Pompiers forestiers volontaires

Même si elle dispose de ses propres employés, la Société de protection contre les feux de forêt (SOPFEU) forme près de 500 personnes. Cette main-d’œuvre auxiliaire (MOA), répartie partout en province, est appelée à éteindre des feux lorsque la situation est intense et le commande.

Même si elle dispose de ses propres employés, la Société de protection contre les feux de forêt (SOPFEU) forme près de 500 personnes. Cette main-d’œuvre auxiliaire (MOA), répartie partout en province, est appelée à éteindre des feux lorsque la situation est intense et le commande.

17 Déc. 2014

Même si elle dispose de ses propres employés, la Société de protection contre les feux de forêt (SOPFEU) forme près de 500 personnes. Cette main-d’œuvre auxiliaire (MOA), répartie partout en province, est appelée à éteindre des feux lorsque la situation est intense et le commande.

Marie-Claude Boileau

Pour employer ces pompiers forestiers volontaires, la SOPFEU donne le contrat de recrutement à des coopératives forestières, des groupements forestiers et des entrepreneurs privés. À la Coopérative forestière de la Gaspésie, on a employé 21 MOA l’été dernier. Chez Aménagement forestier Vertech, ils étaient 42. Précisons que pour cette dernière le territoire est divisé en deux, soit 22 à La Tuque et 20 à Québec.

Le nombre de MOA est fixé par la SOPFEU. Ces deux organisations proposent les emplois différemment. Devenir une MOA est offerte aux employés qui effectuent du débroussaillage par exemple. «Ça permet aux travailleurs de diversifier un peu leurs activités. C’est un travail moins exigeant que le débroussaillage», explique RENÉ BABIN, directeur général de la Coopérative forestière de la Gaspésie. Il ajoute que parfois ça réduit les effectifs pour les opérations de débroussaillage puisque les travailleurs ne peuvent pas faire les deux tâches en même temps.

Du côté de Vertech, le directeur général, GEOFFROY GAGNON, fait appel à des gens de l’extérieur de l’entreprise. Il explique que puisqu’il répond à des appels de soumission pour Rexforêt, il ne peut pas ôter des employés sur des travaux, car ça rallongerait et étirerait les contrats.

Pour le secteur de Québec, l’avantage est la présence d’une école de pompiers au Collège Notre-Dame-de-Foy. «Comme ils finissent à la mi-mai, ils sont disponibles tout l’été. De plus, ça leur donne un bon bagage parce que c’est leur métier. À La Tuque, le bassin de la population est plus petit, c’est plus difficile. Mais on réussit toujours à trouver la vingtaine de personnes», dit-il.

Pour devenir pompier forestier sur appel, il faut suivre une formation donnée par la SOPFEU qui dure quatre jours. Il y aura ensuite une mise à jour à suivre tous les ans pour ceux qui reviennent comme MOA. L’inconvénient de ce travail, c’est qu’il est irrégulier. Évidemment, les sorties en forêt dépendent de la température. L’été dernier, ils ont été très peu appelés. Selon M. Babin, normalement ils peuvent sortir de 4 à 5 fois par année. M. Gagnon confirme que la saison a été tranquille. «Mes gars sont sortis deux fois : une durant cinq jours, l’autre deux jours. Il y a eu beaucoup de pluie. En 2010, certains ont travaillé plus d’une vingtaine de jours en ligne sans arrêt», indique-t-il.

Ce travail en est surtout un sur appel. Chez Vertech, les MOA ont donc des emplois réguliers. Ce qui peut causer des inconvénients lorsqu’il pleut. «Si ça ne brûle pas au mois de mai, le mois le plus propice aux feux parce qu’il n’y a pas de feuillage, s’ils ne sortent pas là mais seulement à la fin juin, souvent ils ont trouvé un nouvel emploi. C’est alors difficile de les avoir. Et en fin de saison, il n’y a presque plus personne», informe M. Gagnon. Lorsque les MOA sont nécessaires pour intervenir sur un incendie de forêt, la SOPFEU appelle ses partenaires pour les prévenir que les pompiers volontaires doivent se tenir prêts. Une fois la confirmation qu’ils sont requis, la SOPFEU demande un nombre X de MOA qui doivent alors se rendre à la base la plus près dans un temps défini et normalement assez court. Ensuite, ils seront dépêchés sur les lieux en autobus ou en hélicoptère. STÉPHANE BAILLARGEON est pompier forestier volontaire pour Vertech depuis neuf ans à La Tuque. Il adore cet à-côté. «J’aime beaucoup la forêt et le bois. Ça me permet aussi de voyager un peu. L’an dernier, on a passé trois semaines sur la Basse-Côte-Nord. Je dois avouer que ça peut être payant lorsqu’on fait des voyages», avance celui qui travaille dans le domaine de la construction. Étant maintenant un habitué, M. Baillargeon surveille la météo tous les jours de l’été. Il sait que si le temps oscille à 30 degrés Celsius durant plusieurs jours consécutifs, il peut être appelé à intervenir.

De par son expérience, celui-ci fait partie de l’attaque initiale. Il décolle souvent en hélicoptère pour atterrir près de l’incendie. «L’équipe se fait débarquer en stationnaire, puis on se rend au feu à pied», raconte-t-il. Sinon, il part avec une vingtaine d’autres en bus. M. Baillargeon souligne qu’ils sont bien trai- tés et accommodés par la SOPFEU lorsqu’ils doivent rester longtemps sur un site, même si parfois, les camps forestiers ne sont pas des 5 étoiles.