Ouragan Arthur

600 000 mètres cubes de bois à récolter

Des images de dommages causés par l’ouragan Arthur

Des images de dommages causés par l’ouragan Arthur

Photo: courtoisie

7 Oct. 2014

L’ouragan Arthur, de passage le 5 juillet dernier, a causé des dommages importants à la forêt du Bas-Saint-Laurent. D’après un inventaire aérien du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), près de 6600 hectares en forêt privée ont été affectés.

Marie-Claude Boileau

«Ce n’est pas juste sur des terres privées. La superficie touchée est assez considérable. Ce n’est pas loin de 600 000 mètres cubes de bois renversés. C’est une quantité énorme. Ça représente un peu plus de la moitié de la possibilité de coupe annuelle de la forêt publique gaspésienne», lance PIERRE-LUC DESJARDINS, directeur général du Groupement forestier coopératif de la Baie-des-Chaleurs.

Ayant maintenant en main l’inventaire aérien réalisé par le MFFP, les acteurs de la forêt gaspésienne tentent de procéder au nettoyage. Sauf que la tâche s’annonce ardue. Pour les soutenir dans ce travail, le Groupement forestier coopératif de la Baie-des-Chaleurs, le Syndicat des producteurs de bois de la Gaspésie et l’Agence de mise en valeur de la forêt de la Gaspésie ont signé une lettre demandant au ministère de les aider financièrement. En date du 11 septembre, le groupe n’avait pas reçu de réponse, mais il a bon espoir d’obtenir un avis positif d’ici peu de temps. Reste que le temps presse pour la cueillette des arbres brisés.

Les forestiers n’auront qu’une période d’environ deux ans pour ramasser tout le bois tombé. Le résineux est à prioriser, dit le directeur général du groupement forestier. Étant cassé, il faut le récolter avant qu’il ne se détériore, soit avant la neige. «Une fois les premiers flocons tombés, ce sera difficile de le ramasser. Et il ne reste plus beaucoup de temps», note-t-il. Pour ce qui est du tremble, la récolte peut attendre l’an prochain puisque son système racinaire est encore en contact avec la terre. «Mais il nous faut de l’aide. On est loin d’aller chercher les volumes affectés. C’est carrément impossible», soutient Pierre-Luc Desjardins.

Le Groupement forestier tout comme le Syndicat des producteurs de bois rencontrent des problèmes. L’utilisation d’une multi est périlleuse puisque les chaînes et les lames se brisent. Le travail manuel l’est tout autant. Les abatteurs manuels sont confrontés aux «springs poles», c’est-à-dire la tension dans les arbres qui risquent de se relâcher. D’ailleurs, l’un des abatteurs du groupement est passé près de perdre son genou… «Le travail manuel est dangereux et mécaniquement, c’est moins rentable», résume M. Desjardins.

Celui-ci dispose d’une multi et de deux équipes de 4 à 5 travailleurs manuels. Évidemment, toute cette récolte se fait en surplus par rapport au travail habituel du groupement forestier. «Présentement, les propriétaires privés sont terriblement pénalisés parce qu’il n’y a pas beaucoup de machines ni de main-d’œuvre disponible. De plus, sans aide gouvernementale, il faut piger dans leur redevance forestière, donc il ne leur reste rien», fait-il savoir. Qui plus est, le lot de certains membres est un projet de retraite qui à l’heure actuelle n’existe plus.