Modifications à l’assurance-chômage: à quoi s’attendre

Le CSMOAF fait partie d’un regroupement de sept autres comités sectoriels de différents domaines qui travaillent sur la saisonnalité. En 2010, la première phase du Chantier a permis de documenter le dossier des travailleurs saisonniers pour lancer la réflexion et l’analyse de la situation.

Le CSMOAF fait partie d’un regroupement de sept autres comités sectoriels de différents domaines qui travaillent sur la saisonnalité. En 2010, la première phase du Chantier a permis de documenter le dossier des travailleurs saisonniers pour lancer la réflexion et l’analyse de la situation.

Photo: Guy Lavoie

3 juil. 2012
Marie-Claude Boileau

À la fin du mois de mai, le gouvernement fédéral a annoncé des changements qu’il a l’intention d’apporter au régime d’assurance-emploi. Parmi les modifications, l’une obligerait les prestataires aptes à travailler à postuler sur des emplois connexes. Pour comprendre les propositions dévoilées par Diane Finley, ministère des Ressources humaines et du Développement des compétences, Le Monde Forestier, vous présente les grandes lignes.

Les deux principales raisons qui ont motivé le gouvernement à présenter ce plan sont, d’une part, le vieillissement de la main-d’oeuvre et la possibilité d’une pénurie. De l’autre côté, il y a la concurrence au niveau mondial. Statistique Canada dénombrait à l’automne dernier, 250 000 emplois vacants. Dans le Plan d’action économique de 2012, le gouvernement de STEPHEN HARPER avait annoncé un investissement de 21 M$ sur deux ans pour «jumeler les Canadiens sans emplois aux emplois disponibles» et les réintégrer dans la vie active. La ministre DIANE FINLEY a précisé récemment que cette somme servira dans un premier temps à créer des envois d’alertes emploi, plus fréquents, plus efficaces et de sources diversifiées. Présentement, les prestataires reçoivent trois alertes courriel toutes les deux semaines par le biais du Guichet emplois, qui lui ne contient de 20% des emplois disponibles. Le deuxième volet vise à associer le Programme des travailleurs étrangers temporaires au Programme d’assurance-emploi. Le troisième point, qui suscite beaucoup d’inquiétudes, créera trois nouvelles catégories de prestataires. Ces personnes, aptes à travailler, mais qui sont en arrêt de travail devront accepter un emploi disponible. «Accepter un emploi temporaire sera bénéfique pour lui [le travailleur], car il pourra non seulement rester actif, mais aussi améliorer ses compétences et percevoir un salaire plus élevé que les prestations d’assurance-emploi », insiste la ministre Diane Finley.

CSMOAF

Le Comité sectoriel de la main-d’oeuvre en aménagement forestier (CSMOAF) discutera de la nouvelle réglementation du régime d’assurance-emploi lors de son prochain conseil d’administration qui se tiendra à la fin juin. L’organisme décidera alors de la position à adopter.

Chantier sur la saisonnalité

Le CSMOAF fait partie d’un regroupement de sept autres comités sectoriels de différents domaines qui travaillent sur la saisonnalité. En 2010, la première phase du Chantier a permis de documenter le dossier des travailleurs saisonniers pour lancer la réflexion et l’analyse de la situation. La deuxième phase, réalisée sur une période 2011-2012, consiste à organiser des activités de concertation avec les partenaires du marché du travail tant régional sectoriel et national. À l’automne, un sommet sera organisé avec tous les acteurs pour prendre position sur la saisonnalité. D’après une étude effectuée en 2005 pour le CSMOAF, il y avait 11,955 emplois associés au sous-secteur Foresterie et exploitation forestière et 7,170 emplois dans le sous-secteur Activités de soutien à la foresterie. Pour ces deux types d’emplois, 77% des travailleurs sont concentrés dans huit régions : Outaouais (7,1%), Côte-Nord (7,1%), Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine (6,3%), Mauricie (9%), Saguenay-Lac- Saint-Jean (18,7%), Abitibi-Témiscamingue (10%), Bas-Saint-Laurent (9,4%) et Norddu- Québec (9,4%). D’après les données compilées par le CSMOAF, la tâche de ceux qui travaillent dans la construction et l’entretien des chemins tout comme ceux qui font la récolte mécanisée de bois peut s’échelonner sur environ 40 semaines. Les personnes qui effectuent des travaux sylvicoles comptent un plus grand nombre d’emplois saisonniers de courte durée.

Le nouveau règlement répartira les prestataires dans les trois catégories suivantes :

Travailleurs de longue date : Celle-ci correspond à ceux qui ont cotisé au régime d’assurance-emploi pendant 7 ans au cours des 10 dernières années et qui ont touché des prestations régulières d’assurance-emploi pendant une période de moins de 35 semaines au cours des cinq dernières années.

Prestataires fréquents : Les personnes qui ont demandé plus de trois fois des prestations régulières et touché des prestations pendant plus de 60 semaines au total au cours des cinq dernières années.

Prestataires occasionnels : Cette catégorie engloberait tout le reste.