Fondation de la Faune

Protéger des milieux fauniques depuis 25 ans

Photo: courtoisie FF

25 Oct. 2012
Marie-Claude Boileau

La Fondation de la Faune soutient des projets liés à la protection des milieux fauniques depuis maintenant 25 ans. Si les programmes ont évolué au gré des besoins, la mission reste la même : promouvoir la conservation et la mise en valeur de la faune et de son habitat.

Face à la disparition d’importantes superficies d’habitats humides et à la dégradation de la qualité des habitats aquatiques et terrestres, le gouvernement du Québec  a créé le 15 juin 1984, la Fondation de la faune, en vertu de la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune. Officiellement, c’est en 1988 que les activités de cet organisme parapublic débutent. «C’est né d’une volonté de protéger et de mettre en valeur les habitats de la faune. L’idée étant de s’assurer que la faune sauvage au Québec soit en mesure de perdurer. Nous ne soignons pas les bêtes, nous ne faisons pas d’inventaire, mais nous sommes très orientés vers la protection et la mise en valeur des habitats», fait savoir PIERRE BRETON, ingénieur forestier et coordonnateur de projets à la Fondation de la faune où il travaille depuis sept ans.

Le point de départ, raconte MARCEL QUIRION, également coordonnateur de projets depuis une vingtaine d’années, était la disparition des habitats dans les marais en bordure du fleuve Saint-Laurent. L’aménagement de ravages pour les cerfs de Virginie est également un des premiers projets. «Dans les années 70- 80, il y avait beaucoup de neige, et jumelé à des périodes de chasse, les chevreuils étaient menacés. Il a fallu réajuster les périodes de chasse et créer des ravages, soit des milieux où ils pourraient survivre», raconte-t-il.

Les espèces fauniques qui ont la cote auprès des chasseurs, des trappeurs et des pêcheurs sont l’un des éléments sur lesquels la Fondation de la faune travaille beaucoup. Ceuxci sont d’ailleurs d’importants partenaires. En fait, 60% du budget de l’organisme provient de prélèvements sur les permis de chasse et de pêche. L’autre portion du financement provient de programmes gouvernementaux, de partenaires privés et par des campagnes de financement comme l’encan ou la vente d’un calendrier ou la carte Visa/Fondation de la faune. L’organisme gère un budget qui, actuellement, tourne entre 6 et 6,5M$. Elle finance des projets à travers une dizaine de programmes réguliers. Chacun d’entre eux découle d’une problématique bien précise. Pour soumettre un projet, les organismes doivent répondre à des critères spécifiques. La Fondation ne soutient jamais une initiative à 100%. Les organismes locaux doivent trouver d’autres partenaires dans leur milieu. Le financement versé par la Fondation peut varier entre 10% et 70%. «Pour 1$ que l’on verse, on amène le promoteur à trouver quatre autres dollars», explique M. Breton. M. Quirion ajoute que leur but est d’avoir un effet de levier et ne pas créer de dépendance envers leur aide financière. Certains programmes sont des initiatives de partenaires. Par exemple, on lancera prochainement un nouveau programme visant à protéger et à améliorer les habitats en bordure des sentiers de véhicules hors route. «Il s’agit d’une collaboration avec Transports Québec qui a convenu de prélever un montant sur les permis des conducteurs de VTT et de motoneige pour soutenir des projets. L’objectif est d’améliorer les réseaux de sentiers de façon à les rendre sécuritaires et de voir à la protection de l’environnement», indique Pierre Breton. Il ajoute que les deux fédérations participent. Autre exemple, l’organisme travaille avec l’UPA pour les programmes en milieu agricole. En tout, entre 400 et 500 projets sont financés par l’un des programmes de la Fondation de la faune. Une équipe de 18 personnes, dont 7 coordonnateurs, s’assurent de leur sélection et de leur succès. Les projets soutenus sont nombreux et variés. «On tente de couvrir l’ensemble des habitats. On intervient, par exemple, dans les milieux agricoles qui vivent des problèmes particuliers. En milieu forestier, il y a la forêt publique et privée qui n’ont pas les mêmes problématiques. Les programmes changent selon les milieux naturels à protéger ou à mettre en valeur ainsi qu’en fonction des régions», explique M. Breton.

Même si les deux coordonnateurs s’entendent pour dire qu’ils voient une certaine amélioration, reste qu’une pression est toujours exercée sur les habitats. «Le développement urbain, l’expansion du réseau routier, le secteur agricole et le transport d’énergie mettent une pression. En conséquence, ça vient fragmenter et modifier les milieux fauniques. Globalement, la liste des espèces menacées s’est rallongée», note M. Breton. N’empêche, il y a des améliorations à certains endroits, soutient-il. «On sent une prise de conscience, on voit de plus en plus d’organismes de conservation qui font un beau travail, mais les besoins sont toujours présents», mentionnet- il. Les défis sont donc toujours présents. à

Selon M. Quirion, il faut constamment s’adapter à l’évolution des milieux où ils travaillent et maintenir l’intérêt envers la protection de la biodiversité afin que l’on puisse contribuer davantage à rétablir les habitats menacés. D’ailleurs, la Fondation réfléchit pour trouver un moyen et être en mesure de mieux connaître l’impact des projets financés sur les habitats. «Au-delà des statistiques et des rapports que l’on reçoit, on souhaiterait savoir quel impact cela a eu sur le milieu faunique, dans quelles mesures il faut continuer à faire ce travail et comment mesurer l’impact des activités que l’on finance afin de mieux cibler notre aide», avance M. Breton. Il ajoute qu’il faut poursuivre les activités comme Pêche en ville pour s’assurer d’avoir une relève en chasse et en pêche.

La Fondation de la faune soulignera son 25e anniversaire tout au long de l’année. Une célébration aura lieu le 1er novembre à l’Aquarium de Québec où tous les partenaires de l’organisme seront invités.