Une 9000e Ponsse

Des Québécois en Finlande

Christopher, Andy et Réjean Girard, accompagnés de Jean Trottier et Marko Mattila

Christopher, Andy et Réjean Girard, accompagnés de Jean Trottier et Marko Mattila

Photo: Guy Lavoie

6 Nov. 2013
Guy Lavoie

Le 10 octobre dernier, la compagnie finlandaise Ponsse spécialisée dans la fabrication de machinerie forestière, a livré sa 9000e machine. Ce sont des Québécois de Labrecque au Saguenay-Lac-St-Jean qui en sont les acheteurs. Les Finlandais ont profité de l’occasion pour inviter les propriétaires de la machine fraîchement sortie de l’usine et des médias pour souligner dignement l’événement.

« L’entente pour l’achat de cette machine a été la plus rapide de notre histoire » a précisé JEAN TROTTIER, président du distributeur de produits Ponsse au Québec, Hydromec. «Notre client a pris la décision d’acheter un ElephantKing 8 minutes après avoir pris connaissance qu’il s’agissait de la 9000e machine!» L’acheteur de ladite machine est RÉJEAN GIRARD, propriétaire de la compagnie familiale Entreprise Forestière Lemieux Girard.

Ses trois fils, CHRISTOPHER, ANDY et BRYAN ainsi que son épouse, KATHY LEMIEUX travaillent pour l’entreprise. Selon Ponsse, le porteur ElephantKing qui a été lancé l’an dernier, est tout désigné pour les conditions québécoises. L’entreprise explique qu’il a été testé et conçu spécifiquement pour performer dans la neige, avec d’importants chargements, des pentes abruptes et de longues distances de transport.

M. MARIO GAUTHIER de Façonnage MG a testé le premier ElephantKing dès janvier 2011. Il l’a mis à l’épreuve dans le secteur de Manic 3, un des endroits les plus difficiles pour des forestiers. Il s’agit du plus imposant porteur que produit la compagnie finlandaise basée à Vieremä, à environ 500km au nord d’Helsinki. Il a une capacité de transport de 20 tonnes, 24 tonnes de force de traction et un espace de chargement de 6.25 m2.

C’est le 10 octobre que monsieur Girard et ses fils Christopher et Andy sont allés en Finlande récupérer les clés de leur ElephantKing. Jean Trottier n’a pas raté l’occasion et a accompagné ses clients dans le pays scandinave. ANTHONY DRAPEAU, de Trionex à Amos, était aussi du voyage. Son organisation agit depuis peu comme dépositaire de la marque Ponsse en Abitibi-Témiscamingue.

Une affaire de famille

L’omniprésence du thème de «la famille» était palpable pour cette journée spéciale. Bien sûr par la présence de nos compatriotes québécois de la famille Girard, mais aussi grâce à la famille Vidgrén. Ponsse a été fondée par EINARI VIDGRÉN, et ses fils sont toujours très impliqués dans l’organisation. C’est d’ailleurs JUHA VIDGRÉN, le président du conseil de la compagnie qui a animé la journée. À le voir se promener dans l’usine, il était facile de sentir que ses employés se sentent, eux aussi, membres de la grande famille Ponsse. 400 employés oeuvrent au bureau chef, qui est aussi l’usine principale, et 600 autres dans les divers bureaux, ateliers et entrepôts ailleurs en Finlande. À 13h30, le 10 du 10e mois, les travailleurs du premier quart qui se terminait, les employés du deuxième sur le point de le commencer, les invités canadiens, les invités américians et les Girard se sont réunis autour de la fameuse 9000e pour… une photo de famille!

La Ponsse Scorpion

La toute dernière création de l’entreprise Ponsse, le Scorpion, était aussi en vedette. Jean Trottier: «cette machine innove et repousse les limites dans le domaine de la récolte du bois court. Elle se démarque parmi tout ce qui existe sur le marché actuellement. Cette machine forestière fait l’objet de 5 brevets internationaux pour des innovations technologiques. Ponsse a aussi reçu un prix de l’état finlandais récemment.» [NDLR : Viva Automation! prize for the comprehensive and innovative utilisation of automation technology in a new harvester model].

Hydromec a vendu la première Scorpion à un client de Saint-Eugène : BERTRAND TREMBLAY de Forestier Marcel Tremblay et Fils. Les innovations techniques révolutionnaires de cet équipement à huit roues permettraient une stabilité accrue ainsi qu’une augmentation de la productivité. Tout ça dans le confort équivalent à celui d’un salon pour son opérateur.

L’HISTOIRE INVRAISEMBLABLE DE LA VENTE D’UN ELEPHANTKING

Voici le déroulement d’une vente qui s’est conclue il y a un peu plus de deux mois, le matin du 14 août 2013, tel que raconté par Jean Trottier, président d’Hydromec.

PROLOGUE

Le 20 juin dernier, je passe la commande pour un ElephantKing, la machine est cédulée pour sortir de l’usine en Finlande le 3 octobre 2013.

14 AOÛT – 7H39 AM

Marko Mattila [NDLR : directeur de l’Amérique du Nord chez Ponsse] m’appelle, ils sont en meeting spécial et me demande si notre ElephantKing du 3 octobre est vendu.

· Jean: – Non, mais on a le temps, elle va arriver en amérique en novembre.

· Marko: – Heeuuuu… Es-tu certain, pas de client pour cette machine?

· Jean: – On a beaucoup de prospects sérieux par contre!

· Marko: – Est-ce possible de la vendre maintenant?

· Jean: – Aujourd’hui???

· Marko: – Non, ce matin!

· Jean: – Tous les clients sont dans le bois Marko, on est mercredi matin. Pourquoi ça presse comme ça?

· Marko: – On vient de réaliser que ce sera la 9000e machine et nous voulons avoir un nom sur cette machine… aujourd’hui.

· Jean: – OK, donne-moi 5 minutes, j’essaie d’appeler Réjean Girard et je te redonne des nouvelles tout de suite.

7H45 AM

Le hasard veut que Réjean Girard soit aussi sur la route, tout juste à 2 minutes de me croiser… Je lui dis que j’ai quelque chose de spécial pour lui et d’arrêter au Pétro Canada qui est à moins d’une minute, entre lui et moi. Il arrive 30 secondes après moi. Je lui dit qu’on recherche un client spécial pour une machine spéciale, la 9000e Ponsse! Je lui explique aussi qu’on ne peut pas trouver de meilleurs clients que lui et ses garçons pour cette machine qui doit trouver preneur ce matin! Je lui demande ce qu’il en pense? Il me répond : «C’est correct!»

7H55 AM

On est prêt à reprendre la route, l’entente est conclue, la photo de l’acheteur de la 9000e Ponsse est envoyée à Marko Mattila.

NDLR: un autre texte traite du même sujet ici