Chantier sur la saisonnalité

Pour un statut officiel de l’emploi saisonnier

Lancé en 2010, le Chantier sur la saisonnalité s’est donné pour but de documenter le travail saisonnier et de préparer un plan pour assurer la pérennité de ces emplois. Ses recommandations sont axées autour de deux priorités : la reconnaissance de la valeur économique, sociale et environnementale de l’activité saisonnière, et la nécessité de la création d’un statut de l’emploi saisonnier reconnu dans une loi ou une politique.

Lancé en 2010, le Chantier sur la saisonnalité s’est donné pour but de documenter le travail saisonnier et de préparer un plan pour assurer la pérennité de ces emplois. Ses recommandations sont axées autour de deux priorités : la reconnaissance de la valeur économique, sociale et environnementale de l’activité saisonnière, et la nécessité de la création d’un statut de l’emploi saisonnier reconnu dans une loi ou une politique.

Photo: Guy Lavoie

26 Fév. 2013
Fanny Roux-Fouillet

Le Chantier sur la saisonnalité a déposé fin janvier un rapport contenant douze recommandations faisant suite à la tenue du 1er Colloque sur la saisonnalité qui s’est tenu en novembre dernier.

Lancé en 2010, le Chantier sur la saisonnalité s’est donné pour but de documenter le travail saisonnier et de préparer un plan pour assurer la pérennité de ces emplois. Ses recommandations sont axées autour de deux priorités : la reconnaissance de la valeur économique, sociale et environnementale de l’activité saisonnière, et la nécessité de la création d’un statut de l’emploi saisonnier reconnu dans une loi ou une politique.

Un statut officiel

Dans son rapport, le Chantier sur la saisonnalité demande que le statut de travailleur saisonnier soit défini de façon détaillée et reconnu par les gouvernements fédéral et provincial, «en tenant compte en particulier du métier occupé, de l’expertise requise, de la récurrence de son exercice, de l’importance du maintien du lien d’emploi». Une recommandation qui concerne directement le secteur forestier. En effet, la majorité des emplois dans ce domaine sont de type saisonnier (c’està- dire qu’ils offrent moins de 40 semaines de travail dans l’année).

Besoin de longue date

ANNIE BEAUPRÉ, directrice générale du Comité sectoriel de main-d’oeuvre en aménagement forestier (CSMOAF), explique que les partenaires du Chantier sur la saisonnalité avaient identifié ce besoin depuis longtemps. «Cette solution a été abordée plus complètement lors des trois séances de travail axées sur les solutions menées en février 2012», ajoute-t-elle.

Pourquoi un statut reconnu ?

La création d’un statut professionnel pour les travailleurs saisonniers pourrait également répondre aux effets de la réforme du Régime d’assuranceemploi qui a pris effet au début de l’année 2013 et a été fortement critiquée par le Chantier sur la saisonnalité. Mme Beaupré précise qu’un tel statut permettrait «la récurrence de l’emploi, par la reconnaissance par le gouvernement fédéral que les emplois saisonniers sont des emplois convenables et par l’ajustement du Programme d’assurance-emploi pour respecter le maintien du lien d’emploi en acceptant le retour du travailleur à son métier saisonnier sans pénalité». Elle ajoute que cela autoriserait également l’accès au paiement hebdomadaire des vacances, l’étalement des heures de travail et l’accès à la formation continue sans pénalité. Autant de points que le secteur de l’aménagement forestier réclame depuis longtemps et leur reconnaissance par les instances gouvernementales. Valorisation de l’apport économique Parmi les autres recommandations du Chantier sur la saisonnalité, plusieurs concernent la valorisation de l’apport économique, mais aussi social et environnemental de l’activité saisonnière. Le Chantier sur la saisonnalité suggère notamment que ses résultats soient diffusés «de manière concertée auprès des instances gouvernementales ainsi que de la Commission des partenaires, et que soit favorisée la concertation des ministères concernés». Il préconise également la réalisation d’activités de communication auprès de gouvernements, de milieux économiques, ou encore du grand public, dans le but d’éveiller de l’intérêt, de la curiosité, de la fierté et une reconnaissance des secteurs saisonniers.

Mesures de soutien de l’activité saisonnière

Le troisième volet des recommandations du Chantier sur la saisonnalité est consacré aux considérations spécifiques portant sur les mesures de soutien à l’activité saisonnière et l’encadrement réglementaire. C’est dans ce volet que s’inscrit la demande d’un statut officiel de l’emploi saisonnier. Il y est notamment proposé d’inclure dans les orientations des gouvernements fédéral et provincial une politique qui permettrait d’adapter les lois, règlements et programmes aux réalités des secteurs saisonniers. Selon le Chantier sur la saisonnalité, les entreprises saisonnières doivent être soutenues dans la mise en place de projets visant le repérage ou le jumelage des activités contracycliques, qu’elles soient intra ou intersectorielles. Elles doivent également recevoir un soutien dans la mise en place de mesures de diversification des activités pour prolonger les périodes d’opération. Pour plus d’informations sur le Chantier de la saisonnalité et ses recommandations, vous pouvez visiter le site.