grand en Chaudière-Appalaches où l’on retrouve le plus faible taux de chômage au Québec. «Quand je me promène sur le terrain, je me fais beaucoup parler de la pénurie de main-d’œuvre, notamment, par les représentants des groupements forestiers. Pour y faire face, je crois qu’il faut travailler sur tous les tableaux. Il faut voir à automatiser les processus, valoriser le secteur, favoriser la formation et l’amélioration des compétences, considérer aussi l’immigration, etc.».

Une autre branche du secteur qui présente un avenir prometteur est celle que la ministre qualifie d’artisanale et dans laquelle elle inclut les entreprises qui s’ingénient à trouver de nouvelles utilisations au bois, de même que l’agrotourisme, comme les champignons, les herbes et autres. Elle cite en exemple Art Massif, une entreprise St-Jean-Port-Joli qui a beaucoup investi dans la recherche et le développement et qui ainsi a su développer un créneau unique dans la fabrication des structures de bois lamellé-collé distinctives.

Acériculture

La région de Chaudière-Appalaches comptant pour plus de la moitié de la production de sirop d’érable au Québec, la ministre a également de bons mots le secteur acéricole. Elle se dit encore une fois très impressionnée par le virage technologique entrepris par plusieurs érablières.

En septembre dernier, le gouvernement du Québec a annoncé la signature d’une entente triennale pour la mise en œuvre, dans le cadre de la démarche ACCORD, d’un nouveau créneau d’excellence en acériculture dans le Bas-Saint-Laurent. Mme Proulx indique travailler en ce moment à une façon d’y associer la Chaudière-Appalaches dans le but d’assurer la cohésion entre les deux régions. «L’acériculture, c’est non seulement notre joyau, c’est aussi un secteur à très fort potentiel de d’exportation», fait-elle valoir.

Environnement

Le contexte de la lutte aux changements climatiques joue également, de l’avis de la ministre, en faveur du secteur forestier. Elle cite, cette fois, un article de la revue Science, selon lequel la plantation de 1000 milliards d’arbres permettrait d’absorber 830 milliards de tonnes de dioxyde de carbone. Pour y arriver, une superficie de 9 millions de kilomètres carrés, serait nécessaire, ce qui représente à peu près la taille des États-Unis. «On ne veut pas dire qu’on veut juste planter des arbres et arrêter d’en couper, au contraire. Mais, il faut agir intelligemment. On a les techniques pour le faire et on est rendus là!», conclut-elle.