Pépinières: de bons taux de livraison

Selon Philippe Laliberté du MFFP, le travail effectué tant dans les entreprises privées que publiques a atteint une belle maturité d’un point de vue de la connaissance.

Selon Philippe Laliberté du MFFP, le travail effectué tant dans les entreprises privées que publiques a atteint une belle maturité d’un point de vue de la connaissance.

Photo: Guy Lavoie

6 Mai. 2016

Le bilan de livraison des pépinières publiques et privées de la dernière année est satisfaisant, rapporte PHILIPPE LALIBERTÉ, directeur Production de semences et de plants forestiers au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP). Forts de leurs expériences et des connaissances acquises, les pépiniéristes du Québec détiennent des taux de livraison fort convenable.

Marie-Claude Boileau

Précisons d’entrée de jeu qu’il existe au Québec six pépinières publiques, 13 privées et un centre d’ensemencement basé à Drummondville qui est géré par le MFFP. Chaque année, près de 130 millions de plants sont produits par les pépiniéristes.

Philippe Laliberté explique que dans les pépinières gouvernementales, on retrouve en partie des plants en récipients, mais il s’agit surtout d’une production plus spécialisée comme des plants à racine nue ou des feuillus. Au privé, ce sont des plants en récipients et en plus grands volumes.

Pour dresser le bilan de livraison, le MFFP regarde deux éléments : les plans conformes et les plans utilisables. Pour la première catégorie, ce sont des arbres pour lesquels on a déterminé des critères de qualité. «On a établi des normes afin de s’assurer que l’argent est bien investi», note-t-il. Pour ceux-ci, le taux de livraison est de 93%. Une note excellente, selon M. Laliberté.

«Comme les spécialistes avec qui j’ai discuté, je considère que c’est un très beau taux», fait-il savoir. Le taux approche le 100% pour les plans utilisables, c’est-à-dire des arbres moins hauts, moins beaux, mais qui peuvent survivre quand même. Le directeur explique que le ministère fournit toujours des graines aux pépiniéristes pour ensemencer des plants supplémentaires «parce qu’on travaille avec des produits vivants, et que parfois mère Nature nous joue des tours.»

Chaque pépinière s’engage à produire un nombre X de plants que le gouvernement leur achètera. Les graines additionnelles servent «comme coussin de sécurité». «Si une pépinière rencontre une difficulté et/ou qu’il y a une perte importante de plants, on peut alors compenser avec des plants d’une autre pépinière selon des procédures très claires pour aller racheter ce qu’il manque», informe-t-il.

M. Laliberté mentionne que son travail est de veiller à «ce qui est produit au Québec soit utilisé en plus de permettre aux travailleurs forestiers, notamment les reboiseurs, d’être à l’ouvrage avec des volumes qu’on avait anticipés.»

Belle maturité

Selon lui, le travail effectué tant dans les entreprises privées que publiques a atteint une belle maturité d’un point de vue de la connaissance. Le MFFP a travaillé avec l’Office des produits de plants forestiers du Québec qui regroupe les pépinières privées pour améliorer le transfert d’information. «La chimie et la cohésion prennent de plus en plus forme entre les producteurs. Chacun garde quelques petits secrets, mais il y a plus d’échanges et de partage de connaissance», signalet- il.

Il mentionne qu’il y a des recettes à suivre en fonction du type d’essence ou de récipients. La localisation de la pépinière, la température et le nombre d’heures d’ensoleillement sont des facteurs importants dans la recette. Il faut également une bonne connaissance technique des besoins des plants et un suivi méticuleux. «Depuis 30 ans, il y a une forte amélioration dans la qualité de ce qui est fait dans les deux types de pépinières», commente-t-il.

Deux ou trois pépinières vivent une situation plus difficile. Chacune travaille sur des plans d’action clairs pour améliorer et corriger la situation. «Nous sommes là pour les soutenir dans leurs efforts. Ce n’est pas toujours facile, car on travaille avec du vivant et l’on est lié aux aléas de la nature», rappelle-t-il.

Les changements climatiques préoccupent les employés du MFFP. Ils sont retournés 25 ans en arrière pour analyser et détecter si une tendance se dégageait. «Il n’y a pas de phénomène marquant, mais on garde un oeil afin de voir si les changements climatiques risquent de venir changer les méthodes de travail ou de protection hivernale», explique-t-il.

Toutes les pépinières ont les mêmes enjeux et une obligation d’efficacité. «Ce sont des usines. Nous sommes une des rares entités au gouvernement qui fait un produit fini sur lequel on met la main et pour lequel le cycle de production peut avoir commencé il y a deux ou trois ans. De plus, les plants doivent entrer dans une plage précise, par exemple entre les 4 et 6 mai, et être prêts. C’est un enjeu de chaîne de production», fait savoir M. Laliberté