Partenariat bénéfique pour coops et groupements actionnaires de scieries

La responsable administrative, Mathilde Bensch, procède au mesurage d’une corde de billes de bouleau blanc à la Scierie Saint-Fabien.

La responsable administrative, Mathilde Bensch, procède au mesurage d’une corde de billes de bouleau blanc à la Scierie Saint-Fabien.

Photo: Claude Morin

28 Jan. 2014
Claude Morin

Au Bas-Saint-Laurent, cinq groupements et une coopérative de la région détiennent des parts de propriété dans quatre usines de sciage de bois de tremble, situées à Rivière- Bleue, Saint-Fabien, La Rédemption et Causapscal. Sur la Côte-Nord, trois coopératives forestières jouent un rôle déterminant dans la gestion et l’approvisionnement de la scierie Boisaco de Sacré-Coeur tandis qu’au Lac-Saint-Jean, une coopérative forestière est copropriétaire avec Produits forestiers Résolu d’un moulin à scie de bois résineux à Saint-Ludger-de-Milot. Ces quelques exemples parmi d’autres illustrent un modèle de partenariat d’affaires avantageux pour les diverses parties impliquées.

Une combinaison des savoir-faire

« Le fait d’être collectivement propriétaire d’une scierie favorise un sentiment de fierté régionale » fait valoir ALAIN MARCOUX, directeur général de la Fédération des organismes de gestion en commun du Bas-Saint-Laurent. « Un moulin installé dans un village a des retombées économiques fort intéressantes pour la paroisse même et les environs, puisque cette présence dynamique crée plusieurs emplois directs et indirects, explique-t-il.

Les propriétaires forestiers ont été, au fil des ans, conscientisés aux notions de façonnage des bois parce que ces pratiques ont une influence directe sur les coûts de fabrication. Ils ont ainsi appris à améliorer leur pratique pour aider la filière du sciage. Cela représente une retombée concrète au point de vue de la qualité. Le fait de connaître les besoins de l’usine permet d’en tenir compte au moment de l’abattage », retient Alain Marcoux.

À Saint-Ludger-de-Milot, au Lac-Saint-Jean, l’usine de sciage d’épinette noire appartient dans une proportion 50/50 à Produits forestiers Petit Paris et à Résolu. « Nous, de la Coopérative forestière Petit Paris, on intervient en forêt pour approvisionner l’usine et c’est là que se trouve notre expertise. Du côté de Résolu, ils vont offrir leurs connaissances de la mise en marché. Un lien étroit s’est aussi établi dans la gestion de la scierie, particulièrement au sujet de l’aspect transformation. Leur expérience est vraiment intéressante pour notre filiale Produits forestiers Petit Paris. La combinaison de ces deux savoir-faire assure une très bonne complémentarité », observe le directeur général de la Coopérative forestière de Petit Paris, ALAIN PARADIS.

Avantages significatifs

La Société d’exploitation des ressources de La Neigette à Trinité-des-Monts est copropriétaire avec la SER des Basques de la Scierie Saint- Fabien qui transforme diverses essences dont le tremble, les bouleaux blanc et jaune ainsi que le mélèze. « L’avantage principal demeure l’assurance d’avoir un marché pour nos propriétaires, en termes de volume, de prix et de qualité. Le deuxième bénéfice est le contrôle de la qualité et de la quantité des bois qui rentrent au moulin, deux facteurs déterminants de l’efficience et la rentabilité d’une scierie », constate l’ingénieur forestier, DANIEL BÉLANGER, de la SER de La Neigette. « Un autre avantage pour nous se situe à l’égard des frais de transport. Notre usine, la Scierie Saint-Fabien est localisée à mi-chemin entre les sociétés des ressources des Basques et de La Neigette, les frais de transport pour nos propriétaires forestiers sont ainsi minimisés. Le fait d’avoir un moulin à proximité nous évite d’avoir à expédier notre bois sur une distance de plus de cent kilomètres », note-t-il.

À Sacré-Coeur sur la Côte-Nord, trois coopératives jouent des rôles déterminants dans l’approvisionnement et la transformation du bois à l’usine Boisaco : la Coopérative forestière Nord-Côtière dans l’exécution des travaux sylvicoles, la Coopérative des travailleurs forestiers de Sainte-Marguerite (COFOR) pour la récolte et la Coopérative des travailleurs(euses) de Sacré- Coeur (UNISACO) dans l’usine. « Les différentes composantes sont toutes parties prenantes des décisions et des orientations qui interviennent autant au sein des conseils d’administration des coopératives, qu’à celui de Boisaco où toutes les entités sont encore bien présentes et participent ainsi aux réflexions et orientations retenues », précise STEEVE ST-GELAIS, président de Boisaco. « Les stratégies de transformation qu’on adopte peuvent être considérablement influencées par la nature des approvisionnements en amont. Cela nous permet aussi de mieux s’adapter à ce que la forêt nous offre. Cela nous aide sûrement à valoriser le plus possible ce qu’on produit en fonction de ce qui va être généré en forêt », ajoute-t-il.

Dividendes et investissements

« Souvent lorsqu’il y a des profits à l’usine de sciage, ces bénéfices sont investis dans la modernisation du moulin, dans l’une ou l’autre des diverses étapes de la production. Chaque usine prend ses propres décisions d’affaires, mais dans certains cas, les propriétaires membres du groupement forestier obtiennent une plus-value pour leurs essences de bois livrées à l’usine », indique Alain Marcoux, de la Fédération des organismes de gestion en commun du Bas-Saint- Laurent (FOGC). « Le groupement forestier, c’est un regroupement de propriétaires, donc, quand le groupement fait des profits, ce sont les services aux propriétaires qui sont améliorés; ce sont les conditions des travailleurs forestiers qui peuvent être bonifiées et c’est la santé financière de l’organisme, un regroupement de propriétaires qui en bénéficie. En conséquence, cela leur revient finalement », souligne Daniel Bélanger de la Société d’exploitation des ressources de La Neigette.

À Sacré-Coeur sur la Côte-Nord, le président de Boisaco, Steeve St-Gelais, reconnaît d’emblée l’importance significative des sousproduits du sciage afin de garantir la rentabilité d’une usine de transformation des produits du bois. « Le fait de pouvoir donner une valeur ajoutée à nos sous-produit, nous a aidés à rentabiliser les opérations mêmes de la première transformation. Un des éléments fondamentaux de notre organisation a été d’adopter cette philosophie de valoriser davantage nos sous-produits. Cette façon de faire a été particulièrement essentielle pour nous donner un coup de main et mieux traverser la dernière crise économique et financière », affirme-t-il.