Le premier Forum franco-québécois de la filière forêt-bois rencontre les attentes

Denis Trottier, adjoint parlementaire à la ministre des Ressources naturelles du Québec, accompagné à droite de Bernard Généreux et Jean-Claude Monin (les deux coprésidents du Forum franco-québécois Forêt) et le ministre Stéphane Le Foll au micro. Il est ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt en France

Denis Trottier, adjoint parlementaire à la ministre des Ressources naturelles du Québec, accompagné à droite de Bernard Généreux et Jean-Claude Monin (les deux coprésidents du Forum franco-québécois Forêt) et le ministre Stéphane Le Foll au micro. Il est ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt en France

Photo: courtoisie

7 Nov. 2013
Jocelyn Lessard

Tel qu’annoncé en première page du dernier numéro du journal Le Monde Forestier et ici, le 17 septembre 2013 se tenait à l’Hôtel de Ville de Paris, le premier Forum de la filière bois réunissant le Québec et la France.

Succès de cette première édition

Ce premier forum dont l’idée et la mise en oeuvre provient de l’interprofession France Bois Forêt, piloté par la Fédération nationale des Communes forestières a constitué un succès à plus d’un égard. Le Forum d’une journée s’inscrivait dans une programmation plus large qui a permis à la filière d’être très visible. Une exposition au Palais Royal, en plein coeur de Paris, a notamment permis de présenter à des centaines de milliers de Français les grandes composantes de leur secteur forestier. À l’issue du Forum, des visites ont été organisées par le Comité national pour le développement du bois à Paris. Les congressistes québécois ont pu constater que la commande publique donne de plus en plus de place au bois dans des constructions d’envergure. Puis, une participation aux «États généraux du Bois dans la construction», qui se tenait à Angers les 18 et 19 septembre 2013, a donné un éclairage sur les marchés actuels de la construction bois. Mentionnons que le Québec n’a pas l’équivalent de France Bois Forêt, une organisation qui réunit pratiquement tous les acteurs du secteur forestier français et qui dispose, grâce à la contribution de ses membres, de moyens financiers importants. La première édition du Forum franco-québécois a ainsi réuni plus de 150 professionnels et experts des deux pays autour de différents ateliers, dans les salons de l’Hôtel de Ville de Paris, un endroit généralement peu accessible et d’une splendeur exceptionnelle qui a contribué positivement à l’ambiance de l’événement. Inauguré par STÉPHANE LE FOLL, Ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, qui n’a pas manqué de rappeler « le potentiel à développer que représente le bois », ce forum a permis un véritable temps de réflexion et d’échange sur la situation actuelle de la filière en France et les perspectives de coopération entre les deux pays. Il a déclaré : «… Je suis très heureux d’ailleurs que le marché du bois, aujourd’hui, se redresse parce que c’est une capacité que l’on a à mobiliser l’ensemble de la filière, on a un enjeu majeur : écologique, économique, social, d’emploi et, pour notre pays, de valorisation d’une ressource qui ne l’est pas assez ; c’est tout le défi que l’on a à relever dans les 4 à 5 mois qui viennent pour que l’on puisse trouver les outils nécessaires à cette ambition commune […]. Maintenant, il faut qu’on la traduise et que cela se concrétise ». À partir du discours de DENIS TROTTIER, député de Roberval et adjoint parlementaire de la ministre des Ressources naturelles, le ministre français n’a d’ailleurs pas manqué de constater le grand écart qui existe entre le Québec dont la filière forestière génère un surplus commercial de 3,5 milliards d’euros par rapport au déficit français de 6 milliards. L’importante délégation de personnalités présentes au forum, représentantes de toute la filière forêt-bois du Québec, a quant à elle montré l’intérêt et les attentes dans cette problématique de développement de la filière. Les propos de Denis Trottier ont confirmé l’attention du Ministère pour cette nouvelle collaboration francoquébécoise.

Des ateliers inspirants

Animés par des experts français et québécois de la filière, huit ateliers répartis en cinq thématiques ont été programmés lors de cette journée : forêt de proximité politique territoriale, nouveaux produits issus du bois, formation et mobilisation professionnelles, renouvellement forestier et garanties de gestion durable et utilisation du bois dans la construction de grande hauteur. Chaque atelier a permis de rapprocher les acteurs des deux pays. Malgré les grandes différences existantes entre les deux nations, l’objectif général était d’identifier des espaces de coopération permettant d’échanger et d’enrichir les connaissances et les stratégies des uns et des autres.

Des travaux à entreprendre

Cette journée a ainsi permis à chacun des deux pays d’échanger sur la place du bois, mais aussi sur l’enjeu des politiques forestières territoriales. Le forum a amplifié les relations existantes entre les communes forestières de France et les collectivités du Québec grâce à la poursuite des coopérations avec plusieurs régions de France. La Fédération québécoise des municipalités se propose par ailleurs de travailler sur une organisation des communes forestières du Québec pour construire une coopération active avec la FNCOFOR et en lien avec le ministère des Ressources naturelles du Québec sur des thématiques telles que la gouvernance (rôle et place des collectivités dans la gouvernance de la filière forêt-bois), la connaissance par les populations de plus en plus urbaines de la forêt et sa nécessaire gestion et exploitation pour lui donner toute sa dimension multifonctionnelle. L’objectif est de constituer un groupe de travail franco-québécois composé d’élus qui travaillera durant l’année à venir pour formuler un programme d’actions pour la prochaine édition du Forum et selon BERNARD GÉNÉREUX, président de la FQM, il s’agit de « gérer la forêt pour l’économie et le bonheur de la planète ». Il a aussi été convenu de contribuer au développement des échanges de compétences entre les acteurs français et québécois de la filière. Les instances concernées veulent aussi soutenir la reconnaissance des compétences mutuelles dans différents secteurs (ingénierie forestière, architecture, design, innovation, nouveaux marchés, etc.). L’intention existe aussi de favoriser la mobilité professionnelle et les échanges en termes de formation supérieure aux métiers du bois. Plus complexe, mais probablement encore plus concret, les participants souhaitent offrir des perspectives de développement commercial par la mise en place de véritables partenariats techniques et économiques. Les architectes français et québécois se montrent déterminés pour accompagner les collectivités dans les nouvelles réglementations énergétiques en privilégiant le bois dont on découvre sans cesse de nouvelles qualités. Le rapprochement entre la FNCOFOR et la FQM, annoncé en fin de forum sera sans doute l’un des moteurs de cette future coopération.

Des coopératives forestières qui coopèrent

En plus de préparer conjointement l’atelier sur le renouvellement et les garanties de gestion durable, que nous aurions pu traduire au Québec par l’approvisionnement et l’aménagement forestier durable, l’Union de la coopération forestière française et la Fédération québécoise des coopératives forestières ont profité du Forum pour approfondir leurs relations. Une visite en forêt et d’une coopérative forestière a permis d’échanger longuement sur les perspectives et défis des deux réseaux. Il en découlera un accord de coopération et un plan d’action annuel permettant d’approfondir les dossiers qui présentent le plus d’intérêt. Les partenaires institutionnels : Pour la France : France Bois Forêt, ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, Mairie de Paris, Fédération nationale des Communes forestières, Institut technologique FCBA, Union de la coopération forestière française, France Bois Régions, Comité national pour le développement du bois. Pour le Québec : ministère des Ressources naturelles du Québec, Conférence régionale des élus du Bas-Saint-Laurent, Fédération québécoise des municipalités, FP Innovations, Conseil de l’industrie forestière du Québec, Centre d’expertise sur la construction commerciale en bois, Fédération québécoise des coopératives forestières, Ordre des ingénieurs forestiers du Québec, Ordre des architectes du Québec.