Rapprochement historique des réseaux coopératifs francophones et anglophones

De gauche à droite: M.Richard Deschamps, vice-président du comité exécutif de la Ville de Montréal, M.Claude Gauthier, président de la Canadian Co-operative Association, Mme Marthe Hamelin, présidente du Conseil canadien de la coopération et de la mutualité, Mme Hélène Simard, présidente-directrice générale du Conseil québécois de la coopération et de la mutualité et M. Charles Gould, directeur général de l’Alliance coopérative internationale.

De gauche à droite: M.Richard Deschamps, vice-président du comité exécutif de la Ville de Montréal, M.Claude Gauthier, président de la Canadian Co-operative Association, Mme Marthe Hamelin, présidente du Conseil canadien de la coopération et de la mutualité, Mme Hélène Simard, présidente-directrice générale du Conseil québécois de la coopération et de la mutualité et M. Charles Gould, directeur général de l’Alliance coopérative internationale.

Photo: courtoisie

27 Août. 2012
Jocelyn Lessard

Le Conseil canadien de la coopération et de la mutualité (CCCM) et l’Association canadienne des coopératives (CCA) ont tenu cette année à Montréal, un deuxième congrès conjoint. Les réseaux coopératifs francophones et anglophones ont décidé de former une association canadienne bilingue unique.

À l’occasion de l’Année internationale des coopératives, les représentants du mouvement coopératif de partout au Canada ont convenu qu’il serait préférable de réunir leur force en créant une nouvelle entité de représentation pancanadienne bilingue. Il s’agit d’un geste historique de rapprochement entre les réseaux de coopératives francophones et anglophones qui sont distincts depuis 1946. Le projet, en discussion depuis 2009, vise à donner une voix plus forte aux coopératives auprès des Canadiens mais aussi auprès du gouvernement fédéral. Le processus de regroupement des activités des deux organisations actuelles prendra forme au courant des prochains mois. Ce geste historique est perçu comme le premier jalon de l’héritage que le mouvement coopératif désire bâtir à l’occasion de l’Année internationale des coopératives. Rappelons que cette année thématique a été proclamée par l’ONU en 2009 dans le but de faire la promotion du modèle coopératif et de créer un environnement favorable à la création de nouvelles coopératives.

Les coopératives au Canada

Les 9 000 coopératives du Canada sont composées de plus de 18 millions de membres et de 155 000 employés et génèrent un chiffre d’affaires annuel de 50 milliards de dollars avec près de 370 milliards d’actifs. Les coopératives sont présentes dans tous les secteurs d’activités, mais elles occupent une place prépondérante dans les services financiers et l’assurance de même qu’en agriculture. Plusieurs des grandes coopératives québécoises comme Desjardins, La Coop fédérée, Agropur et plusieurs mutuelles ont entrepris d’accroître leur rayonnement en se développant dans tout le Canada. Elles applaudissent le geste qui vient d’être posé parce qu’elles ont besoin d’un regroupement fort qui facilitera leur déploiement.

Un congrès enrichissant

Le congrès a débuté à l’Hôtel de Ville de Montréal par un cocktail d’accueil. Tous les représen-tants politiques ont tenu à souligner cette Année internationale des coopératives et l’importance des coopératives au Canada. Le représentant de l’Alliance coopérative internationale (ACI) a notamment souligné que le Canada est l’un des deux pays instigateurs de l’initiative d’inscrire les coopératives dans la déclaration finale de Rio. Après les messages d’ouverture par les présidents des deux associations, madame KATHY BARSWICK, la représentante canadienne à l’ACI, a présenté son rapport. L’ACI a été très active cette année. Des efforts importants ont été entrepris pour construire une organisation plus forte et représentative de la voix des coopératives partout dans le monde grâce au développement de réseaux à l’intérieur et avec l’appui de partenaires stratégiques venus de l’extérieur. L’ACI a déménagé son siège social de Genève à Bruxelles. Les finances de l’organisation se sont aussi améliorées. Les efforts de l’ACI en 2012 sont cependant surtout dirigés pour le déploiement des activités de l’Année internationale des coopératives. L’ACI veut revoir son plan stratégique afin de faire du développement coopératif la forme d’entreprise qui croît le plus vite à travers la planète. Ce plan stratégique pour les cinq prochaines années sera déposé au congrès de Manchester à l’automne. Madame PAULINE GREEN, la présidente de l’ACI, s’est aussi adressée à l’assistance du congrès par vidéo pour remercier les Canadiens de leur contribution et pour souligner le très grand enthousiasme que soulèvent les activités de cette année de célébration de la coopération. Elle a qualifié cette Année internationale des coopératives de cadeau qu’il faut absolument savoir bien utiliser. Il faut en profiter pour léguer un héritage pour le mouvement coopératif. Plusieurs ateliers ont permis d’approfondir des sujets qui interpellent les coopérateurs à travers le pays, notamment leur financement. À ce sujet, il était intéressant d’apprendre que deux démarches, l’une québécoise et l’autre canadienne, sont en phase d’implantation pour faciliter l’accès au capital aux coopératives. Les deux fonds seront adaptés pour tenir compte de la nature distinctive des entreprises coopératives. Une plénière très intéressante avec des intervenants externes au mouvement coopératif, notamment Chantale Hébert, visait à faire connaître les perceptions des Canadiens à l’endroit des coopératives. Il semble d’ailleurs exister un relatif paradoxe. Les valeurs et les façons de faire des coopératives correspondent assez étroitement aux attentes des citoyens, mais cet intérêt ne se traduit pas facilement en transfert vers les entreprises coopératives, notamment parce qu’elles ne sont pas bien connues. Ce paradoxe a d’ailleurs été étudié par la suite par les congressistes. Enfin, un banquet très agréable a été tenu en soirée pendant lequel plusieurs personnalités du monde coopératif canadien ont été honorées, dont Michel Rouleau qui a présidé plusieurs années le Conseil québécois de la coopération et de la mutualité et Hazel Corcoran, la directrice générale de la Fédération canadienne des coopératives de travail, dont laquelle la FQCF est membre. Bravo à tous les deux !