Prix du bois: perspectives pour 2014

D’après les consultations faites auprès des syndicats du bois du Québec, le prix du bois connaîtra une hausse pour 2014 si la tendance se maintient. Toutefois, elle ne sera pas de la même importance que celle qu’on a connue l’an dernier.

D’après les consultations faites auprès des syndicats du bois du Québec, le prix du bois connaîtra une hausse pour 2014 si la tendance se maintient. Toutefois, elle ne sera pas de la même importance que celle qu’on a connue l’an dernier.

Photo: Guy Lavoie

3 Avr. 2014
Marie-Claude Boileau

D’après les consultations faites auprès des syndicats du bois du Québec, le prix du bois connaîtra une hausse pour 2014 si la tendance se maintient. Toutefois, elle ne sera pas de la même importance que celle qu’on a connue l’an dernier. Le Monde Forestier a également demandé aux organisations si la vente de bois issus des premières éclaircies de plantation allait avoir des conséquences. Voici leurs réponses :

«- Les prix du bois en Estrie et Montérégie sont sensiblement les mêmes en 2014 qu’en 2013 en ce qui concerne le bois à pâte livrés à la Domtar. Quant aux prix du bois de sciage, ils devraient augmenter en 2014 tout comme les volumes de livraison.

– Concernant les bois provenant de la première éclaircie de plantation d’épinette, c’est commencé depuis quelques années, nous anticipons une hausse des volumes récoltés si les prix des billes de sciage augmentent de façon importante.»

Raymond Thibeault, directeur général, Syndicat des producteurs de bois de l’Estrie

 

«- Pour le bois de sciage, nous prévoyons une hausse autant pour les feuillus que les résineux. Du côté de la pâte, nous notons un prix stable pour les feuillus. Nous n’avons aucun marché pour les résineux. Enfin, pour les panneaux, nous croyons avoir une hausse pour les feuillus et résineux.

– Nous n’avons pas d’information sur les volumes d’éclaircie offerts par la forêt publique dans notre région. Toutefois, nous anticipons que ces bois et travaux seront largement subventionnés par l’État et qu’ils seront priorisés par l’industrie en raison d’un faible droit de coupe. Contrairement à la forêt privée de l’Outaouais qui s’est fait amputer de 12% de ses budgets d’aménagement en 2013-2014 et qui n’aura pas de budget à la hausse pour 2014-2015, les vastes chantiers mis de l’avant dans la forêt publique sont généralement extrêmement dommageables pour la mise en marché des bois de la forêt privée. D’ailleurs, nous n’avons toujours pas terminé la récupération des bois de sinistre de la tempête de neige du 21 décembre 2012 étant donné que nous devons écouler le pin gris au comptegoutte alors que le bois de la forêt publique affecté par cette même tempête a été livré au complet durant l’été 2013 et subventionné à l’extrême. C’est comme ça au Québec!»

Mario Couture, directeur général, Office des producteurs de bois de la Gatineau

 

– La demande syndicale est à la hausse, mais les offres des usines à la baisse. Le prix payé actuellement est comparable à ceux de 2007- 2008.

«- Il y a toujours eu des éclaircies commerciales, rien ne change.»

Lyne Guénette, Syndicat des producteurs forestiers de Labelle

 

 

«- Nous avons connu quand même de bonnes augmentations dans le sciage l’an dernier. On espère avoir encore des augmentations cette année. Nous avons connu une hausse d’environ 8% l’année dernière. Si on a la même chose cette année, ça sera excellent, mais ça peut être moindre.

– Dans notre cas, ça ne nous nuit pas parce qu’on fait juste livrer du sciage à nos moulins d’Abitibi-Témiscamingue. Tout ce qui se classe sciage peut être livré même à la première éclaircie commerciale. Pour nous, ça fait des volumes supplémentaires.»

Stéphane Paul, directeur général Syndicat des producteurs de bois d’Abitibi-Témiscamingue

 

 

«- Pour le bois à pâtes, le prix devrait être assez stable. Pour ce qui est du bois de sciage, on s’attend à une amélioration des prix. D’ailleurs, on connaît une amélioration depuis le début de l’année et on s’attend à ce que ça continue en ce sens. On constate une hausse graduelle depuis environ trois ans et je crois que ça va se poursuivre ainsi.

– En fait, là où l’on est affecté, c’est par le grand besoin de réaliser les premières éclaircies de plantation. Ce sont des marchés de pâtes qui nous limitent parce qu’on n’a pas beaucoup d’avenues pour liquider ce bois-là. Sinon, on commence à voir de plus en plus de possibilités pour le petit bois de sciage de 8 pieds. Ça nous donne un grand coup de main. Il y a des acheteurs plus agressifs depuis quelques mois de ce côté-là et les scieurs conventionnels commencent à diminuer leurs attentes au niveau des critères de spécifications de bois de sciage. Présentement, on est capable de rentrer du bois de 8 pieds de petites dimensions pour plusieurs usines. On mise là dessus parce que du côté de la pâte, avec les prix que l’on a et l’accès au marché qui n’est pas évident, il faut se tourner vers d’autres avenues, dont le sciage de petites dimensions.»

Martin Ladouceur, directeur général Association des propriétaires de boisés de la Beauce

 

 

«- Je ne sais pas.

– Il en sort déjà depuis quelques années. Ce n’est pas nouveau. La nouveauté est que plusieurs font état de ça parce qu’il y a des plantations qui arrivent à l’étape d’une première éclaircie, mais il s’agit de bois très difficile à commercialiser. Il y a une fenêtre pour faire une première éclaircie. Là, on y est. C’est sûr que lorsqu’on veut traiter ces plantations-là au moment opportun, il faut être capable de vendre du bois de moins bonne qualité parce que ce bois-là n’a pas un fort diamètre. Ce n’est pas très prisé par l’industrie. Ça peut retarder les interventions. Mais il y aura de plus en plus de superficies à traiter avec ce type de bois.»

Georges Fortier, secrétaire-gérant et mise en marché, Syndicat des producteurs de bois de la Côte-du-Sud

 

 

«- Ça va dépendre des marchés. De façon générale on s’attend à une hausse légère.

– Ce sont des volumes de bois qui risquent d’être plus difficiles à vendre. Plus l’offre sera généralisée, plus ça créera un problème parce qu’il y aura moins d’acheteurs pour ce type de bois-là.»

Jean-Pierre Dansereau, directeur général Syndicat des propriétaires forestiers de la région de Québec

 

 

«- Depuis le début de l’année, on constate une augmentation, sans être majeure. Vu les informations qu’on collecte à gauche et à droite auprès de notre fédération et via les experts internationaux, on anticipe une bonne année 2014. En 2013, nous avons connu une bonne année. Nos ventes ont augmenté dans le bois de sciage régionalement. On espère poursuivre sur la même lancée. Je serais surpris qu’on atteigne le même pourcentage qu’en 2013. Par contre, tout nous laisse croire qu’on va connaître une hausse.

– Au Bas-Saint-Laurent, il y a énormément de plantations faites au tournant des années 85-90, à la suite du passage de la tordeuse de l’épinette, et ce, autant en forêt privée que publique. C’est clair qu’on arrive à une période, surtout au début de 2015, où la majorité va être due pour leurs premières éclaircies. Dans notre région, il y a un chantier chapeauté par la CRE et où l’agence de mise en valeur est impliquée, parce qu’on a une mer de bois potentiel à mettre en marché. Notre gros questionnement est : est-ce que la structure industrielle sera capable de l’absorber et à des prix intéressants? C’est sûr qu’on parle de bois de faible dimension. Pour l’aspect sciage, ça ne nous inquiète pas vraiment. Par contre, on est inquiet pour les sous-produits. Est-ce que les scieries seront capables de les écouler? Pour le bois scié, il n’y aura pas de problème. Compte tenu de la conjoncture économique mondiale, on s’attend à ce qu’il y ait de la demande pour le bois d’oeuvre. Lorsqu’on produit du bois d’oeuvre, on crée des copeaux, de la sciure, etc. C’est tout ce panier-là que les industriels vont devoir mettre en marché et ça, ça nous inquiète. Du côté du bois à pâte, on a des inquiétudes aussi. Compte tenu du marché des sous-produits qui n’est pas inondé, mais pratiquement, on est à un seuil où au Bas-Saint- Laurent ça fonctionne encore. La capacité industrielle de transformation des sous-produits est encore capable d’absorber ce qui est produit, mais on est à la limite. C’est sûr que si les scieries se mettent à produire plus, on va se retrouver avec un problème sur les bras : celui d’écouler les sous-produits. Et ces sousproduits pour le bois à pâte, c’est un compétiteur direct. Cette année, on avait un marché pour du petit résineux, donc du bois de 4 pieds. Mais ici, ce n’est pas populaire. Les propriétaires ne sont plus équipés et ça ne les intéresse pas non plus. Au syndicat, nous avions réussi à trouver un marché à Edmundston au Nouveau- Brunswick, mais le prix qu’on était capable d’offrir à nos producteurs n’était pas suffisant. Nous avons livré quelques voyages seulement sur une entente contractuelle qui était quand même importante. À ce niveau-là, la difficulté n’est pas tant au niveau de l’accès au marché, mais à cause de l’importance des copeaux sur le marché, on n’est pas concurrentiel. Oui, les compagnies sont preneuses de notre bois, mais à des prix ridicules. Quand on leur montre le prix offert, les producteurs décident de ne pas en faire. L’accès au marché c’est une chose, mais dans notre cas, c’est une question de prix.»

Jean-François Dubé, adjoint au directeur Syndicat des producteurs de bois du Bas-St-Laurent

 

 

«- Pour la région du Centre-du-Québec, le prix du bois de pâte résineux devrait connaître une faible hausse alors que les possibilités de livraison seront très bonnes en 2014. La situation devrait être identique pour la Mauricie et Lanaudière. Du côté du bois de pâte feuillu, les possibilités de livraison seront très bonnes en 2014 tandis qu’on aura une hausse de prix par rapport à 2013 pour le Centre-du-Québec. Tandis qu’on estime que la livraison sera également excellente pour 2014, le prix du bois de pâte feuillu pour la Mauricie et Lanaudière aura un statu quo comparativement à l’an dernier. En ce qui concerne le bois destiné aux marchés des panneaux ou de la métallurgie, on prévoit, pour les trois régions, que les possibilités de livraison seront bonnes en 2014 et qu’on aura une hausse de prix par rapport à 2013. Enfin pour le bois de sciage, les marchés de bois scié se sont raffermis au cours des derniers mois ce qui en- traîne une demande de la part des industriels. Statu quo ou hausse des prix sur les marchés, mais pas de baisse de prix à prévoir.

– Pour ce qui est du bois d’éclaircie, je ne prévois aucun problème de mise en marché pour les deux régions concernant ces bois… Dans les faits, la mise en marché du bois devrait être bonne en 2014.»

Ghislain Leblond, directeur général Syndicat des producteurs du bois du Centre-du-Québec Syndicat des producteurs du bois de la Mauricie

 

 

«- Les prix moyens mensuels dans la région de la Gaspésie sont de 439,27$ (pribec/$CA) pour le mois de mars. Depuis le début de l’année, les prix sont en légère hausse.»

Syndicat des producteurs de bois de la Gaspésie

 

 

«-Malgré les statistiques qui prévoient une reprise des marchés, sur le terrain on ne voit pas beaucoup les signes. Présentement, on est en conciliation pour les prix sur Fortress à Thurso qui veulent nous réduire le prix de l’érable et du peuplier de 3$ tonnes. Ce qu’on n’accepte pas. Avec Résolu, on est en conciliation également parce qu’on ne s’entend pas pour une hausse des prix. Ce n’est pas facile. C’est la même chose avec les syndicats du bois à Maniwaki, Labelle et Mont-Laurier. Il y a des gens qui ont racheté une usine de sciage qui avait fermé il y a 10 ans et les nouveaux propriétaires n’achètent plus de bois de la forêt privée pour l’instant. On a seulement un petit marché pour du granule. Ce n’est pas un gros montant, mais ça nous permet d’écouler du bois de très mauvaise qualité.

-On a des acheteurs pour le pin. À l’Office des producteurs du bois, on avait passé un règlement à l’Assemblée générale en 2012 pour l’exclusivité sur tous les produits. Mais étant donné que l’Office a analysé un projet de fusion, la Régie a placé le règlement sur l’exclusivité ne attente. Puisqu’on n’a pas fusionné, le règlement est passé dans la Gazette officielle en juin 2013. On a donc des contrats avec tous les acheteurs de bois de sciage, pâte, granules et biomasse. Ici, il y a assez de plantations de pins rouges pour les premières et deuxièmes éclaircies et nos acheteurs sont en Ontario. Ils collaborent avec nous et paient le dollar à l’Agence. Lousiana Pacific achète le peuplier qui a un contrat pour 2014.»

Michel Léonard, technicien forestier Office des Producteurs de Bois du Pontiac

 

 

«- Le prix du bois devrait être en hausse. Les prévisions sont belles. Les spécialistes dans le domaine du commerce du bois d’oeuvre analysent l’année 2014 un peu meilleur que 2013. On s’attend à des montées dans les prix entre autres dans le résineux tant provincial que nordaméricain.

– Les marchés sont ouverts. Pour ce qui est des travaux d’éclaircie commerciale du bois de sciage, il devrait y avoir une facilité pour écouler cette quantité sur le marché. Ça ne sera pas la panacée puisqu’il s’agit de bois de petite dimension. Il y a une partie qui est dirigée pour faire des copeaux. Mais le marché des copeaux n’est pas très bon. Ça sera progressif, mais pas nécessairement évident. Ça sera des marchés à développer. Il va falloir le faire parce qu’il y a eu beaucoup de plantation et il faut commencer à faire de la coupe d’éclaircie commerciale. Les éclaircies seront régénérées et elles seront de plus en plus grandes. Il faudra trouver des marchés pour qu’ils puissent absorber les quantités.»

Jacques Tremblay, Directeur de la mise en marché Syndicat des producteurs de bois du Saguenay-Lac-Saint-Jean