Lutte à la tordeuse: qu’en est-il des lots privés?

En juin dernier, quelques propriétaires terriens se sont manifestés dans la région du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie se demandant pourquoi les lots privés n’avaient pas droit à ces traitements aériens.  Il semble que pour les lots de forêts privés, le gouvernement du Québec privilégie plutôt une approche de récupération des bois affectés.

En juin dernier, quelques propriétaires terriens se sont manifestés dans la région du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie se demandant pourquoi les lots privés n’avaient pas droit à ces traitements aériens. Il semble que pour les lots de forêts privés, le gouvernement du Québec privilégie plutôt une approche de récupération des bois affectés.

Photo: archives LMF

26 Fév. 2015

La progression de l’épidémie de la tordeuse des bourgeons de l’épinette augmente de façon exponentielle depuis quelques années. Entre 2009 et 2014, les superficies infestées au Québec sont passées d’un peu plus de 320 000 hectares à quelque 4 275 000 hectares. Une augmentation de plus de 700 % en 5 ans!

Mélanie Grenier

À l’intérieur de ces superficies, on trouve bien sûr tant des lots de forêts publiques que des lots de forêts privées. Mais alors que les arrosages aériens de Bacillus thuringiensis var. kurstaki (BTK) s’avèrent parfois être le seul moyen efficace pour atténuer les effets de l’épidémie, seule une petite portion des forêts infestées est traitée. Et cette portion est sélectionnée parmi les terres publiques seulement.

En 2014, un total de 156 835 hectares de forêt a été arrosé (sur les plus de 4,2 M d’hectares infestés). Les 193 secteurs qui avaient été préalablement sélectionnés étaient situés dans les régions de la Côte-Nord, du Lac-Saint-Jean, du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie–Îles-de- la-Madeleine. «Plusieurs critères sont pris en considération dans la sélection des blocs à traiter par épandages aériens comme entre autres la qualité du peuplement, son âge et son niveau de vulnérabilité, etc.», explique JEAN-YVES ARSENAULT, directeur général de la SOPFIM. Deux conditions majeures doivent également être prises en compte : il faut des blocs de 150 hectares ou plus et ils doivent être déterminés au sein de la forêt publique.

Comment ça fonctionne?

D’abord, il faut savoir que le pesticide utilisé pour lutter contre l’épidémie de la tordeuse, le BTK, ne s’attaque pas au ravageur comme tel, mais il protège sa source d’alimentation : les feuilles. Ainsi, l’objectif poursuivi par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs est la sauve-garde d’au moins 50 % du feuillage dans les aires traitées. «On a le mandat de protéger 50 % du feuillage dans 70 % des blocs à traiter», explique M. Arsenault.

En préservant le feuillage, les risques de mortalité de l’arbre s’en voient considérablement diminués. Et le succès de ces opérations semble être démontré : «Sur la base de l’évaluation aérienne des aires traitées, la moyenne de réussite des programmes de pulvérisation 2009 à 2014 se situe à 82 %. En moyenne, seulement 6 % des superficies traitées depuis 2009 ont subi une défoliation grave», peut-on lire dans le rapport de réalisation des travaux 2014 de la SOPFIM.

Et les lots privés?

En juin dernier, quelques propriétaires terriens se sont manifestés dans la région du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie se demandant pourquoi les lots privés n’avaient pas droit à ces traitements aériens. Ils ont fait l’objet d’un reportage de Radio-Canada.

Et ça n’était pas la première fois qu’il y avait des frictions entre les propriétaires et le gouvernement. «Le gouvernement n’a jamais fait d’épandage sur des terres privées», confirme M. Arsenault. Selon ce qu’on a pu apprendre, il semble que pour les lots de forêts privés, le gouvernement du Québec privilégie plutôt une approche de récupération des bois affectés.

Plan de récupération des bois affectés

La Côte-Nord, avec ses près de 3 millions d’hectares de forêts où la présence de la tordeuse des bourgeons de l’épinette a été répertoriée, est de loin la plus affectée par la présence du ravageur. En décembre dernier, le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs et ministre responsable du Centre-du-Québec, M. LAURENT LESSARD, a proposé un plan spécial de récupération pour la région. Les mesures proposées comprennent des incitatifs en vue d’offrir des compensations aux industriels pour leurs efforts de récupération et différents allègements réglementaires dans les modalités de récolte.