Pépinières et semences: planifier pour notre avenir forestier

En tout, 13 des 19 pépinières québécoises sont privées, et six publiques. Bien qu’elles n’appartiennent pas toutes à l’État, les pépinières travaillent en concertation et sous l’égide du MRN.

En tout, 13 des 19 pépinières québécoises sont privées, et six publiques. Bien qu’elles n’appartiennent pas toutes à l’État, les pépinières travaillent en concertation et sous l’égide du MRN.

Photo: Guy Lavoie

14 Mai. 2014

Le 9 avril dernier, dans le cadre du congrès de la Fédération des coopératives forestières du Québec (FQCF), deux experts en semences et plants forestiers ont présenté l’état de la situation et la stratégie de production des plants forestiers au Québec. Ils ont aussi exposé les nombreux défis qui s’offrent aux artisans de cette industrie importante qui est un des éléments clés de l’avenir de nos forêts.

Guy Lavoie

DANIEL RICHARD est le directeur général de la production de semences et de plants forestiers au ministère des Ressources naturelles (MRN). Son mandat vise à «contribuer à l’augmentation du rendement des forêts en assurant la production de semences et de plants améliorés, selon les besoins des clients et au meilleur coût possible». Au Québec en 2014, il existe 19 pépinières et un seul centre de semences, à Berthier.

Le centre de semences

Ce guichet unique de semences en contient quatre milliards et possède 92 vergers à graines. Toutes les semences nécessaires à la production des plants forestiers pour le reboisement au Québec y sont traitées. Pour les principales essences résineuses, le directeur général soutient que le taux de germination s’est amélioré de 1% par année durant les 10 dernières années.

Les pépinières

En tout, 13 des 19 pépinières québécoises sont privées, et six publiques. Bien qu’elles n’appartiennent pas toutes à l’État, les pépinières travaillent en concertation et sous l’égide du MRN. M. Richard explique «qu’il y a une grosse planification pour la gestion des plants entre les pépinières privées et publiques pour s’assurer que l’argent soit bien investi». En général, il précise que les pépinières publiques sont responsables de 30% de la production de résineux en récipients, des résineux à racines nues, des feuillus, des peupliers hybrides et des boutures et de certains autres plants plus particuliers. Les pépinières privées produisent quant à elles la balance des résineux en récipients.

Processus pour la mise en production

La planification est le nerf de la guerre pour la production de semences et de plants forestiers. Et ce n’est pas l’affaire de quelques heures de réflexion. C’est plutôt selon des besoins anticipés pour une période de 5 ans que le processus de planification débute. Ces besoins sont ensuite analysés et validés selon plusieurs critères par des responsables dans les diverses régions du Québec. On vérifie ensuite la disponibilité des semences pour éventuellement programmer les ensemencements. À l’étape suivante du processus, on consulte les producteurs pour s’assurer que ce programme d’ensemencement tient la route. Finalement, on livre les semences, les producteurs font leur travail et entretiennent les plants. Ce processus de planification préalable à la mise en production dure presque un an. Il génère du travail sur les plants de 1 à 4 ans. En 2013, près de 120 millions de plans résineux et un peu moins de 1,5 million de plants feuillus ont été livrés.

Office des producteurs de plants forestiers du Québec

Selon le président de l’Office des producteurs de plants forestiers du Québec, STÉPHANE BOUCHER, c’est en 1908 que la production de plans a commencé au Québec. Mais c’est tout récemment, en 2002, que l’Office a vu le jour. Comme on l’explique sur le site Internet du MRN, «depuis mars 2002, ces entreprises (NDLR: les pépinières privées) sont regroupées à l’intérieur de l’Office des producteurs de plants forestiers du Québec (OPPFQ). Le Ministère est tenu de négocier les prix pour le paiement des plants forestiers produits par les producteurs membres de l’OPPFQ, dans le cadre du Plan conjoint des producteurs de plants forestiers du Québec». Selon M. Boucher, 2,5 milliards de plants de diverses essences et 60 différents produits de reboisement ayant une valeur d’environ 15 millions de dollars par année ont été produits depuis la mise sur pied des pépinières privées en 1985. Les membres de l’Office créent 1200 emplois, principalement saisonniers. Ironiquement, ils ne traitent pas directement avec leurs clients. «Les pépinières ne savent pas qui seront leurs clients. Ils répondent aux demandes du MRN. Nous devons donc travailler main dans la main avec le MRN», conclut le président.