Formation des travailleurs en forêt

Programme MFOR : en attente d’une décision

Le programme MFOR a pris plus d’importance particulièrement depuis l’implantation du nouveau régime forestier. Les budgets pour certains travaux ont été déplacés. L’abattage en raison des éclaircies de plantation a pris du galon contrairement au débroussaillage. Pour garder à l’emploi plus longtemps les employés, il a donc fallu miser sur la polyvalence.

Le programme MFOR a pris plus d’importance particulièrement depuis l’implantation du nouveau régime forestier. Les budgets pour certains travaux ont été déplacés. L’abattage en raison des éclaircies de plantation a pris du galon contrairement au débroussaillage. Pour garder à l’emploi plus longtemps les employés, il a donc fallu miser sur la polyvalence.

Photo: archives LMF

18 Fév. 2015

Le Regroupement des sociétés d’aménagement forestier (RESAM) et la Fédération québécoise des coopératives forestières garde bon espoir qu’Emploi-Québec renouvelle le budget pour le programme de formation en entreprise, MFOR. Encore cette année, celui-ci a permis à de nombreux travailleurs d’acquérir de nouvelles compétences.

Marie-Claude Boileau

Pour l’année 2014-2015, les deux organisations disposaient d’un budget de plus de 900 000$ pour former du personnel. Rappelons également qu’on avait ajouté de nouvelles formations à celles existantes.

Si quelques cours restent à être dispensés dans les groupements forestiers, PASCAL OUELLETTE, directeur adjoint au RESAM, indique qu’il serait «très surprenant qu’on n’utilise pas tout le budget». «C’est la première fois que RESAM utilise l’ensemble de l’argent disponible», révèle-t-il.

Pour solliciter des projets auprès des groupements, l’organisation a fait beaucoup de promotions pour faire connaître MFOR. «Nous sommes allés chercher plusieurs groupements qui normalement n’utilisent pas MFOR. Ils ont embarqué et ils ont été très satisfaits», indique M. Ouellette.

Du côté de la FQCF, on est aussi heureux des résultats. «De façon générale, Ç’a très bien été. La participation a été importante et variée avec 130 participants», informe CLÉMENT AUBIN, conseiller en main-d’œuvre. Il ajoute qu’il a dû abandonner certains projets faute d’argent puisqu’il a rempli l’enveloppe tôt en saison. «J’aurais pu utiliser d’autres budgets», confie-t-il.

ALAIN PARADIS, président de la FQCF, avance que le programme MFOR a plus que sa place. «On a modifié un peu les priorités et les orientations dans le programme. Au sein de la fédération, on a travaillé fort pour le rendre le plus optimal possible. Là, on a un très beau produit. Les coops ont collaboré étroitement. On espère bien que le programme soit reconduit et que l’on continue dans le même esprit.»

RÉNALD BERNIER, président du RESAM, abonde dans le même sens. «On s’aperçoit que l’évolution donnée au programme donne vraiment des résultats notamment pour les formations supplémentaires que l’on donne aux employés afin de les rendre plus polyvalents et les garder plus longtemps. C’est un réel besoin.»

Le programme MFOR a pris plus d’importance particulièrement depuis l’implantation du nouveau régime forestier. Les budgets pour certains travaux ont été déplacés. L’abattage en raison des éclaircies de plantation a pris du galon contrairement au débroussaillage. Pour garder à l’emploi plus longtemps les employés, il a donc fallu miser sur la polyvalence. «C’est un des programmes qui aident le plus à vivre les changements apportés par le nouveau régime, mais dont on n’entend pas assez parler. Ces changements ont eu un impact sur les travailleurs forestiers. On se doit d’accompagner cette main-d’œuvre en la rendant plus polyvalente», souligne M. Bernier.

MFOR permet donc d’acquérir des compétences pour ses travailleurs, et ce, tout en restant dans l’entreprise. «Le programme, on l’exploite beaucoup pour favoriser des acquisitions de compétence afin d’augmenter le nombre de semaines de travail. Ce sont des gens qui ont souvent une seule compétence. Avec MFOR, on les aide à se placer et à apprécier leur travail, à être plus polyvalent. Ça fait en sorte que ça augmente leur estime», avance M. Aubin. Son président le confirme. «Ça nous a permis d’avoir de nouvelles priorités. Plutôt que seulement de se concentrer sur la formation de recrue, on a été capable de travailler sur la polyvalence des ouvriers et d’être capable de réorienter des gens pour qu’ils soient aptes à nous aider dans d’autres activités. On a encore plus de chance puisqu’on forme quelqu’un dans la coopérative et qu’on lui permet d’acquérir des compétences supplémentaires», soutient M. Paradis.

En attente

Les deux organisations attendent de voir si gouvernement renouvellera le programme. M. Aubin confirme qu’il y a une demande pour des formations pour la prochaine année. «Il y a de la place encore pour offrir des formations en entreprise. On n’en manque pas. Le budget pourrait être même majoré d’autant. Ça serait très apprécié», dit le conseiller à la main-d’œuvre à la FQCF. Celles-ci devraient avoir une réponse à la mi-mars. Elles gardent bon espoir. «On ne sait pas présentement où ça s’en va. Par contre, c’est évident que ce programme est une clé pour les travailleurs sylvicoles. Lorsqu’on entend le premier ministre PHILIPPE COUILLARD dire que c’est important la sylviculture au Québec, je vois mal comment il ne pourrait pas donner une suite au programme», conclut le président de RESAM.