50 ans pour la CFFP

Petit Paris 2008 À 2018: sur une pente ascendante

Près de 300 personnes ont participé à la fête qui a eu lieu le 5 mai dernier. Une belle soirée ou on a, selon Alain Paradis « démontré toute la fierté d’être là après 50 années, et aussi de souligner tout ce qui a été fait. »

Près de 300 personnes ont participé à la fête qui a eu lieu le 5 mai dernier. Une belle soirée ou on a, selon Alain Paradis « démontré toute la fierté d’être là après 50 années, et aussi de souligner tout ce qui a été fait. »

Photo: CFFP

8 Juin. 2018

L’industrie forestière a connu des hauts et des bas depuis les années 2000. Même chose pour la coopérative qui a pignon sur rue à St-Ludger de Milot. À l’instar de ses partenaires d’affaires et compétiteurs, la Coopérative forestière Petit Paris a du affronter une crise importante dans l’industrie et aussi poser des gestes pour traverser cette tempête et en sortir, idéalement, plus forte. Ce qu’elle a réussi.

Guy Lavoie

ALAIN PARADIS, actuel directeur général de la coopérative, divise l’histoire de son organisation en trois grandes époques : « les trois premières décennies, la coop a connu une progression constante. Elle s’est diversifiée et s’est adaptée. Ensuite elle a affronté la décennie de la crise forestière. Ça a été compliqué mais la coop a su encore une fois s’adapter et faire preuve d’une grande résilience […] au pire de la crise on a arrêté les opérations seulement 2 mois. . »

Ce qui nous amène à la troisième époque, celle que l’on vit présentement. Il explique que « la dernière décennie, à partir de 2010, la coop a entrepris un virage pour s’assurer d’aller chercher la meilleure efficacité au niveau des opérations. Se préparer aussi à l’application du nouveau régime forestier et entrer dans une phase de modernité. On a commencé à restructurer l’entreprise. Département par département, on a remis en question ce qui se faisait. Une vraie restructuration ! En plus de réviser nos manières de faire, on a fait des changements au niveau du personnel pour s’assurer de mettre les bonnes personnes aux bons endroits. On est allé chercher des ressources, les plus qualifiés possible, pour bien faire face à la réalité du nouveau régime et aussi pour être plus compétitifs et efficaces ».

M. Paradis est en poste depuis 2011 et il précise que pour mener à bien ce virage organisationnel important « on a restructuré l’administration, les finances en réorganisant les choses particulièrement afin de simplifier et de mettre en place un système de gestion robuste. On a mis beaucoup d’énergie sur ces aspects pour démontrer à nos banquiers notre capacité à bien gérer. Il faut se rappeler que dans le plus fort de la crise, on les avait perdus, et ces efforts nous ont permis de reconstruire le lien de confiance avec nos institutions financières ».

Quant au personnel, le directeur général souligne que l’entreprise a su conserver la plupart de ses employés pour la simple et bonne raison que malgré les années difficiles, il n’y a pas eu d’arrêt significatif des opérations « on a réussi, même si l’usine n’était pas rentable. On a continué d’opérer. Mais les gens ont dû se serrer la ceinture. On jouait la game de façon très serrée, tout le monde a fait des compromis pour s’assurer de ne pas interrompre les opérations. » Il n’hésite pas à attribuer ces valeurs de résilience au fait que son organisation est une coopérative de travailleurs.

Il précise qu’à la suite de cette étape de réorganisation plus administrative « on a fait les mêmes efforts du côté des ressources humaines et des opérations. Ça a été une très grosse restructuration qui s’est échelonnée sur trois ans. Sans pertes d’emplois ! Certes il y a eu des remplacements, mais on a choisi les bonnes personnes, mis à jour nos politiques. On a terminé par les opérations, le terrain. Encore pour cet aspect, on a choisi les bons employés, les bonnes personnes pour aller chercher l’efficacité souhaitée et nécessaire aujourd’hui ». En période de pointe, 225 personnes travaillent à la coopérative. S’ajoute une centaine de personnes qui oeuvrent à l’usine Produits forestiers Petit Paris.

PRODUITS FORESTIERS PETIT PARIS

La coopérative forestière est propriétaire majoritaire dans l’usine. « On a vendu 48 % de nos actions à trois partenaires pour nous permettre de faire des investissements. La coop est donc propriétaire avec 52 % des actions et elle a le mandat de gérer cette filiale. » Mais avant d’en partager la propriété, il fallait en être l’unique propriétaire…

Petit retour en arrière : construite en 1987 par la Coopérative, cette dernière a vendu 50 % de ses parts dans PFPP en 1987 à Abitibi Consol. En 2016, la coopérative rachète la partie restante de Résolu et devient l’unique propriétaire jusqu’en 2017. C’est à ce moment que la coopérative vend 48 % de ses parts pour avoir l’argent nécessaire à la modernisation de l’usine. Cette grande restructuration expliquée au début du texte « nous a permis de démontrer notre capacité à racheter notre partenaire dans l’usine, Produits Forestiers Résolu. Si on n’avait pas fait cette réorganisation-là, il aurait été difficile de convaincre nos bailleurs de fonds de nous prêter les sommes nécessaires à ce rachat. De plus, ils nous demandaient d’investir pour moderniser nos opérations ».

Il fallait faire ces changements importants « autant du côté de la centrale thermique à la biomasse pour les séchoirs que pour la ligne de sciage. Dans l’ensemble, pour le rachat, la centrale thermique et la ligne de sciage principale on parle de plus de 20M$ d’engagements. Maintenant on est à faire fonctionner tout ça. Les défis qui se pointent à l’horizon sont importants, mais on est maintenant outillé pour y faire face. Présentement le prix du bois est très bon, ça donne un coup de pouce. Par contre le coût de la fibre a augmenté de plus de 20 % depuis le nouveau régime forestier et le prix des copeaux à diminuer de près de 50 % depuis 2010. On n’a pas beaucoup de marge de manoeuvre alors il faut rester à l’affût ».

L’AVENIR

La coopérative ne peut pas s’asseoir et regarder la parade. « Maintenant que nous sommes à la fine pointe, il faut continuer à optimiser et s’orienter vers le 4.0, et s’assurer que notre usine et les opérations en forêt suivent les tendances et l’innovation. De plus, avec différents projets, on va consolider notre organisation. Entre autres être capable de développer nos opérations afin d’écouler nos sous-produits et évidemment de ne pas ralentir notre production de bois d’oeuvre. »

LES FESTIVITÉS DU 50E

Près de 300 personnes ont participé à la fête qui a eu lieu le 5 mai dernier. Une belle soirée où l’on a, toujours selon le dynamique directeur général, « démontré toute la fierté d’être là après 50 années, et aussi souligné tout ce qui a été fait. On a rendu hommage à nos présidents et on a présenté une vidéo corporative qui sera diffusée dans les médias traditionnels et les médias sociaux. » Il conclut en disant que la coopérative « a fait de gros efforts pour être encore là ». Les gestes posés il a y trois ans ont été cruciaux : « si on n’avait pas réussi à racheter notre usine, je ne sais pas où serait. » Dorénavant la Coopérative forestière Petit Paris est maître de son destin. Le chiffre d’affaires de la coopérative est autour de 36M$ et celui de l’usine, excluant les approvisionnements, est d’environ 31M$ pour un total avoisinant les 67M$.

Petit Paris : rien à voir avec la France

Selon les renseignements obtenus à la coopérative, ce nom aurait été proposé par le curé du temps, l’abbé ROMÉO SIMARD, un membre du clergé assistant aux rencontres de la coopérative. N’oublions pas qu’à cette époque, même si la présence du curé se faisait moins nécessaire dans les négociations de contrats de coupe, ce dernier était encore très présent afin d’intervenir pour les membres auprès des grandes compagnies forestières. Soulignons que les réunions de la coopérative prévoyaient toujours une prière pour l’ouverture de chaque assemblée. En fait, le terme «Paris» résulte possiblement d’une mauvaise prononciation pour désigner la rivière du Petit Péribonka (le petit paribonka).