Récoltes forestières privées: quel type de machinerie utiliser

Il existe différentes grosseurs de macbinerie pour des volumes de travaux très variés en forêt privée.

Il existe différentes grosseurs de macbinerie pour des volumes de travaux très variés en forêt privée.

Photo: courtoisie

10 Mar. 2015

Vous êtes propriétaire de plusieurs hectares de bois et voilà le temps venu de procéder à la récolte des arbres. Vous vous posez certaines questions bien légitimes comme celles du type de machinerie à utiliser. Le Monde Forestier s’est entretenu avec deux maîtres-compagnons en débroussaillage et en abattage manuel pour mieux comprendre ce qui doit être fait pour optimiser le fruit de son travail.

Bernard Gauthier

ADRIEN MICHAUD est propriétaire d’une importante érablière dans le Bas-Saint-Laurent. Pendant des années, il fut maître-compagnon au Comité sectoriel de main-d’œuvre en aménagement forestier (CSMOAF) en débroussaillage et en abattage manuel et ouvrier sylvicole. À son avis, le choix parmi les divers types de machineries à utiliser pour la coupe de bois est très vaste.

«J’ai personnellement un tracteur de ferme de 70 forces. Il s’agit d’un modèle récent, avec 4 roues motrices. De plus, j’utilise un treuil forestier qui est à l’arrière de mon tracteur. Ma télécommande me permet d’exécuter les tâches.» Pour Adrien Michaud, cela est très utile lorsque le tracteur est dans l’incapacité de reculer jusqu’à l’arbre désigné. «J’ai aussi une chargeuse munie d’un bras mécanique pour transporter les billes dès qu’elles sont tronçonnées. Ensuite, nous les empilons pour permettre à la chargeuse de les placer dans le tracteur afin que les camions viennent chercher les billes à la jetée.»

Des treuils, il y en a des petits comme des gros pour les propriétaires de forêts privées. Un petit treuil a une capacité de tirer un poids de 5 000 livres tandis qu’un gros treuil peut traîner une charge de 15 000 livres. Celui de M. Michaud se situe entre les deux avec une capacité de 10 000 livres. Sachant qu’un arbre abattu peut représenter une charge de 500 à 4 000 livres, le calcul est relativement simple pour déterminer le nombre d’arbres pouvant être tirés par le treuil.

De son côté, STEPHAN MERCIER, compagnon en débroussaillage et abattage manuel et propriétaire d’une érablière dans le Maine, utilise une chargeuse et un tracteur de 60 forces depuis cinq ans. À chaque voyage, il peut transporter entre 1⁄2 et 3⁄4 d’une corde de bois. «D’autres vont utiliser un VTT avec une petite chargeuse à l’arrière pour s’amuser. Certains utilisent même de petits tracteurs de 25 à 30 forces. Les charges de bois sont alors moins lourdes.»

Mécanisation

Selon MARTIN LEPAGE, directeur des Services forestiers à l’Agence régionale de mise en valeur des forêts privées du Bas-Saint-Laurent un peu plus de la moitié des travaux de récolte totale sont réalisés mécaniquement en forêt privée. «De façon générale, la récolte mécanisée s’effectue à l’aide d’une abatteuse multifonctionnelle jumelée à un porteur de bois court. Ces équipements ont une productivité relativement élevée et se prêtent bien au contexte de la forêt privée.

Une abatteuse multifonctionnelle de dimension moyenne (15 à 20 tonnes) est gé- néralement bien adaptée à la récolte de résineux ou feuillus intolérants matures. L’abatteuse multifonctionnelle abat, ébranche, tronçonne et empile les billes le long des sentiers de débardage.

Le porteur se charge ensuite de transporter et empiler les billes en bordure du chemin de camionnage. Les branches et la cime des arbres sont placées devant l’abatteuse lors de la coupe de sorte que la machinerie se déplace sur un lit de branches minimisant ainsi la création d’ornières. Les sentiers sont généralement espacés de plus ou moins 20 mètres selon les capacités de la machine et la configuration du terrain. L’abatteuse multifonctionnelle permet de protéger efficacement la régénération entre les sentiers.»

Les abatteuses multifonctionnelles se déplacent soit sur roues, soit sur un système de chenilles. Ces deux types de configuration offrent divers avantages et inconvénients. La traction sur roues minimise les dommages aux racines lors de coupes partielles, elle permet plus de flexibilité pour les déplacements entre les secteurs d’intervention et son coût d’entretien est moindre. À l’opposé une machine sur chenilles est plus stable, mieux adaptée au travail en pente et est peu affectée par la quantité de neige au sol. Les conditions moyennes dans lesquelles les travaux de récolte s’effectuent orientent souvent le choix de machines des entrepreneurs forestiers. La récolte mécanisée a sa place en forêt privée afin d’atteindre les objectifs de récolte et minimiser les pertes que pourrait induire l’épidémie de la tordeuse des bourgeons de l’épinette.