Bureau de mise en marché des bois

Premières mises aux enchères

D’ici à son implantation officielle prévue pour le 1er avril 2013, le MRNF peaufine le concept de mise aux enchères par le biais du Bureau de mise en marché des bois (BMMB), l’organisme en charge. Une première ronde d’enchères a eu lieu ce printemps et de nouveaux secteurs ont récemment été mis en vente.

D’ici à son implantation officielle prévue pour le 1er avril 2013, le MRNF peaufine le concept de mise aux enchères par le biais du Bureau de mise en marché des bois (BMMB), l’organisme en charge. Une première ronde d’enchères a eu lieu ce printemps et de nouveaux secteurs ont récemment été mis en vente.

17 jan. 2012

Marie-Claude Boileau

Avec le nouveau régime forestier, le ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF) souhaite ouvrir la forêt publique au marché libre afin d’encourager la compétitivité et rendre accessible la ressource du domaine public à toutes les entreprises. D’ici à son implantation officielle prévue pour le 1er avril 2013, le MRNF peaufine le concept de mise aux enchères par le biais du Bureau de mise en marché des bois (BMMB), l’organisme en charge. Une première ronde d’enchères a eu lieu ce printemps et de nouveaux secteurs ont récemment été mis en vente.

Bien que le projet soit embryonnaire, le BMMB est satisfait des résultats, selon l’économiste VINCENT AUCLAIR, qui présentait une conférence sur le marché libre des bois et le BMMB lors du dernier congrès de RESAM tenu a Maniwaki les 11, 12 et 13 septembre derniers. Sur les 12 secteurs aux enchères en mai 2011, six d’entre eux ont trouvé preneur. Ils sont essentiellement situés en Outaouais, au Lac-Saint-Jean, en Mauricie et en Estrie. Les six autres font partie des nouveaux lots en vente à l’automne 2011.

Procédures

Le BMMB identifie d’abord des secteurs représentatifs des secteurs récoltés par les détenteurs de CAAF. Il prépare par la suite les documents d’appel d’offres, incluant un devis d’intervention préparé par les directions régionales du ministère. Les acheteurs potentiels ont entre quatre et six semaines pour déposer une offre. Entre la mise en vente des secteurs et la réception des offres, les enchérisseurs doivent miser un prix qui inclut les coûts qu’ils doivent assumer pour les activités de récolte tels que prévus dans les documents de l’appel d’offres. Si pour un secteur des modalités supplémentaires sont nécessaires pour se conformer aux exigences de l’aménagement écosystémique, le futur acquéreur devra respecter les modes d’intervention prévus au devis d’intervention. Les enchérisseurs doivent alors miser en conséquence dans un tel cas et ajuster leur prix en fonction des coûts supplémentaires liés à la récolte. De plus, les enchérisseurs doivent faire des mises par essence par qualité. S’il y a deux essences dans le secteur, du sapin et du bouleau jaune par exemple, de deux qualités différentes, sciage et trituration (pâtes et papiers), ils doivent donc déposer quatre mises en dollars par mètre cube. Par la suite, la mise totale est calculée en multipliant ces mises par les volumes estimés d’inventaire. C’est avec cette mise totale que l’attribution des secteurs est faite. Le BMMB fixe un prix de départ correspondant à la valeur estimée de la ressource mise en vente. Celui-ci est à titre indicatif seulement puisque les acheteurs peuvent soumettre des mises qui lui sont inférieures ou supérieures. Il y a également un prix de réserve qui, lui, n’est pas dévoilé aux acheteurs afin d’éviter toute collusion possible. Si le prix soumis est plus bas que le prix de réserve, la vente du lot est reportée. C’est d’ailleurs le cas pour les six secteurs non-vendus lors des enchères du printemps. Les entreprises qui ont remporté les mises aux enchères ont été annoncées sur le site Web du BMMB. L’organisme ne veut pas révéler le nombre de soumissions reçues, car il considère que cette information est stratégique. «Ça renseigne sur les compétiteurs potentiels. Notre objectif est d’offrir un vrai marché exempt de collusion avec un niveau de compétition adéquat», explique M. Auclair. Sur les six acheteurs, un seul est un bénéficiaire de CAAF. Trois sont des entrepreneurs forestiers et l’un est un négociant de bois (ce dernier ayant remporté deux secteurs). Selon M. Auclair, le BMMB s’attendait à de tels résultats. «Avec la crise forestière, les bénéficiaires de CAAF ne récoltent pas le bois dans leur entièreté. Ils n’ont pas vraiment d’appétit pour acheter des volumes supplémentaires à ceux qui leurs sont garantis par leur CAAF. Éventuellement, le marché va reprendre », indique-t-il. Les bénéficiaires de CAAF (ou de garantie d’approvisionnement) qui auront tout récolté leurs attributions n’auront pas le choix de se tourner vers le marché libre, les forêts privées ou le bois d’importation. La procédure de mise aux enchères est toujours en constante évolution. Les prochaines seront légèrement modifiées pour corriger les éléments qui ont moins bien fonctionné. De plus, de nouveaux types d’enchères seront introduits. «Il y aura des enchères combinatoires au cours desquelles les acheteurs auront la possibilité de combiner des secteurs rapprochés géographiquement afin de tirer profit des économies d’échelles. Aussi, il y aura des ventes partout au Québec et pas seulement dans quelques régions», fait-il savoir. Les enchères de l’automne consistent à offrir environ1 200 000 mètres cubes de bois des forêts publiques. Le tout se réalisera en deux parties. Déjà, 690 000 mètres cubes sont présentement en vente. Les enchérisseurs ont jusqu’au 7 novembre pour soumettre une offre. Ces 25 lots sont situés principalement dans le nord du Québec. Leurs ventes ont déjà été annoncées puisque l’hiver arrive plus tôt dans ces régions. D’ici un mois, de nouvelles enchères seront lancées et cette fois-ci, les lots sélectionnés seront situés plus au sud. Les documents sur les appels d’offres sont disponibles au www.bmmb.gouv.qc.ca.