Entrevue avec Denis Villeneuve, président de l’OIFQ

Raviver l’intérêt pour l’arbre et les forêts

Denis Villeneuve, entreprend un nouveau mandat de trois ans à la tête de cet organisme professionnel qui regroupe plus de 2 000 membres, répartis dans diverses organisations de toutes les régions.

Denis Villeneuve, entreprend un nouveau mandat de trois ans à la tête de cet organisme professionnel qui regroupe plus de 2 000 membres, répartis dans diverses organisations de toutes les régions.

Photo: courtoisie

28 Mai. 2012
Claude Morin

Le président de l’Ordre des ingénieurs forestiers du Québec, DENIS VILLENEUVE, entreprend un nouveau mandat de trois ans à la tête de cet organisme professionnel qui regroupe plus de 2 000 membres, répartis dans diverses organisations de toutes les régions. Réélu sans opposition en février, il a amorcé son second terme le 27 avril dernier. CLAUDE MORIN l’a interviewé afin de mieux connaître ses priorités d’actions des prochains mois.

Le Monde Forestier : Quels sont les dossiers que vous entendez faire cheminer au cours de ce deuxième mandat comme président de l’OIFQ?

Denis Villeneuve : Mes priorités se situent dans la continuité de mon premier mandat, notamment l’ouverture de la profession et l’identification des compétences de l’ingénieur forestier. Ces dossiers sont amorcés depuis un certain temps et se sont intensifiés dans mon premier mandat. Nous sommes actuellement dans le processus de réalisation d’un référentiel de compétences. On prévoit retourner en séances de consultation auprès des membres, l’automne prochain.

LMF : Comment entendez-vous contrer la morosité qui a envahi le secteur forestier et qui nuit au recrutement d’une relève intéressée à tout le potentiel de la forêt ?

Denis Villeneuve : Nous avons une stratégie de promotion de la profession afin de mieux faire connaître le rôle de l’ingénieur forestier. Nos membres versent depuis 2010, une contribution annuelle spéciale de 10 $ sur trois ans, pour un revenu annuel de 20 mille $. Cette somme est consacrée à faire la promotion de l’ingénieur forestier. Promouvoir notre profession, c’est aussi valoriser l’ensemble des métiers de la forêt ainsi que la forêt en général. Nous souhaitons aussi redonner le goût des sciences naturelles aux jeunes. L’aménagement durable des forêts peut sans doute inciter un bon nombre d’étudiants intéressés par les sciences de l’environnement. Une campagne publicitaire radiophonique a été élaborée, dans le cadre du mois de l’arbre et des forêts, en collaboration avec les diverses associations forestières régionales pour mieux faire connaître l’importance du secteur forestier auprès des citoyens de toutes les régions du Québec.

LMF : Le moment est-il venu de trouver de nouvelles voies d’accès au statut d’ingénieur forestier au Québec ?

Denis Villeneuve : Traditionnellement, les ingénieurs forestiers au Québec sont tous formés à la Faculté de foresterie, géographie et géomatique de l’Université Laval, selon trois programmes bien connus : aménagement et environnement forestier, opérations forestières et les sciences du bois. Nous sommes maintenant en processus pour créer un référentiel de compétences professionnelles. Cet instrument pourrait favoriser l’ouverture de la formation d’ingénieur à des personnes provenant de secteurs proches et ainsi déterminer quelles seraient les étapes à franchir pour obtenir le statut d’ingénieur forestier. On souhaite ainsi établir un canevas de base qui fixerait clairement les compétences minimales nécessaires pour devenir ingénieur forestier. Ces critères fondamentaux pourront éventuellement être transmis aux personnes intéressées tant au Québec qu’à l’étranger. Ils seraient acheminés auprès des responsables de facultés et de programmes universitaires connexes. À partir de ces informations pertinentes, il deviendra ainsi possible d’adapter les programmes de cours en conséquence, si ces établissements d’enseignement souhaitent que leurs étudiants puissent devenir un jour, ingénieur forestier. Cela pourrait, par exemple, amener la Faculté de foresterie de l’Université Laval à mettre en place un programme de maîtrise professionnelle, où des gens issus de divers programmes de biologie pourraient, par le biais d’un diplôme de maîtrise, obtenir les compétences qui leur manquent pour devenir ingénieur forestier.

LMF : Quel rôle entendez-vous jouer dans le cadre de l’instauration du nouveau régime forestier ?

Denis Villeneuve : Au sujet de la mise en place du nouveau régime forestier, nous effectuons surtout une vigie actuellement parce que nous adhérons à l’idée de donner un peu plus de latitude aux professionnels afin qu’ils aient plus de décisions à prendre sur le terrain. Nous souhaitons que ces choix à faire soient déterminés en fonction d’un guide plutôt que sous la forme d’un ordre à exécuter. Nous croyons que c’est dans cette direction que le ministère des Ressources naturelles semble se diriger avec l’instauration du nouveau régime forestier au Québec.

LMF : Croyez-vous que la reconnaissance de l’essence « bois » comme produit écologique va continuer de faire son chemin dans l’esprit des citoyens ?

Denis Villeneuve : Les vertus du bois sont de plus en plus reconnues comme matériau aidant à lutter contre les changements climatiques. Plusieurs groupes environnementaux le reconnaissent aujourd’hui et divers produits du bois obtiennent leurs reconnaissances écologiques. En ce sens, le bois est certes un produit d’avenir.