Possibilités forestières

Une baisse de 10% pour 2013-2014

Gérard Szaraz, Forestier en chef.

Gérard Szaraz, Forestier en chef.

Photo: courtoisie

Gérard Szaraz, Forestier en chef.

Gérard Szaraz, Forestier en chef.

Photo: courtoisie

18 Jan. 2012
Katia Lavoie

Le Bureau du forestier en chef prévoit une baisse de 10% des possibilités forestières sur les 71 unités d’aménagement (UAF) pour l’année 2013-2014. Habituellement échelonnés sur une période de cinq ans, ces calculs ont été établis afin de répondre aux besoins immédiats d’information de Forêt Québec pour la planification de l’attribution du bois et l’établissement des garanties annuelles d’approvisionnement.

L’attribution et les garanties découlant directement de la mise à jour des calculs de possibilités forestières, le ministère des Ressources naturelles et de la Faune en a fait la demande pour 2011 au Forestier en chef. «Nous n’avions pas toutes les données nécessaires à leur réalisation, il fallait donc trouver une solution», admet LISE GUÉRIN, porte-parole du Bureau du forestier en chef. Le nouveau régime forestier, en vigueur à partir de 2013, de même que la nouvelle Loi sur l’aménagement durable du territoire forestier (LADTF), n’ont pas été étrangers à cette situation. Adoptée à l’Assemblée nationale le 23 mars 2010, cette nouvelle législation remplacera officiellement l’actuelle Loi sur les forêts le 1er avril 2013. Elle exige du Forestier en chef qu’il tienne compte, dans ses démarches, de la Stratégie d’aménagement durable des forêts (SADF) et du Règlement d’aménagement durable des forêts (RADF). Cependant, Mme Guérin indique que les travaux menant à leur adoption par le ministère des Ressources naturelles ne sont toujours pas complétés. «Au début, l’horizon de réalisation était prévu pour mars 2009. Mais le processus de définition du régime forestier a amené une révision», complète GÉRARD SZARAZ, Forestier en chef. Prévues pour le printemps 2012, les plans régionaux de développement intégré des ressources naturelles et du territoire (PRDIRT) figuraient également parmi les absents. «Elles sont très importantes, car elles peuvent avoir des répercussions à la hausse ou à la baisse», soutient M. Szaraz. Par exemple, la SADF oblige la conservation des vieilles forêts «sur au moins 30% de la moyenne historique de ces superficies». Les différents acteurs locaux doivent donc déterminer de quelle manière ils l’appliqueront ainsi que sur quelle durée (tout de suite ou étalée sur une certaine période). Dans ce contexte, une analyse a été effectuée à partir de quelques critères indicatifs utilisables à ce jour. Le Forestier en chef a retenu notamment les incendies de forêt de 2010 dans les UAF de la Mauricie et du Saguenay Lac-Saint-Jean ainsi que quelques autres de 2007 à 2009. Les nouvelles aires protégées et le plan de rétablissement du caribou ont également compté dans le processus. Une réduction a été appliquée pour éviter les mauvaises surprises reliées aux répercussions de la SADF. «Par le passé, dans le cadre d’études, on a regardé certains éléments d’impacts de cette SADF en devenir. De ce qu’on a remarqué, on pense que les possibilités iront à la baisse et que les écarts seront très grands d’une unité à l’autre», explique M. Szaraz. Certains types d’unités sont davantage concernés. Ce facteur de diminution a été fixé à 10% pour la forêt résineuse, 5% pour la forêt mixte et 2% pour la forêt feuillue, ce qui représente une moyenne de 10%. Une mise à jour a ensuite été réalisée sur la base des calculs de la période 2008-2013. Ces résultats sommaires seront applicables pour l’année 2013-2014. Les prochains calculs quinquennaux (2013-2018) Le Bureau du forestier en chef poursuit actuellement son travail en vue de déposer les données finales durant les premiers mois de 2013. Selon le forestier en chef, les résultats sommaires annoncés fin août ne sont pas nécessairement représentatifs de ce qui s’en vient. «Nous avons réparti les travaux sur une base totalement différente à la suite de la commission Coulombe en 2004 qui a été assez sévère», spécifie M. Szaraz. Les conclusions ont révélé certaines limites aux outils utilisés par le ministère avant cette année d’enquête. Les nouveaux instruments du Bureau du forestier en chef ont maintenant la capacité de voir les peuplements sur le territoire et leur répartition. Ils prennent en compte cet élément et d’autres pour générer une production optimale avec toutes les contraintes. «C’est comme si on avait passé de DOS à Windows», illustre le Forestier en chef. Les calculs produits dans la prochaine année entreront normalement en vigueur à partir d’avril 2014.