Pierre Courtemanche : Comment se positionner pour le développement durable?

Pierre Courtemanche, stratège en durabilité et chaînes d’approvisionnement pour Optel et Fondateur de GeoTraceability Ltd.

Pierre Courtemanche, stratège en durabilité et chaînes d’approvisionnement pour Optel et Fondateur de GeoTraceability Ltd.

Courtoisie

3 Avr. 2019

Le 1er janvier 2016 entraient en vigueur les 17 Objectifs de développement durable du Programme de développement durable à l’horizon 2030. Ceux-ci ont été adoptés par les dirigeants du monde en septembre 2015 lors d’un Sommet historique des Nations unies. À l’occasion du prochain congrès de la Fédération québécoise des coopératives forestières (FQCF), différents panellistes expliqueront comment les acteurs de la société peuvent contribuer à atteindre ces 17 objectifs. Parmi les conférenciers, Pierre Courtemanche, stratège en durabilité et chaînes d’approvisionnement pout Optel et Fondateur de GeoTraceability Ltd. expliquera le point de vue pour les grandes entreprises. Le Monde Forestier s’est entretenu avec lui pour en savoir davantage.

Marie-Claude Boileau

Dans le cadre de cette conférence, la vision des coopératives et des gouvernements sera notamment exposée. Par sa part, PIERRE COURTEMANCHE parlera de celle de la grande industrie. Il citera en exemple Unilever, qui est présente dans 190 pays et qui regroupe notamment les marques Lipton, Knorr, Dove et Hellmann’s entre autres. «Je vais expliquer comment une entreprise comme Unilever se positionne, quels sont les gestes qu’elle pose ou va poser pour le développement durable», mentionne-t-il.

Il présentera également les facteurs qui poussent une grande compagnie à prendre de tels engagements. «Pourquoi une grande entreprise va-t-elle être proactive en matière de développement durable, de protection de l’environnement ou opter pour un meilleur équilibre socioéconomique? À l’inverse, pourquoi n’en pose-t-elle pas? Est-ce purement d’ordre financier Parce qu’elle voit des opportunités de marché? Est-ce vraiment les valeurs qui animent les dirigeants de l’entreprise ou vivent-ils une pression de leurs investisseurs?», questionne-t-il.

PARCOURS

M. Courtemanche a étudié en foresterie. Il a entamé sa carrière dans le domaine. Il a notamment été directeur général du Regroupement des sociétés d’aménagement du Québec (RESAM) durant sept ans. Il a aussi œuvré en coopération internationale. Il a entre autres travaillé avec des producteurs à faible et moyen revenu au Cameroun durant six ans et au Ghana pendant deux ans. Il a été employé à la SOCODEVI durant six ans. Il a également passé quelques années à l’Agence canadienne de développement international.

En 2001, il a fondé l’entreprise GeoTraceability. «L’objectif était de faire la traçabilité des matières premières qui sont produites par les petits producteurs de cacao, sucre, huile de palme, coton, etc., dans les pays en développement et émergents», explique-t-il. Il a vendu son entreprise en 2018 au groupe Optel. Il y travaille d’ailleurs parce que la compagnie possède les mêmes valeurs que lui.

TRAÇABILITÉ

Fondée en 1989, Optel a pour mission l’utilisation de technologies innovantes pour créer un monde meilleur grâce à la chaîne d’approvisionnement intelligente. Elle est classée B-corp, une certification qui signifie que la recherche du profit n’est pas le seul objectif. «Elle est un citoyen corporatif responsable et contribue au développement des communautés en respectant et en protégeant l’environnement», fait savoir M. Courtemanche.

La spécialité d’Optel est la traçabilité. «Le but est d’informer les consommateurs sur l’origine des produits qu’ils consomment et de mieux comprendre quels sont les impacts environnementaux, humains et sociaux liés à la production, à la transformation et distribution de ces produits. Optel propose des solutions technologiques pour favoriser une meilleure utilisation des ressources naturelles et une meilleure protection de l’environnement», mentionne Pierre Courtemanche.

Pour ce faire, elle utilise des technologies comme la chaîne de blocs, l’intelligence artificielle et l’Internet des objets. «Cette combinaison de technologies rendra les entreprises plus vertes et plus intelligentes dans un futur proche, car elle offre des outils pour améliorer la productivité en utilisant les ressources plus efficacement, tout en réduisant leur empreinte de carbone, en sauvant du carburant et de l’énergie et en minimisant les pertes. La visibilité accrue sur les chaînes d’approvisionnement, rendue possible grâce à la traçabilité intégrale, permet aussi une plus grande transparence, un approvisionnement responsable, ainsi qu’une optimisation du recyclage et de la réutilisation des matériaux.»