Prix du résineux en hausse en Abitibi

«Les propriétaires privés ne sont jamais obligés de vendre leur bois. Cependant, avec les prix intéressants qu’on leur offre en ce moment, il y en a un plus grand nombre qui réalise des travaux de récolte» - Stéphane Paul

«Les propriétaires privés ne sont jamais obligés de vendre leur bois. Cependant, avec les prix intéressants qu’on leur offre en ce moment, il y en a un plus grand nombre qui réalise des travaux de récolte» - Stéphane Paul

Photo: Guy Lavoie

6 Nov. 2015

Le prix du résineux est en hausse depuis quelques années en Abitibi-Témiscamingue, tout particulièrement, le prix de l’épinette et du pin gris. L’augmentation s’expliquerait par un regain de la demande dans la région et une bonne organisation des producteurs de bois.

Martine Rioux

Les prix nets au chemin ÉTÉ (du 1er avril 2015 au 30 novembre 2015) ont été établis à 65$ par tonne métrique verte (tmv) pour l’épinette et le pin gris tronçonné et à 61$ par tmv pour le même bois en longueur. Pour la même période en 2014, les prix étaient respectivement de 60$ et 56$ par tmv et de 54$ et 50$ par tmv en 2013.

Les chiffres sont publiés à chaque période sur le site Web du Syndicat des producteurs de bois de l’Abitibi-Témiscamingue. «Le marché du bois a repris de la vigueur après des années de morosité. Il y a environ 7 usines dans la région qui achètent des résineux et qui se font concurrence pour l’achat du bois. Cette compétition entre les industriels est favorable pour les producteurs », explique SYLVAIN THIBODEAU, directeur général du Groupement forestier coopératif Abitibi. Auparavant connu sous le nom de Société d’exploitation sylvicole de Rousseau, le groupement est spécialisé dans la gestion de lots forestiers privés. Il offre des services allant de l’aménagement du terrain jusqu’à la récolte du bois. Actuellement, la coopérative compte plus de 400 membres.

Selon M. Thibodeau, la hausse du prix s’expliquerait surtout par le fait que les producteurs de la région se sont regroupés au sein du Syndicat des producteurs de bois de l’Abitibi-Témiscamingue. L’organisation a mis en place une stratégie de mise en marché et de gestion des contrats. Et c’est désormais le Syndicat qui représente l’ensemble des producteurs auprès des industriels. «Tout le bois de sciage passe par le Syndicat. Il y a un seul vendeur qui négocie les contrats», résume-t-il.

Le directeur général du Syndicat, STEPHANE PAUL, confirme que la mise en place du Plan conjoint des producteurs de bois d’Abitibi-Témiscamingue aura été bénéfique pour les propriétaires forestiers de la région. Ce plan leur permet de négocier collectivement toutes les conditions de production de mise en marché de leurs produits, permettant ainsi à un groupe de producteurs de devenir un seul et même vendeur auprès des acheteurs. «Comme l’industrie forestière reprend de la vigueur après des années difficiles, elle cherche à acquérir davantage de bois. La demande est là! En tant que voix unique des producteurs, nous avons réussi à négocier de bons prix pour nos propriétaires de lots privés», indique M. Paul.

«Les propriétaires privés ne sont jamais obligés de vendre leur bois. Cependant, avec les prix intéressants qu’on leur offre en ce moment, il y en a un plus grand nombre qui réalise des travaux de récolte», précise-t-il. Selon lui, la possibilité forestière est encore énorme en Abitibi. «Sur les quelque 10 000 propriétaires de lots privés dans la région, il y en a seulement 500 qui sont actifs! Nous avons le défi de rejoindre les propriétaires. Présentement, c’est un bon moment!»

Hausse pour les feuillus

Pour l’instant, ce n’est que le prix pour les résineux qui est en hausse en Abitibi. M. Paul est très optimiste pour l’avenir et il croit que le prix offert pour les feuillus pourrait augmenter au cours des prochaines années. En effet, la région ne compte actuellement qu’une seule usine acheteuse pour ce type de bois, mais la situation changera en 2016 avec l’ouverture d’une deuxième usine à Amos. Une nouvelle concurrence qui pourrait faire grimper les prix.