TWIG

Nouvelle communauté de travailleurs forestiers canadiens

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6 Mai. 2019

À travers ses contacts dans le mouvement coopératif canadien, la FQCF a été informée qu’un noyau de reboiseurs expérimentés s’active afin de faire naître une nouvelle organisation, TWIG, qui vise à créer des liens entre des travailleurs et travailleuses du secteur forestier. L’initiative vise à valoriser ce métier.

Par Marie-Claude Boileau
UN BESOIN DE RÉUNIR LES REBOISEURS CANADIENS

Cette initiative provient de reboiseurs qui ont planté des arbres partout à travers le Canada. Ils aiment ce métier et ils veulent continuer à le pratiquer. Ils aimeraient que les conditions pour l’exercer s’améliorent. Ils ont fait le constat que la rémunération des travailleurs et travailleuses du reboisement stagne depuis plusieurs années. Même si la rémunération potentielle semble attrayante à ceux qui n’ont jamais planté, en dollar constant, les salaires diminuent. La rémunération n’est pas leur seule préoccupation, enjeu à travers le Canada.

La Fédération soupçonne que la situation varie considérablement d’une province à l’autre. Le système de grille des taux établi par l’État a permis d’indexer la rémunération chaque année et les conditions d’hébergement sont régies par des règles strictes. Elles sont définies par la CNESST et elles sont surveillées par le programme de certification des entreprises (PGES). Pour cette raison, le Québec fait mieux que ses voisins. Pour comparaison, rappelons le reportage qui a été diffusé l’année dernière par Radio-Canada sur des travaux de reboisement qui s’effectuaient en Ontario. Plusieurs coopératives avaient contacté la Fédération par crainte des conséquences sur l’image du reboisement chez nous. Les conditions ressemblaient à ce qui se faisaient de pire au Québec il y a plusieurs décennies.

La stagnation de la rémunération et les difficiles conditions d’hébergement expliquent une partie de la pénurie de reboiseurs au Canada. Par ailleurs, alors que le niveau de reboisement augmente, la pénurie accentue la pression sur les reboiseurs afin qu’ils augmentent leur productivité. L’augmentation de la production a des effets sur leur fatigue physique et mentale. Cela engendre un cercle vicieux parce que la croissance des exigences rend plus difficile pour les nouveaux d’atteindre les standards.

Parce qu’ils croient qu’une amélioration des conditions de travail pourrait faciliter le recrutement et la rétention de nouvelles personnes, ces reboiseurs veulent faire naître cette communauté. Ils espèrent ainsi faire mieux entendre la voix de ces travailleurs à l’échelle canadienne.

C’est pour cette raison que l’organisation Tree Worker’s Industrial Group (TWIG) est née. L’acronyme fonctionne bien en anglais parce que «twig» signifie brindille, soit un végétal souple qui se ploie sous le vent, mais qui est aussi très résistant. En français, cela donne le Groupe industriel d’ouvriers forestiers. TWIG est une nouvelle structure collective et horizontale destinée à aider les travailleurs du secteur forestier.

TWIG a déjà lancé ses activités lors d’une rencontre sociale où une centaine de personnes provenant de cinq provinces canadiennes ont participé le 9 mars dernier, dont dix artistes. Une somme de 4 000 $ a été amassée pour financer l’organisation.

BRISER L’ISOLEMENT ET ENTRETENIR LES CONVERSATIONS ENTRE LES PERSONNES QUI TRAVAILLENT DANS LE REBOISEMENT

Le constat des artisans de cette initiative repose sur le fait que les travailleurs sont isolés et que très peu d’informations sont disponibles pour eux. TWIG souhaite utiliser des recherchistes et des personnes-ressources pour répondre aux questions des travailleurs forestiers. Ces informations sont cruciales pour les personnes qui veulent tenter l’expérience, mais qui ne connaissent pas le milieu. Les promoteurs du TWIG croient en l’intelligence collective et à la libre circulation de l’information. Elles croient important de faire connaître et de comparer la situation des conditions de travail afin de permettre aux travailleurs de les améliorer.

TWIG souhaite également favoriser des initiatives de travailleurs pour faciliter les échanges et documenter des situations particulières. L’intention consiste à bénéficier d’un financement, même modeste, pour approfondir des questions et pour entretenir le dialogue entre les composantes du groupe. Les initiatives pourraient être l’organisation d’ateliers ou de conférences ou des webinaires. TWIG pourrait même, par exemple, documenter les avantages du modèle coopératif pour des travailleurs forestiers.

UN APPUI DE LA FQCF

La FQCF n’est pas impliquée dans la démarche pour l’émergence de TWIG. Parce qu’il s’agit d’une initiative constructive et qui contribuera à valoriser les personnes qui travaillent en forêt, elle l’appuie. La FQCF souhaite aussi que TWIG informe ses personnes adhérentes à l’effet qu’elles sont les bienvenues au sein des coopératives forestières pour planter des arbres. Avec le PGES, le Québec s’est doté de mesures concrètes pour offrir des conditions de travail décentes aux travailleurs forestiers. Les coopératives forestières prennent soin aussi de leurs employés qui peuvent, en plus, devenir membres et ainsi avoir accès, en toute transparence aux résultats de la coopérative.

Si vous voulez en savoir plus sur TWIG, vous pouvez vous rendre sur la page Facebook à l’adresse suivante : https://www.facebook.com/Tree-Workers-Industrial-Group-TWIG-200226974216707/