Investissements des gouvernements en travaux sylvicoles

Printemps faste pour les travaux sylvicoles

Malgré l’austérité budgétaire exercée par les deux paliers de gouvernement fédéral et provincial, les travaux d’aménagement forestier pourront s’exécuter selon un rythme soutenu, tant en forêt publique que privée, au cours des prochains mois.

Malgré l’austérité budgétaire exercée par les deux paliers de gouvernement fédéral et provincial, les travaux d’aménagement forestier pourront s’exécuter selon un rythme soutenu, tant en forêt publique que privée, au cours des prochains mois.

Photo: Guy Lavoie

24 Avr. 2013
Claude Morin

La venue du printemps coïncide avec l’arrivée de jours favorables à la sylviculture au Québec. Malgré l’austérité budgétaire exercée par les deux paliers de gouvernement fédéral et provincial, les travaux d’aménagement forestier pourront s’exécuter selon un rythme soutenu, tant en forêt publique que privée, au cours des prochains mois.

La ministre des Ressources naturelles du Québec, MARTINE OUELLET, a confirmé l’effort particulier décidé par son gouvernement pour maintenir et favoriser le travail sylvicole dans toutes les régions du Québec. « Je suis fière de pouvoir annoncer les budgets en travaux sylvicoles plusieurs mois d’avance cette année. Cela permettra aux entreprises sylvicoles de faire une meilleure planification de leurs travaux et de leurs équipes », a déclaré la ministre aux personnes présentes lors du congrès de la Fédération québécoise des coopératives forestières (FQCF), le 10 avril dernier au Centre de congrès et d’exposition de Lévis.

Le budget de 166 millions $, directement accordé aux entreprises sylvicoles, est bonifié à 171 millions $. Le montant de 28,5 millions $, alloué à la mise en valeur de la forêt privée, est intégralement maintenu. L’aide ponctuelle de 5 millions $, dévolue au programme d’investissements sylvicoles en forêt privée, subsiste encore cette année mais, la fin de ce volet spécifique est annoncée. Le programme de création d’emplois en forêt (PCEF), particulièrement utilisé en forêt publique et privée du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie, survit selon le même montant que l’année précédente, soit 15 millions $. Au total, l’ensemble de l’activité des travaux sylvicoles en forêt publique et en forêt privée en 2013-2014 représente une somme de 254 millions $.

La contribution fédérale

Une aide fédérale de 9,9 millions $ pour contribuer à la gestion durable des forêts québécoises, incluse dans le cadre d’une entente Canada-Québec expliquée à Roberval, le 8 avril, a certes favorisé l’élaboration d’une meilleure répartition des budgets du MRN pour l’aménagement fo restier. D’autant plus que le ministre de l’Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec, DENIS LEBEL, a tenu à souligner que cet apport d’Ottawa au secteur fo restier se fait dans le respect des compétences du Québec. « Ce soutien ponctuel aux travaux sylvicoles se réalise en tenant compte de l’entière juridiction du Québec dans la gestion de ses ressources naturelles. Je constate également que notre contribution s’inscrit dans le respect des règles de l’accord de libre-échange avec notre principal marché d’exportation, les États-Unis », a précisé le ministre des Transports, de l’Infrastructure et des Collectivités dans le gouvernement Harper.

Le député de Roberval et adjoint parlementaire de la ministre des Ressources naturelles, DENIS TROTTIER, reconnaît la valeur de cette contribution du gouvernement fédéral à la sylviculture du Québec, mais constate néanmoins une différence significative avec le soutien accordé par le gouvernement conservateur à l’industrie automobile ontarienne. « On est toujours content de voir cette implication du gouvernement fédéral et c’est tout à fait correct de nous laisser maître d’oeuvre de l’usage de ces fonds. Est-ce suffi sant pour relancer l’industrie forestière? Des questions subsistent surtout si on considère les milliards investis dans l’industrie automobile, sans aucune mesure avec le secteur forestier. Cet aspect de la réalité demeure un peu décevant, on aurait pu espérer avoir une meilleure part », observe le député de Roberval.

Une deuxième entente Canada-Québec a aussi été conclue, entre les ministres Denis Lebel et Martine Ouellet, au sujet de la restauration de certaines traverses de cours d’eau, sur des chemins à vocation faunique et multiressource. Cet accord permettra d’augmenter le potentiel d’attraction touristique des collectivités admissibles à ce programme. Les deux paliers de gouvernement y souscrivent chacun un montant de deux millions $. Au lendemain de la signature de ces deux ententes Canada-Québec, le ministre Denis Lebel a aussi révélé le soutien du gouvernement fédéral aux initiatives du centre de recherche en foresterie FP Innovations, qui recevra une contribution fi nancière de Développement économique Canada de l’ordre de 3 millions 760 mille $. Le ministre a également fait part d’un soutien fi nancier d’un million $ pour le Bureau de promotion des produits du bois du Québec.

Débroussaillage vs éclaircies commerciales

La nature des travaux réalisés en forêt cette année comprend une bonifi cation des activités de débroussaillage afi n de préparer le terrain pour l’exécution des éclaircies commerciales. Les efforts consentis dans les décennies antérieures commencent à porter leurs fruits et de nombreux territoires deviendront bientôt matures pour la récolte forestière des diverses essences commerciales. Le montant attribué aux travaux de débroussaillage passe ainsi de 57 à 65 millions $ sur l’ensemble des surfaces disponibles pour les travaux sylvicoles cette année. « La majeure partie de ces sommes va directement en salaires, ce qui est tout de même fort important. C’est réparti sur l’ensemble de toutes les régions du Québec. S’ajoute à cela le montant de 5 millions $, dévolu à la forêt privée, ce qui correspond à l’ancien Programme d’investissement sylvicole. On revient donc aux sommes investies en forêt privée au cours des années antérieures, cela devrait procurer un bon élan à la sylviculture québécoise », souligne le député Denis Trottier.

Dialogue et normes de qualité

La ministre des Ressources naturelles a réitéré son intention de travailler en concertation avec les différentes associations liées à la sylviculture au Québec : la Fédération québécoise des coopératives forestières (FQCF), l’Association des entrepreneurs en travaux sylvicoles du Québec (AETSQ) et le Regroupement des sociétés d’aménagement (RESAM). « Nous souhaitons continuer le dialogue amorcé avec ces trois associations afi n d’améliorer nos pratiques mutuelles et ainsi assurer un avenir solide à l’industrie forestière du Québec », a affi rmé la ministre Martine Ouellet. Elle a aussi précisé l’intention du MRN de travailler avec le Bureau de normalisation du Québec pour élaborer une nouvelle norme mieux adaptée aux petites entreprises à l’égard de la gestion et des coûts. L’objectif est d’assurer le même respect des principes de développement durable à coût moindre. La nouvelle norme doit entrer en vigueur à l’automne 2013.